Le Président de la transition, Andry Rajoelina, lors de l’émission « Hono hoy aho Andriamatoa Filoha ». Televiziona Malagasy (TVM), le dimanche 29 août 2010, à partir de 20 heures

28 Aout 2010 à la TVM

TRADUCTION

A propos de la condamnation aux travaux forcés à perpétuité de l’ancien président Marc Ravalomanana

Concernant ce verdict qui a été communiqué au public samedi matin (le 28 août 2010 à 6h), il faut avant tout que vous sachiez ceci : lors de ma rencontre avec les membres du Conseil Supérieur de la Magistrature de Madagascar, ils avaient insisté sur l’importance de l’indépendance de la Justice. Le verdict prononcé est l’image de cette indépendance et de cette équité tant recherchées. En effet, ni le pouvoir ni les dirigeants actuels ne se sont immiscés dans le déroulement de ce procès. Il n’y a eu aucune contrainte, aucune pression sous quelque forme que ce soit. C’est d’ailleurs pour cette indépendance effective de la Justice que nous avons lutté. Il ne faut pas perdre de vue que des gens ont perdu la vie ce 7 février 2009. Ils ont été tués délibérément. Un procès a eu lieu, le verdict a été prononcé, qui doit être accepté par tous car ayant reposé sur cette indépendance de la Justice à Madagascar. A mon sens, ce verdict ne saurait entraver les efforts des citoyens et des politiques dans l’actuelle recherche de sortie de crise dans laquelle le pays vit toujours. Tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut avancer pour la mise en place de nouvelles structures pour une meilleure gestion de ce pays. L’apaisement [politique]? Il est basé sur le fait d’aller de l’avant pour mettre en place une nouvelle république. Il ne doit y avoir aucune relation entre ce verdict, la conjoncture politique et notre avancée vers des élections. Il ne faut pas faire d’amalgame.

Un éventuel candidat à la future présidentielle condamné, vous-même qui n’allez pas vous présenter. Comment voyez-vous ce schéma?

Je n’ai cessé de répéter que les politiciens, les dirigeants de ce pays doivent être animés par le patriotisme pour le gouverner. Personnellement, j’ai pris mes responsabilités selon ma conscience pour réaliser ce que souhaite le grand nombre : le développement effectif de chaque région, de chaque entité, de chaque citoyen. Je ne me présenterai pas, me positionnant comme étant le « raiamandreny » des Malgaches, de la Nation. J’ai donné l’exemple à suivre. Concernant l’amnistie, elle repose sur le consensus, l’acceptation du grand nombre. Le déroulement de la réunion de Vontovorona, relayé par les médias, a été une bonne chose. En effet, tout un chacun a pu avoir un aperçu, une idée, sur la perception de chaque entité politique sur la résolution de la crise. Personnellement, je ne peux pas amnistier untel ou un autre parce que l’amnistie émane d’une loi elle-même promulguée par les représentants élus du peuple, par le Parlement pour être plus précis.

Demande d’extradition de M. Ravalomanana? Il appartient au ministre de la Justice de décider ou non de son opportunité ainsi que tous les aspects techniques liés à cette procédure. Pour en revenir à ce qui s’est passé le 7 février 2009, je vous dirais que le pouvoir n’est pas chose aisée. Si vous ne le maîtrisez pas, vous risquez de faire des choses qui dépassent jusque votre propre pensée. D’en arriver à ce qui s’est passé ce samedi-là… Cela doit servir de leçon. Aucun dirigeant n’a le droit de faire tirer sur ses concitoyens. C’est inacceptable. Dieu seul a le droit de vie ou de mort sur chaque être humain. Personne ne doit avoir ce pouvoir. Ce 7 février 2009, beaucoup de personnes ont perdu la vie, sous les balles tirées intentionnellement.

A propos de la réunion de Vontovorona

Au stade actuel des choses, il ne faut pas perdre espoir. Il y a des gens qui apportent des solutions, d’autres qui engendrent des problèmes. En tant que Président de la Transition, il est de mon devoir d’apporter mon avis sur toutes les démarches allant vers la résolution de cette crise. J’ai déjà rencontré toutes les composantes, tous les acteurs de cette réunion : « Raiamandreny mijoro », société civile, politiciens. Ils constituent les piliers de la sortie de cette crise politique actuelle.  Que tirer de cette réunion de Vontovorona? Il y a des acquis sur lesquels il ne fallait plus revenir. Comme les dates portant sur l’organisation de la Conférence nationale ou Assises nationales ;  le référendum sur la Constitution, loi fondamentale qui tracera la gestion de la IVè république ; les législatives et la présidentielle pour la IVè république. Je souligne que ces dates émanent des « Raiamandreny mijoro » et de la société civile. Toutes ces entités se sont réunies durant trois jours. Entre-temps, la date de la Conférence nationale a été reportée d’une quinzaine de jours (initialement prévue à partir du 30 août, elle a été reportée à partir du 13 septembre 2010). Ici, je lance un appel pour que la parole donnée soit respectée. Et que cette Conférence nationale ait bien lieu à partir de ce 13 septembre. Cette date ne doit plus être changée. L’important, ce n’est pas l’appellation mais d’aller de l’avant en respectant ce qui a été convenu d’un commun accord. C’est-à-dire : la société civile organisera cette Conférence nationale et elle devra se tenir sans plus aucun report, la vie de la Nation n’étant pas un jeu et la population ne devant pas être prise en otage par quelques entités minoritaires, à l’heure actuelle. Je précise aussi qu’avec ou sans l’aide [matérielle et/ou financière] de l’extérieur, le pouvoir de transition est déjà prêt pour apporter son appui dans l’organisation de cette Conférence nationale.

A propos de la notion d’unilatéralisme, qui tend à être appliquée à ma personne, elle est complètement caduque à l’heure actuelle. En effet, parmi les signataires de l’accord politique d’Ivato, il y a des partis qui ont eu des candidats à la présidentielle de décembre 2006. Je vais vous donner quelques exemples : le SPDUM, avec M. Lahiniriko Jean qui a terminé second ; le MTS de M. Roland Ratsiraka, en troisième position ; le LEADER FANILO avec feu Herizo Razafimalahelo, qui est parvenu à la quatrième position. Je ne citerai que ceux-là. Mais a été également signataire de cet accord politique d’Ivato, le parti de l’ancien président, le TIM. Ne perdons pas de vue que ce sont les membres des partis politiques qui vont se porter candidats aux futures élections. Et ils sont tous prêts à y participer, ayant accepté le calendrier électoral établi d’un commun accord. Pour ma part, je me tiens sur la même position que la population. Comme elle, je constate les aspects positifs ou négatifs de la démarche, mais nous restons fermes sur le fait que la transition doit s’achever dans le plus bref des délais. Et comme elle, je suis pressé d’en arriver au terme de la mission que cette population m’a confié : parvenir à la mise en place de la IVè république.

Selon les dernières nouvelles, il y aurait un acte additionnel à cet accord politique d’Ivato.

Il faudrait vraiment savoir ce que nous voulons pour ce pays. Ce qui n’a pas été explicité dans cet accord, c’est la répartition des postes des institutions. Si nous nous amusons à tergiverser à ce sujet, nous n’allons pas nous en sortir. Il est grand temps d’en finir avec cette bataille de chaises. C’est déjà cela qui a conduit au fiasco des réunions de Maputo et d’Addis-Abeba. Les politiciens doivent être conscients que la transition arrivera à son terme d’ici peu de temps, si l’on se réfère au calendrier électoral préétabli. Allons-nous encore perdre du temps à alourdir la structure de l’actuelle transition? Le grand défaut des politiciens est d’avoir un regard fixé sur la transition et ses démembrements, sans se transcender vers l’organisation des futures échéances populaires. Or, le vrai problème se situe à ce niveau. Par exemple, en ce moment, aucun politicien ne fait allusion aux listes électorales, à l’observation dans chaque bureau de vote. Je pense qu’il faut cesser de s’obnubiler sur cette bataille de chaises uniquement liée à cette période de transition, provisoire par excellence. Que ce soit les résolutions prises par et pour le grand nombre qui dominent dans les débats.

Il importe d’avancer vers de vrais débats d’idées pour construire une nouveau Madagascar. De vrais débats pour rédiger une Constitution, loi fondamentale qui sera exempte de tout reproche pour les 100 ans ou 50 ans à venir au minimum. Qu’elle ne permette plus aucun abus de pouvoir. Personnellement, je suis convaincu que cette crise sera résolue par nous-mêmes Malgaches. La raison en est simple. Lors des débats ayant abouti à l’accord politique d’Ivato, il n’y a eu aucune médiation ­[extérieure]. Et je reste persuadé que toutes les composantes politiques de Madagascar y ont été représentées. A propos des noms proposés pour être Premier ministre, je vous demande ceci : allons-nous à la recherche de solutions ou cherchons-nous d’autres problèmes? Certes, j’ai suggéré de me faire parvenir des propositions de noms mais la question est de savoir si, à l’heure actuelle, il est propice de changer de Premier ministre? A présent, à partir de cette liste connue du public, tout un chacun doit savoir s’il faut ou nom changer de chef de gouvernement. Cela étant dit, il importe plutôt de nous concentrer sur la Conférence nationale où seront débattus les vrais sujets qui nous préoccupent : la Constitution, l’organisation et la gestion de la transition… Je mets, ici, un accent sur la Constitution. Or, actuellement ce qui est tragi-comique, c’est que la répartition des postes encombre tous les esprits. Elle devient le cœur des problèmes. Rares sont ceux qui réfléchissent vraiment à la future Constitution qui permettra de mettre tous les citoyens sur le même pied d’égalité en matière de droits et de devoirs. Plus personne ne fait allusion au Conseil consultatif constitutionnel. Je relance donc mon appel aux politiciens, aux citoyens malgaches pour qu’ils se penchent vraiment sur le devenir de la Nation.

J’ai moi-même une proposition de Constitution, rédigée avec mon équipe de techniciens, que je présenterai la veille de la Conférence nationale. Je le ferai en mon nom personnel et non pas au nom d’une entité politique. Je suis persuadé que ce texte amènera au développement effectif de la Nation. Le moment viendra où nous en parlerons de manière plus vaste, plus profonde et étendue.

Etes-vous pour la décentralisation effective, donnant des initiatives de gestion au niveau des régions, des communes?

J’y adhère à 100%. J’étais Maire avant d’être à ma place actuelle. Tout est réalisable lorsque l’on vous donne les moyens. Et la population ne voit que le maire, pour un trou bouché par exemple. Il ne leur vient pas à l’esprit que le financement émane du pouvoir mais les gens pensent tous que c’est le fait du Maire. Par ailleurs, je ne suis pas d’accord sur le fait que les chefs de régions soient nommés par le Président. Car, même si celui-ci applique une mauvaise gouvernance, les chefs de régions qu’il a nommé ne feront que suivre ses directives. En passant, je tiens à souligner qu’en tant que tel, le fédéralisme n’est pas encore applicable pour Madagascar. Mais si les chefs de région sont élus et qu’on leur donne toutes latitudes pour gérer leur région, je puis vous assurer qu’il n’y aura pas plus de grands problèmes. Pour en revenir à la Constitution, et en ce qui concerne ma proposition, elle ne sera pas imposée mais devra recevoir l’adhésion du grand nombre pour être acceptée. Par ailleurs, toutes les autres idées pour faire avancer le pays seront les bienvenues. Mais je reste persuadé que nombreux seront ceux qui seront convaincus de mes propositions.

Quid de la présence des médiateurs étrangers?

Aux moments les plus forts de la crise, des membres du Groupe international de contact ou Gic sont venus ici. Ainsi que ceux de la Sadc. Dès lors, la plupart des politiciens malgaches ont perdu un temps fou à tenter d’imposer des idées somme toute personnelles concernant la résolution de la crise. Et c’est pour cela qu’avant d’aller à Pretoria, j’avais déclaré que c’était la réunion de la dernière chance pour trouver une solution dans l’intérêt de la population. Que si aucun accord n’était trouvé, ce serait la dernière fois qu’il y aurait une sortie à l’extérieur pour une énième tentative. Après le fiasco de Pretoria, il n’y eut plus aucune sortie pour trouver une résolution à l’extérieur du pays. Puis vint la démarche malgacho-malgache, que nous appliquons en ce moment. La communauté internationale elle-même a donné son aval pour cette approche afin d’arriver à un accord de sortie de crise. Il faut aussi se référer au récent communiqué de la Sadc qui stipule qu’elle apportera son soutien au processus malgacho-malgache, Par ailleurs, la Sadc n’y fait plus aucune allusion à la notion de « mouvances ». Enfin, la Sadc ne se positionne plus comme un médiateur mais comme observateur de ce processus {malgacho-malgache] de sortie de crise à Madagascar. Et la communauté internationale, à travers ses représentants (Gic et Sadc) a accepté. Surtout lorsque je leur ai expliqué que seuls les Malgaches connaissaient à fond leur propre identité et leurs valeurs culturelles ainsi que la répartition des forces politiques à Madagascar. Actuellement, le problème se situe au niveau de nous, Malgaches : nous perdons du temps à vouloir débattre chacun d’idées plutôt personnelles. A mon sens, l’heure n’est plus aux débats mais à la mise en application de tout ce qui a été accepté en commun durant toutes les nombreuses réunions organisées auparavant et suivies d’accords qui nous mèneront vers les élections.

Quid du moment pour le peuple de s’exprimer, à travers les élections?

Je pense avoir apporté un début de réponse en rappelant que les politiciens se sont accordés sur un calendrier électoral. A partir de cela, il n’est pas sorcier de connaître ceux qui n’ont pas signé cet accord politique [d’Ivato]… Je parle de partis politiques n’ayant pas signé. Et quel est le poids de ces partis politiques à l’heure actuelle? Or, personne ne les empêche se signer encore, car cet accord est ouvert à tous, comme je l’ai d’ailleurs bien déclaré. La transition perdurant depuis trop longtemps, c’est bien le moment de faire montre de patriotisme. Et, surtout, il faut absolument que le calendrier électoral préétabli par les politiciens eux-mêmes soit respecté. C’est-à-dire ; 17 novembre 2010 pour le referendum sur la [nouvelle] Constitution ; vers la mi-mars 2011 pour les législatives ; le 4 mai 2011, l’élection du premier président de la IVè république. Ces dates doivent être respectées et nous avons le devoir d’organiser ces échéances électorales aux dates prévues. Personnellement, je n’étais pas d’accord sur ces dates. En effet, je tiens à rappeler au peuple malgache que j’avais demandé à ce que ces élections se fassent toutes vers la fin de cette année. Et que la Constitution était le pilier du vrai changement pour lequel nous avons lutté. Prenons l’exemple de la Mauritanie : là-bas le changement de pouvoir extra constitutionnel a eu lieu quelques mois seulement avant celui de Madagascar. Or, depuis, le Président Abdel Aziz a déjà été élu et ce pays a retrouvé sérénité. Tournons-nous vers la Guinée où le changement extra constitutionnel a eu lieu des mois après celui de Madagascar. Aujourd’hui, les Guinéens ont déjà choisi une nouvelle Constitution et ils vont aller voter pour le second tour de leur élection présidentielle. Le retour à l’ordre constitutionnel n’est plus un problème. Ici, nous perdons notre temps dans les palabres. C’est bien cela la démocratie : la liberté d’expression sous toutes ses formes. Et tout le monde s’y met sans restriction. Je n’y trouve aucun mal, car cela fait partie du changement voulu, mais l’heure n’est plus à la théorie mais à la mise en pratique, à l’action [au bénéfice du grand nombre].

Aurons-nous le temps à nous?

C’est une question de volonté et de patriotisme et tout cela devra être débattu lors de la Conférence nationale. Rien qu’en ce qui concerne la Constitution [de la IIIè république) et ses défauts,  qui a plutôt protégé les intérêts des dirigeants durant les dernières décennies. Je le répète : il y en a qui apportent des solutions. Moi-même, je n’ai cessé d’en apporter, j’ai même avancé des dates, mais il y en a toujours eu qui ont rejeté mes suggestions, qui les refusent systématiquement. C’est le moment d’aller de l’avant, de ne plus reculer.

Vos rapports avec les diverses entités?

En tant que Président de la Transition, j’ai le devoir d’avoir des contacts avec toutes les entités directement impliquées dans cette recherche de sortie de crise. Et je reçois pratiquement tout le monde, comme la Cnosc, récemment. Par exemple, bien avant l’affaire du Fign, j’avais reçu des représentants du mouvement des ecclésiastes [« Hetsiky ny mpitondra fivavahana »] pour leur dire clairement qu’ils n’œuvraient pas dans le bon sens, la politique n’ayant pas sa place dans la religion. Je donne toujours mon point de vue à tous ceux que je reçois.

Quid de la politique de restriction budgétaire?

Traduction 8

Elle a été effectivement mise en application. Il faut se rappeler que c’est durant cette période de transition que nous devons établir les bases de nouvelles structures de gouvernance qui seront appliquées par tous les dirigeants à venir. La politique de restriction budgétaire se base sur la manière de bien gérer les finances publiques, pour qu’il n’y ait pas de dépenses, grandes donc budgétivores et qui pourraient servir directement aux contribuables. Il est plus que vrai qu’il existe certaines dépenses faramineuses au sein de l’administration publique et des ministères. L’argent des contribuables n’est pas toujours utilisé à bon escient. Il était temps d’arrêter les frais. Certaines personnes n’ont aucun sentiment pour dépenser l’argent public. Mais personnellement, je ne peux accepter ce état de fait. Prenons l’exemple de l’université [celle d’Ankatso]. J’y ai constaté de visu une facture portant sur 100.000 stylos sur une année, uniquement pour l’administration. C’est ahurissant. Imaginez alors cela pour toutes les universités du pays… Dès lors, la restriction budgétaire demeure un impératif. Il en est ainsi également des sorties à l’extérieur des ministres et autres cadres supérieurs de l’administration pour des foires et autres sommets. Or, il arrive qu’un seul ministre soit accompagné d’une dizaine de personnes. Cela a entraîné des dépenses se chiffrant à plusieurs milliards qui sont tirés du Trésor public. Là encore la restriction est impérative. Il ne s’agit pas de restrictions liées à un manque de trésorerie de l’Etat. Au contraire, le circuit des ressources financières (impôts et taxes, recouvrements divers) tourne sans problème. Il s’agit plus exactement de limiter des dépenses qui n’ont pas trop de raison d’être car n’ayant aucun impact sur la vie de la population. Par exemple, l’heure n’est pas à l’organisation de congrès, de formations, etc. Prenons l’exemple du ministère de santé. Ces dépenses pourraient servir à la construction d’un centre de santé de base ou à subventionner l’achat de médicaments. Cela aura un impact réel sur chaque citoyen.

En fait, c’est la gabegie qu’il faut faire cesser. Et je puis vous assurer que depuis quelques mois, nous avons réussi à stopper l’hémorragie. Au Trésor public, ils ont avoué que c’est bien la première fois dans l’histoire du pays qu’il y a eu une telle restriction qui leur a permis de constater une amélioration au niveau du budget même. Il en est de même au niveau des ministères. Les résultats sont palpables. A partir d’aujourd’hui, je donne rendez-vous aux citoyens : dans six mois nous allons faire un bilan de ce qui aura été fait d’ici là. Il n’y aura pas de place à la démagogie ni au populisme. Les citoyens seront pris à témoin. Pour l’heure, je vais vous donner un exemple. Savez-vous que la majorité des prisons de Madagascar a été construite du temps de la colonisation, bien avant le retour de notre indépendance? En ce qui concerne la prison d’Antanimora, elle a été construite en 1896  pour une capacité de 800 détenus. Actuellement, il y en a 2.235! 25 personnes dans un espace de 20m2… Moins d’un mètre carré par individu. Personne, aucun dirigeant ne s’est penché sur cet état de fait alors que tout le monde parle de droits de l’homme! Tous se focalisent sur les prisonniers politiques. Quid des autres, dès lors? Dans toutes les grandes villes de Madagascar, les prisons sont, à présent, en plein centre. Et c’est pourquoi nous allons construire de nouveaux établissements pénitenciers hors des grandes villes, pour une meilleure réinsertion de ces personnes qui ont une dette à payer envers la société. Cela, en plus de la construction de nouveaux hôpitaux, de nouveaux complexes sportifs. Chaque ex chef-lieu de province en sera doté, ainsi que d’une piscine olympique. Car il a été prouvé que les nageurs malgaches ont une grande capacité. Voyez, lors des Jeux des îles [de l’Océan Indien] : nous étions toujours les premiers dans cette discipline. Si les Chinois ont choisi le tennis de table, c’est parce qu’ils sont conscients qu’ils ne battront jamais les Américains en basket-ball. Le sport constitue une vitrine de développement d’un pays. Aussi, durant cette période de transition, nous allons faire l’effort de développer ce à quoi aucun dirigeant passé n’avait même songé jusqu’à présent.

Quid de l’insécurité, en général?

Elle est réelle, ne nous voilons pas la face. Les citoyens malgaches la vivent vraiment. La délinquance augmente. C’est pourquoi nous concentrons tous nos efforts dans ce domaine. J’ai donné des ordres stricts à ce sujet, en conseil des ministres. Il faut absolument que toutes les forces armées (gendarmerie nationale, armée malgache, police nationale) prennent leurs responsabilités pour que la sécurité soit rétablie à travers toute l’île. Principalement dans la capitale. Un budget spécial a été mis à disposition dans ce sens et nous attendons des résultats palpables. A mon avis, il existe des facteurs spécifiques à l’actuelle situation transitoire, qui amènent à l’insécurité. Premièrement, les délinquants n’ont aucune peur des forces de l’ordre et de la justice. Nous sommes en connaissance des raisons… C’est pour cela que nous avons suspendu la Mop ou main-œuvre pénale. Car il existe effectivement des responsables au sein de l’administration pénitentiaire qui prennent sous leur tutelle cette catégorie de détenus qui commettent des forfaits. Deuxièmement, vous parlez de perte d’emploi, amenant à commettre des délits. Je n’y crois pas trop. En réalité, il s’agit d’actes de déstabilisation car le vol n’est pas le mobile principal. Ainsi, actuellement, des éléments des forces armées escortent les taxis-brousse. Par ailleurs, il est important que ces forces armées œuvrent de concert. Ainsi, actuellement, les rondes et patrouilles nocturnes ont été renforcées. Enfin, la communication entre la population et les forces de l’ordre doit être facilitée.

Le message du Président

A tous mes concitoyens : je suis conscient de votre anxiété et de votre soif de savoir si oui ou non nous allons enfin trouver une solution à cette crise. Il faut garder espoir. Chaque chose à une fin. Nous irons vers les élections ; nous irons vers le dénouement de cette crise. Pour cela, il est souhaitable que tout un chacun œuvre dans ce sens. Cependant, même si le patriotisme n’est pas encore bien ancré dans nos cœurs et nos esprits, nous irons toujours de l’avant pour la sauvegarde de notre Nation commune.

Pour la version intégrale en malgache et en vidéo:
http://www.youtube.com/Tetezamita2010


13 août 2010: Le président Andry Rajoelina répond aux questions des journalistes

Interview

Le Président Andry Rajoelina

Réponses aux questions des journalistes. CCI Ivato, le 13 août 2010, à l’issue de la cérémonie de signature de l’accord politique malgacho-malgache. (Traduction).

Comme je l’ai déclaré dans mon discours [à propos de cet accord signé par 102 -sur 151- chefs de parti et/ou association politique], il ne devrait plus y avoir une personne qui dira encore qu’il s’agit là d’un acte unilatéral, émanant de la décision d’un seul homme [le Président de l’actuelle HAT, en l’occurrence]. Ce sont les politiciens signataires, qui vont prendre part aux futures élections, qui ont décidé de ce calendrier électoral.  Il faut que cessent les polémiques, les critiques stériles. Les politiciens [ceux des « 3 mouvances »] qui se prévalent d’un certain poids [dans le paysage politique du pays] devraient donc songer à participer à ces élections.

En ce qui concerne la mise en place des institutions [de la transition], d’autres réunions auront encore lieu car cet accord n’est qu’une étape qui en appelle une autre, qui est donc cette mise en place des institutions pour une gestion inclusive et consensuelle de la transition. Cet accord politique n’a rien à voir avec la Constitution qui garantit les droits et rappelle les devoirs de tous les citoyens. Sa révision fera l’objet de discussions lors de la Conférence nationale qui débutera le 30 août prochain.

Dans cet accord, les politiciens [signataires] se sont convenus sur le calendrier électoral et sur l’organisation de ces consultations populaires. Ici, je voudrais éclaircir un point: il est grand temps de cesser de toujours attendre de l’aide de l’extérieur, d’entretenir une dépendance [financière] vis-à-vis des bailleurs étrangers. Concernant cette Conférence nationale et les échéances électorales à venir, je tiens à préciser que ce sera l’argent des Malagasy qui sera mis à contribution.

Si la Communauté internationale nous appuie financièrement, tant mieux; si elle tergiverse, nous irons de l’avant pour la réalisation de ce calendrier.  Car le budget destiné à toutes ces consultations populaires -qui marqueront la fin de la transition- est déjà arrêté, prêt et disponible. En ce qui concerne le processus électoral, il fera également l’objet d’amélioration. Voilà bien ce qu’on appelle Patriotisme et Fierté nationale. Nous avons démontré, les politiciens [malgaches] ont démontré aujourd’hui ce Patriotisme.  Et nous allons démontrer aussi au monde entier que le peuple malgache de Madagascar est patriote et capable de surmonter [ensemble], les épreuves.


Vendredi 13 août 2010, Centre de Conférences International d'Ivato

Traduction 01

Date unique et sans précédent; date historique à marquer d'une pierre blanche dans la vie de la Nation que ce vendredi 13 août 2010. Date qui revêt une grande importance car tous les citoyens malgaches, dans leur majorité et sans exclusive, sont convaincus qu'il n'est plus nécessaire d'amener la crise malgache à l'extérieur et au-devant d'une médiation internationale. En effet, seule une solution entre Malgaches est viable pour définir l'avenir de notre patrie commune. Conscients de cette réalité, chacun d'entre nous a pris ses responsabilités. Personnellement, j'ai lancé un appel aux « Raiamandreny mijoro » et les chefs traditionnels ainsi que la société civile et les chefs de partis et d'associations politiques. Ce, pour chercher ensemble une solution malgacho-malgache pour une crise malgache. Vous avez tous répondu à cet appel et je vous remercie du fond du cour pour le patriotisme dont vous avez fait montre.

En ce qui concerne les affaires d'ordre politique, nous avons procédé aujourd'hui, à la cérémonie officielle et solennelle de signature de l'accord politique concernant la gestion de la transition et la réorganisation des partis politiques. Une semaine s'est écoulée depuis notre rencontre au Palais d'Iavoloha, selon la demande des chefs de parti, membres de l'espace de concertation politique. A ce moment, vous m'avez transmis un projet d'accord politique que vous avez, vous-mêmes, préparé. A l'issue de cette première rencontre, j'avais demandé à ce que cet accord soit finalisé aussi vite que faire se peut et que la date du mercredi 11 août sera celle de cette finalisation. J'avais aussi lancé un appel aux autres partis consistant à s'impliquer dans cet accord pour qu'il n'y ait aucune exclusivité. Nombreux ont été ceux qui ont répondu à cet appel. Remercions Dieu car, mercredi dernier, les échanges d'idées, les concertations entre vous ont débouché au présent accord politique. Cela a duré trois jours. Mais cela a surtout démontré que les Malgaches entre eux peuvent discuter, tomber d'accord sans avoir besoin de médiateurs étrangers.

Aujourd'hui, j'ai quelques suggestions à soumettre à chacun d'entre vous. En effet, selon mon vou le plus sincère, que les générations malgaches futures ne connaissent jamais plus de réunions comme celles de Maputo, Addis-Abeba et Prétoria. Je suis conscient que les pourparlers ont été âpres. Néanmoins, les idées ont convergé car l'humilité a régné. Mesdames et Messieurs, nous sommes tous empressés d'ériger la IVè république et tous les Malgaches sont impatients d'aller au suffrage universel. Actuellement, nous sommes sur la bonne voie, à travers cet accord que nous avons signé aujourd'hui. Il y a, cependant, quelques points sur lesquels je voudrais attirer l'attention des citoyens malgaches sans exception, dans le cadre de cet accord. La majorité des signataires ont convenu de la nécessité d'organiser une Conférence nationale, à partir du 30 août 2010, selon les recommandations des « raiamandreny mijoro » et les membres de la société civile. Il a été également convenu que le referendum constitutionnel aura bel et bien lieu le 17 novembre 2010; que les élections législatives auront lieu le 16 mars 2011 et que l'élection de celui qui présidera la IVè république, sera organisée le 4 mai 2011.

Nous sommes tous d'accord et nous acceptons tous que la tenue d'élections constitue la seule et unique voie pour en terminer définitivement avec cette crise que traverse actuellement le pays. Voilà pourquoi nous avons convenu ensemble de ce calendrier électoral. J'avais émis le souhait pour (j'avais émis le souhait que) que ces élections aient lieu dans le plus brefs des délais. Mais, après les divers échanges de points de vue, surtout concernant l'aspect technique de ces élections, les dates citées sont les seules viables et retenues par tous. A partir d'aujourd'hui, il ne doit plus (il ne doit plus y avoir) avoir quelqu'un qui pourra dire que cette décision émane d'une seule personne, parce que ce sont tous ceux qui vont participer aux élections successives qui ont décidé de ce calendrier électoral.

Secundo: tous les partis politiques qui ont présenté un candidat, lors de la dernière élection présidentielle, sont signataires de cet accord politique: le PSDUN, avec M. Lahiniriko Jean; le MTS avec M. Roland Ratsiraka; le LEADER FANILO avec feu Herizo Razafimahaleo; l'AVI avec M. Ratsirahonana Norbert; l'AKFM-FANAVAOZANA avec M. Ny Hasina Andriamanjato; NY FIHAVANAN-TSIKA avec M. Rajakoba Daniel; TAMBATRA avec M. Pety Rakotoniaina et MADAGASIKARA AN-TSIKA avec Mme Elia Ravelomanantsoa. Concernant le TIM qui a présenté l'ancien président [Marc Ravalomanana], il est signataire de cet accord politique avec M. Raharinaivo Randrianantoandro.

Voilà les candidats qui ont eu le plus de voix lors de la dernière élection présidentielle. Or, à l'issue de cette présidentielle de 2006, beaucoup de partis politiques ont décidé de ne plus participer aux élections de 2007 et 2008, conscients que les règles de jeu n'étaient pas claires, et contraires aux réalités qui prévalaient à l'époque. Actuellement, aujourd'hui, tous les partis politiques, en particulier ceux que je n'ai pas cité (cités), ont chacun un candidat à présenter pour notre entrée dans la IVè république. Et ils ont tous signé cet accord politique. Cela signifie un paradoxe, par rapport avec (par rapport à) ce qui s'est passé en 2007 et en 2008. En effet, la majorité est tombée d'accord sur la nécessité d'organiser des élections auxquelles tous participeront.

Mesdames et Messieurs.

Le troisième point que je voudrais soulever est celui-ci: il ne faut pas qu'il y ait ni mauvaises interprétations ni changements intempestifs du contenu de cet accord politique. Par exemple, j'ai ouï dire que cet accord permettait déjà une amnistie. Or, ce qui y est écrit est simple: les questions relevant de l'amnistie seront abordées durant la Conférence nationale. Il en sera de même à propos de l'impunité. En un mot, ces aspects [amnistie et impunité] seront discutés lors de la Conférence nationale. Par ailleurs, le pouvoir de transition reste ouvert et à la volonté d'oeuvrer de concert avec toutes les personnes de bonne volonté. Je vous demande donc à vous tous, simples citoyens et politiciens, de faire montre de la sagesse que vous avez démontré, que nous avons démontré lors des travaux pour la finalisation de cet accord politique. Que l'avenir de la Nation et celui des générations futures prime sur des sempiternelles batailles de chaises. Aujourd'hui, nous avons démontré que nous pouvons dépasser ces considérations, et nous le démontrerons encore demain.

Enfin, le dernier point sur lequel je voulais vous entretenir est le suivant: cet accord politique est ouvert à tous les partis politiques, sans restriction. Ceux qui veulent encore en être les signataires sont toujours les bienvenus. Aussi, au nom de l'intérêt supérieur de la Nation; au nom du Patriotisme: unissons nos forces pour terminer cette crise politique qui mine la vie de la nation toute entière. Nous sommes pleinement en route vers l'avènement de la IVè république dont le calendrier électoral est une étape primordiale. Malgaches mes compatriotes, redoublons d'ardeur, le renouveau pointe à l'horizon. Aucun parti politique, aucun citoyen n'a Madagascar pour ennemi. Que le Patriotisme guide chacun de nous, comme nous l'avons démontré en ce jour.

Misaotra Tompokolahy, mankasitraka Tompokovavy.

Andry Nirina Rajoelina,
Président de la Transition


Le Président Andry Rajoelina,
Palais d’Etat Iavoloha, le 6 août 2010

Traduction 1

La première chose que je vais vous dire est que dialoguer et s’entretenir constituent toujours une bonne chose. Et s’il existe des problèmes inhérents à tout un chacun, surtout dans le domaine de la politique, rien ne vaut le rapprochement et le dialogue. Je pense qu’avec cette présence massive aujourd’hui, les politiciens [malgaches] ont franchi un grand pas en avant. Je salue cette rencontre de ce jour entre vous, entre nous Ce grand pas en avant devrait faire la fierté de tous les politiciens. Car ce n’est un secret pour personne de dévoiler que le peuple malgache est totalement déçu par leurs politiciens. Nous en sommes pleinement conscients. Plus encore, beaucoup sont ceux qui n’espèrent vraiment plus rien du tout des politiciens. Or, c’est à propos du peuple, justement, que nous avons discuté aujourd’hui. Aussi, si tant est que nous avons une once d’empathie envers ce peuple, qu’est-ce qui nous empêche alors d’arrêter les dates concernant les futures élections ? Ce qui est d’ailleurs inscrit dans cet accord politique de base que j’ai sous les yeux.

Ce que le peuple attend de nous c’est de savoir quand aurons lieu ces élections.  Pourquoi ne pourrons-nous pas nous entendre, étant donné que ce sont surtout les politiciens qui seront candidats à ces élections ? Est-ce que les politiciens ne pourront jamais tomber d’accord pour sortir un calendrier commun sur la tenue de la Conférence nationale et des élections ? Voilà ce qui doit faire l’objet réel de nos préoccupations. Le reste, c’est-à-dire le partage ou non de la gestion de la transition,, pourra être discuté après, selon les vrais intérêts de la Nation. Pour le moment, nous les politiciens, nous devons nous pencher sérieusement pour connaître les vraies causes de tous les problèmes [politiques| traversés par le pays [depuis 50 ans] : la Constitution, la manière des politiciens d’être parvenus à un haut poste de responsabilité. J’ai donné un exemple jamais vécu au sein de ce pays. J’aurai bien pu m’accrocher à ce fauteuil du pouvoir, « pour le bien de la patrie ». Mais je suis conscient que notre pays doit être dirigé par l’alternance.

Traduction 2

Le  constat que j’ai dégagé lors des présentes discussions est que la majorité des politiciens ont passé leur temps à cracher leur mécontentement. Or, durant ces sept dernières années, beaucoup n’ont pas participé aux différentes élections. Pur quelles raisons ? tout simplement parce que tout n’était que mascarade électorale. Aujourd’hui, nous sommes conscients de la nécessité de dialoguer, de s’échanger les idées et nous en avons la volonté de le faire sans préjugés. Ce, pour mettre en place un système électoral transparent et équitable. Ici, j’utiliserai un des arguments de que j’ai entendu tout à l’heure : les politiciens doivent avoir le cran de se présenter aux futures élections, s’ils prétendre être de vrais politiciens. Je salue donc particulièrement le parti Tim [fondé par Marc Ravalomanana] pour sa représentativité sinon sa présence parmi nous, aujourd’hui. Si le parti Tim est bien ici, ce la signifie qu’il est prêt à s’aligner sur le starting block des élections à venir. Chaque parti devrait suivre cet exemple.

A partir de cette volonté, je pense qu’il est donc important pour nous de nous pencher ensemble sur la révision de la Constitution, la solution la meilleure pour qu’il n’y ait plus de crise cyclique dans notre pays. Nous devons extirper les vraies racines qui ont amené à tous ces abus de pouvoir que notre nation a connu et vécu. Je vais vous donner un exemple, dans le domaine de la gouvernance. Tous les dirigeants qui se sont succédés depuis ont eu une vision très personnelle dans la manière d’emprunter des fonds à l’extérieur. Mais au final, ce sont des dettes se chiffrant en milliards [de dollars] qu’ont hérité les générations présentes. Notre priorité est donc de chercher et trouver le meilleur moyen pour que cela ne se reproduise plus et pour que l’opinion publique malgache soit au courant de ma manière de gouverner des dirigeants à venir. La CENI (Commission électorale nationale indépendante) vient d’être mis en place, ce qui est un bon début. Ainsi, ce n’est plus à l’Etat que revient l’organisation du processus électoral. Comment étoffer cette CENI ? Nous pouvons en discuter. Comment améliorer la couverture territoriale pour que dans chaque bureau de vote, chaque candidat possède un représentant ? Qu’est-ce qui nous empêche de nous concentrer sur ces facteurs indéniable de transparence ?

Traduction 3

Ici, j’attire votre attention sur le fait que, lorsque c’était l’Etat qui organisait les élections, les bulletins de certains candidats n’atterrissaient jamais dans de nombreux bureaux de vote à travers le pays [surtout ceux des « opposants »]. Car c’était l’Etat qui se chargeait de la répartition de ces bulletins. Actuellement, nous sommes tous tombés d’accord sur l’utilisation du bulletin unique, garant de l’égalité de chance de tous les candidats sans exclusive. Concernant cet accord de base que j’ai sous les yeux : je ne peux me prononcer ni négativement ni positivement. Je tiens plutôt à vous rappeler que des accords politiques, il y en a eu. La répartition des postes avait même été clairement arrêtée. A l’époque, il était question de mouvances. Actuellement, il existe une demande forte pour un remaniement gouvernemental. Or, depuis le mois d’août de l’an dernier, rien de tout cela n’a été possible pour diverses raisons. Aussi, si vraiment nous les politiciens, sommes conscients que le peuple souffre le martyre ; si nous sommes conscients que nous devons avancer vers la Ive république, il faut que nous tombons d’accord sur un calendrier électoral établi communément.

A mon avis, il est primordial que la période de transition prenne fin dans les meilleurs des délais.  Voyez l’exemple de la Côte d’Ivoire : le partage du pouvoir a amené à cinq ans de transition. Ayant débuté en 2005, ce n’est qu’hier (5 août) qu’il a été décidé que des élections y seront organisées en octobre prochain. Je ne suis pas d’accord si c’est cet exemple que nous voulons suivre car ce n’est pas non plus ce que le peuple, les citoyens attendent de nous. Mais je suis d’accord sur toutes les discussions et échanges d’idées que nous aurons dans le cadre de tous les accords que nous voudrons. Mais, auparavant, nous devons tomber d’accord  sur les dates de la Conférence nationale, des élections. Et cela ne peut attendre une semaine, un mois. C’est une question de jours. Ce n’est après seulement que nous nous pencherons sur cet accord politique. Je le répète encore : penchons-nous d’abord sur les intérêts du peuple malgache qui attend impatiemment les élections. Auxquelles tout un chacun se doit d’avoir la volonté d’affronter. Voilà les suggestions que je souhaitais partager à tous. J’ajouterai aussi, en reprenant les termes d’un de nos amis politiciens, tout à l’heure. Il n’y aura aucun accord viable sans que nous ne nous entendons pas tous, pour être au même diapason ; il n’y aura aucun accord viable sans l’acceptation du pouvoir de transition ; il n’y aura aucun accord viable si nous tous ne l’acceptons pas. Quoi qu’il en soit, nous sommes tous d’accord sur le fait que nous Malgaches entre nous, nous pouvons trouver des solutions à nos problèmes propres. Aussi, je demeure confiant de la suite de notre dialogue. Que nous le voulons ou non, il appartient aux politiciens d’être les acteurs actifs dans la conduite des affaires de la Nation. Il est temps de cesser de donner de fausses illusions au peuple malgache. Osez vous présenter aux élections à venir. Ensuite, nous nous pencherons sur ce qui est compatible avec les réalités du moment, avec les aspirations de tout un chacun, dans cet accord politique qui devra être réactualisé. [Après d’autres rencontres les 9 et 19 août], donnons-nous rendez-vous mercredi qui vient [11 août 2010]


Le Président Andry Rajoelina, à propos de la F.I.S.

Traduction 01

« Personnellement, je respecte la nation française, son peuple, ses dirigeants et le président français Nicolas Sarkozy. Mais ce que devraient faire toutes les nations étrangères, sans exclusive, c’est respecter  la nation malgache, le peuple malgache et tous ses dirigeants. A mon sens, un ambassadeur se charge plutôt de relations diplomatiques. Dans ce contexte, il s’agit d’améliorer ces relations. Il n’a pas à donner des leçons ni à s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays.  Concernant le démantèlement de la F.I.S (Force d’Intervention Spéciale), cela entre dans le cadre de notre gestion interne. Je vais vous donner des exemples: en 1986, des éléments de la C.R.S. (Compagnie Républicaine de Sécurité) française ont matraqué à mort Malik Oussekine. Cela a été vu à la télévision.  Que se serait-il passé si l’ambassadeur malgache en France avait osé interpeler le gouvernement français pour qu’il démantèle la C.R.S.? Il y a eu le même cas aux Etats-Unis, en 1991, avec l’affaire Rodney King qui a aussi été battu à mort par des éléments des forces de l’ordre de Los Angeles. Cela aurait entrainé un incident diplomatique si notre ambassadeur là-bas se serait permis d’interpeller le gouvernement américain. Il faut que tout le monde sache que la F.I.S. n’est pas une milice. Elle est composée d’officiers militaires et gendarmes légaux et de carrière. La F.I.S. a joué un grand rôle de maintien de la sécurité dans le pays. Sans la F.I.S. que ce serait-il passé avec ces histoires de bombes artisanales? Sans la F.I.S. qu’elle aurait été l’issue de rébellion de quelques éléments de la F.I.G.N. (Forces d’Intervention de la Gendarmerie Nationale)? Il n’appartient donc à personne de commenter les actes et de donner des leçons aux dirigeants malgaches. Il existe des gouvernants ici qui savent pertinemment ce qu’ils doivent faire ».

Question: M. Andry Rajoelina est-il en colère envers les dirigeants français?

Il importe de se respecter mutuellement, que ce soit la France, d’autres pays, les médiateurs qui viennent ici.  Il faut que l’on se respecte mutuellement. Respectez les Malgaches, respectez leurs dirigeants ».

Le Président Andry Rajoelina, à propos du métier de journaliste

Traduction 02

« Selon ma vision personnelle, la transmission de l’information se développe de manière exponentielle. Par le passé, nous n’avions que la radio, les journaux écrits et la télévision. Actuellement, nous avons l’Internet, presque en temps réel. Et c’est ici que se pose le problème car certaines informations relayées par ce réseau mondial reflètent de très loin les réalités qui prévalent au pays. Ainsi, dans ce métier de journaliste, beaucoup dévient ces réalités par des informations erronées. Prenez la Une d’un journal: elle est sensationnelle mais le contenu, à l’intérieur, n’a aucun rapport avec ce titre. Les journalistes sont censés être professionnels. A vous donc de voir comment traiter vos informations. Actuellement, dans le cadre de cette transition, la liberté de la presse est réelle à 100% concernant Madagascar et c’est le revers de la médaille. Il faut oser le dire: depuis que notre nation en est une, c’est bien la première fois que l’on assiste à toutes sortes de critiques, toutes sortes et formes de désinformation, allant jusqu’à insulter les dirigeants, concernant la gestion de cette transition. Du jamais vécu. Mais c’est la rançon de la démocratie… ».

Le Président Andry Rajoelina, à propos de la corruption et du détournement de deniers publics ainsi que du bois de rose

Traduction 03

« Concernant le bois de rose, il s’agit d’un trafic qui existait depuis bien avant l’actuelle transition. Comme à travers le monde, le trafic de narcotiques, l’insécurité, la corruption. Tout cela existe est sont des réalités vraies. Des efforts doivent donc être entrepris dans ces domaines. Pour le bois de rose, plus particulièrement, il est urgent et important de s’y pencher de très près. C’est d’ailleurs ce que nous, dirigeants actuels, faisons. Or, le problème est le suivant: à chaque fois qu’une cargaison est découverte, soit sur un camion soit sur un navire, l’enquête s’arrête à la prise uniquement. Tous les observateurs ont parfaitement raison; Ce que je suggèrerai est ceci: il faudrait redoubler d’efforts pour remonter la filière des coupeurs aux commanditaires, en passant par les protecteurs, que ce soit au sein des dirigeants, aux ports, car il faut bien passer par les services de douanes. Il y a peu de temps, une cargaison de 300 tonnes de bois de rose a été saisie aux Comores. J’y ai envoyé le Premier ministre par avion spécial pour superviser l’enquête qui se poursuit jusqu’à l’heure actuelle. Mais il faut, à présent, publier des noms; ceux des commanditaires, des propriétaires du navire, des douaniers qui ont fait sortir ces bois de rose… Mes consignes sont les suivantes à propos de ce trafic de bois de rose et ces détournement de deniers publics qui n’ont que trop perduré et qu’il faut assainir, du moins limité, car profondément enraciné: il faut démanteler toute la filière et faire cesser cet éternel jeu du chat et de la souris, en arrêtant les personnes inculpées -quelles qu’elles soient et où qu’elles soient-pour les présenter devant la justice. Toutes sans exception. Et si les preuves sont tangibles, il faut publier les noms des coupables. Par ailleurs, tous les matériels utilisés pour ce trafic ainsi que les cargaisons seront confisqués par l’Etat. Pour moi, le trafic du bois de rose est un crime. C’est pour cette raison que l’interdiction de la coupe et de l’exportation de bois de rose a été décrétée en conseil des ministres. Des pistes? Qu’on le veuille ou non, il y a de responsables étatiques impliqués, à plusieurs niveaux. Car il s’agit d’un réseau gigantesque comme le trafic de drogues. Mais les coupables ne doivent pas seulement être punis sévèrement. Ils devront rembourser le montant de leur commerce illicite et aussi payer une amende. Pour en revenir à la corruption et aux détournements de deniers publics, c’est une lutte de tous les jours. Et cela ne date pas d’aujourd’hui ».

Question: Quid du « détournement » de 7,5 milliards d’anciens francs au sein de la Présidence de la HAT?

En fait, il ne s’agit pas d’un détournement en tant quel En ce moment, nous procédons à un audit. L’inspection de l’Etat a débuté il y a plus d’un mois à la Présidence. Il s’agit de se pencher sur les dépenses effectuées et/ou engagées. Car, dans certains ministères, des actions n’ont jamais été entreprises, or elles ont été facturées.  Attendons donc les résultats pour ne pas entraver le cours de cette inspection. Mais ce que je peux vous dire, c’est ceci: les dépenses de la Présidence, entre fin 2008 jusqu’en ce mois de juillet 2010, ont été divisées par 5. Si tous les ministères faisaient de même, beaucoup d’actions pour le grand nombre pourront être réalisées dans ce pays. Le peuple demandait la transparence? Je vais la montrer (Cf. Conférence budgétaire). La transition a défini quatre axes de développement prioritaires dont la Santé, avec la construction de nouvelles infrastructures hospitalières au niveau des chefs-lieux de région et des districts. Concernant le nouvel hôpital de Mahajanga, dont la construction débutera durant cette période de transition, il sera implanté sur une surface  de 10.000 m3 pour un coût de 70 milliards d’anciens francs. Ce fonds émanera de la bonne gouvernance, à travers un recadrage budgétaire (Cf. Conférence budgétaire) ainsi que des 100 millions de dollars de Wisco (exploitation des mines ferrugineuses de Soalala).

Le Président Andry Rajoelina, à propos des dettes contractées par les régimes précédents qui se sont succédés

Traduction 04

« Elles se sont monté à 7 milliards de dollars. Et c’est nous, le peuple malgache actuel, qui devons tout rembourser. Quel est alors l’impact sur chaque individu? L’actuel régime de transition n’a contracté aucune dette, même pas pour un dollar, ni n’a emprunté à des bailleurs de fonds. Et cela faut un an et plus à peine que nous dirigeons la transition. Or, la vie continue sans difficulté majeure. De ces dettes, nous devons rembourser 62 millions de dollars d’intérêts pour cette année 2010, pour 53 millions de dollars auparavant. Donc, même sans les bailleurs de fonds (depuis décembre 2008), nous devons rembourser et l’actuel régime de transition a remboursé une partie de toutes ces dettes. Cela signifie qu’avec notre argent propre, nous pouvons réaliser des actions dont hériteront les générations futures, sans qu’elles plient sous le poids de l’endettement. C’est un défi que je lance: sans endettement, réaliser en très peu de temps ce que les dirigeants passés n’ont pas réussi à réaliser en un demi-siècle, malgré les dettes qu’ils ont contracté.

Le Président Andry Rajoelina, à propos de l’exploitation des mines ferrugineuses de Soalala

Traduction 05

« Nous avons demandé qu’il soit construit une usine de transformation sur place.  Cela créera des emplois pour la jeunesse malgache; cela entrainera une baisse de 30 à 40 % du prix du fer manufacturé (tôles, fers ronds, etc.) car il n’y aura plus ni frais de transport extérieurs ni sortie de devises. Cette demande est incluse dans le contrat d’exploitation. Ici, une question: il existe, actuellement, d’autres sociétés qui exploitent nos ressources minières, comme QMM et Sheritt. Mais qu’est-ce qu’ils ont vraiment apporté à l’Etat au début de l’exploitation proprement dite? Même pas un dollar. Avec Wisco, l’Etat malgache a reçu 100 millions de dollars en toute transparence. Il s’agit du coût de la licence suite à l’appel d’offres, avant toute exploitation, pour éviter tout délit d’initié, toute corruption. Personne ne pourra utiliser ces 100 millions de dollars. Ils serviront à financer de grands projets comme l’hôpital de Mahajanga dont j’ai parlé. Nous verrons les résultats concrets d’ici quelques mois ».

Le Président Andry Rajoelina, à propos de l’insécurité

Traduction 06

« Elle émane du fait de la passation de pouvoir extraconstitutionnelle. Des armes n’ont pas pu être réintégrer dans les arsenaux des forces armées. Par ailleurs, la crise politique a amené à des pertes d’emplois, amenant certains chômeurs à commettre des actes répréhensibles. Mais il ne faut pas que cela soit un prétexte pour voler. Pour remédier à la situation, nous avons appuyé les forces de l’ordre, financièrement et matériellement. Vous avez pu avoir un aperçu du nouveau matériel roulant de la police et de la gendarmerie lors du défilé du 26 juin du cinquantenaire. Cela doit impliquer des résultats, bases de notre manière de diriger à tous les niveaux.

Traduction littérale des grandes lignes de l’émission « Hono aho Andriamatoa Filoha » de la TVM, le dimanche 25 juillet 2010, à partir de Mahajanga (Cf. http://www.youtube.com/Tetezamita2010)


Kabarin’ny Filohan’ny Fahefana Avon’ny Tetezamita
Andriamatoa Andry RAJOELINA
Faha-50 taonan’ny  Fahaleovantena - 26 Jiona 2010

 

Ry vahoaka Malagasy Mpiray Tanindrazana;

Ny andro androany no azo ambara fa tena “ Andro iray toa zato”!
“Andro izay toa zato” tokoa satria feno 50 Taona ny niverenan’ny Fahaleovantenan’ny Madagasikara!
“Andro iray toa zato” koa, satria feno 50 Taona androany ihany koa ny nijoroan’ny Foloanlindahy Malagasy!
Noho izany dia:

– Arabaina ny “Ambanilanitra” tratry izao Asaramanitra tsy manam-paharoa izao

– Arabaina ianao ry Madagasikara – Tanindrazanay – Maminay!

– Arabaina ianareo Foloalindahy – Tandroka Mpiaro anay – Reharehanay!

Mitsidika ny isan-tokan-trano koa ny tenako, ka amin-kafaliana no itondràko ny Fiarahabàna feno  –  ombam-pitiavana ho an’ny Malagasy tsirairay avy!

Tompokolahy sy Tompokovavy,

Sarobidy tokoa ny Fahaleovantena satria izany Fahaleovatena izany no fototry ny “Fiandrianana”;  “Fiandrianana” izay masina loatra ka miteraka ny “ Ambom-po”,

Ary “Ambom-po” sy “Fitiavan-Tanindrazana” izany no nanosika ireo Ray aman-dRenintsika anohitra sy anosika ny mpanjanaka, ka nandatsahany ny râny mba iverenan’ny Fiandrianan’I Madagasikara.

Matoa isika mifaly sy miravo amin’izao vanim-potoana izao, dia satria nisy ny tolona mahery vaika natrehan’izy ireo ho an’ity Nosy malalantsika ity. Tao:

– Ireo Ray amandreny MENALAMBA;

– Ireo VVS;

– Ireo Tia Tanindrazana rehetra nanerana ny Nosy tamin’ny taona 1947

– Ary teo koa ireo olom-pirenena marobe tsy mba fantatra anarana akory, izay nampijaliana sy novonoina tany amin’ny Faritra rehetra tany…

Tompokolahy sy Tompokovavy,

“Fanilo Miampita” ho an’ny Taranaka mifandimby ny fitandroana toy ny anaka andriamaso ny Fiandrianam-Pirenena.

Rehefa mijoro sy mitraka tokoa mantsy ny Malagasy dia nandresy ka azo  ny fahaleovan-tena.

Ady vaovao indray  no natrehin’ny Vahoaka Malagasy nandritra izay 50 taona lasa izay, dia ny Ady ialàna amin’ny Fahantrana.

Fahantrana indrisy izany nateraky ny ady pôlitika sy fibahanan-toerana.

Ankehitriny dia mbola milofo amin’ny hametrahana Rafitra Pôlitika sy Toe-karena ary Fiaraha-monina vaovao isika. 

Ry Vahoaka Malagasy,

Hisotomantsika lesona ny lasa.

1960-2010, feno 50 taona androany ny fahafahan’ny Malagasy, ary ny fanambintsika sy ny andraindraina izao dia ho avy tsaratsara kokoa.

Ka ny anio hahomby kokoa noho ny omaly, ary ny ampitso hamiratra kokoa noho ny androany.

Andeha àry isika hifanome tànana, hanome izay tsara indrindra ary hanandratra ny hambompom-pirenena ho tombotsoan’ny Nosy mamintsika.

Ilaina noho izany ny handrafetana “Lalàmpanorenana Vaovao” mifanaraka amin’ny filàn’ny olom-pirenena rehetra ary atokisan’ny Daholobe, mba ho Fototra mafy ho lovain’ny Fitondrana rehetra hifandimby.

Ry Vahoaka Malagasy Mpiray Tanindrazana!

Mino sy matoky ny tenako fa ny “Fahendrena” sy ny “Soa toavina Malagasy” ary ny “Fitiavan-Tanindrazana Marina”, no holalaintsika mandrakariva, satria izany no loharanon’ny hambompom-pirenena.

Ankasitrahana ny heripon’ny Malagasy rehetra nikolokoly ny fahafahana, ao anatin’ny sarotra, ka nahatongavantsika amin’izao vaninandro tsy manam-paharoa izao.

Ny faniriana mivaivay dia ity: enga anie ny 50 taona manaraka, mba ho 50 taonan’ny fandrosoana, ao anatin’ny fivoarana feno fanantenana.

Masina loatra ny Firenena ka andeha izay tsara indridra no omena, satria ny tsara sitrak’Andriamanitra! Ho tanteraka anie ny sitrapony!

Misaotra Tompokolahy – Mankasitraka Tompokovavy!


DISCOURS TELEVISE
DU 12 MAI 2010



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