Le Président RAJOELINA sur « Et si vous me disiez toute la vérité »
de TV5 Monde Afrique, le 08 décembre 2011
Question de Denise Epoté (Q) : Monsieur le Président, bonjour et merci de recevoir TV5 Monde à la Résidence de Madagascar à Paris à l’occasion de la visite que vous effectuez en France. Votre présence à Paris est-elle la preuve que le soutien de Paris, et notamment de Nicolas Sarkozy vous est acquis malgré l’enlisement qu’est connue ces derniers mois, la crise malgache ? Réponse du Président Andry RAJOELINA (R) : La France a toujours été sensible au dénouement de la crise malgache. La France a toujours été aux côtés du Peuple malgache. Justement, maintenant que la Feuille de route a été validée et entérinée par l’ensemble de la Communauté Internationale, dont les Nations-Unies, l’Union Africaine, et la SADC même qui a rédigé la Feuille de route. Ceci dit, on m’a consacré, en tant que Président de la Transition de Madagascar. La mise en œuvre de la Feuille de route est actuellement en bonne voie parce que nous avons pu nommer un Premier Ministre de consensus, former un Gouvernement d’Union Nationale, et mettre en place les deux Institutions de la Transition. Ceci marque la volonté et un nouveau départ pour Madagascar et c’est pour cette raison que le Président Nicolas Sarkozy m’a reçu pour une visite officielle et une visite de travail en même temps.
Q : A la demande de la France, il est question que Madagascar réintègre l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) alors que la règle conditionne, la réintégration au sein de cette famille francophone après le retour à l’ordre constitutionnel. Est-ce que ce n’est pas un régime de faveur qui vous est accordé ? R : Non ! Je ne dirai pas que c’est un régime de faveur mais il y a ce qu’on dit « Transition démocratique ». Ce que Madagascar est en train de vivre actuellement, c’est vrai qu’on n’a pas pu trouver un accord entre les politiciens et les parties prenantes depuis deux ans et demi. Les conséquences sont répercutées pour le Peuple malgache. Mais actuellement, cette Transition est en bonne voie. C’est pour cette raison que la Communauté Internationale, en général, soutient et accompagne la Transition à Madagascar.
Q : Pour l’heure, le retour au sein de l’Union Africaine n’est pas encore à l’ordre du jour. Est-ce que vous le déplorez ? R : Aujourd’hui même, il y a la réunion de la Commission de Paix et de Sécurité à Addis-Abeba, dont je suppose qu’il y aura des répercussions positives par rapport au positionnement de l’ensemble de la Communauté Internationale parce que vous avez pu constater le communiqué de l’Union Européenne qui souhaite vivement débloquer petit à petit la situation de Madagascar. Alors, je pense que tout est en bonne voie actuellement. Madagascar est un pays qui mérite d’être soutenu et mérite aussi de développer.
Q : Plus de deux ans après le début de la crise malgache, comment vous jugez les actions qui ont été menées, d’une part par l’Union Africaine et d’autre part par la SADC pour, justement, accompagner Madagascar dans une sortie de crise définitive. R : L’objectif final est plus important : les accords politiques signés et validés aujourd’hui, c’est l’organisation des élections libres et transparentes. Ceci dit, on a eu beaucoup de problèmes parce qu’il y a eu plusieurs accords signés mais malheureusement ils n’ont pas abouti. Maintenant, on a pu, la Communauté Internationale, et aussi les politiciens et les parties prenantes malgaches, prendre des leçons du passé pour pouvoir éviter les erreurs du passé. Nous sommes arrivés aujourd’hui à la mise en œuvre de cette Feuille de route et surtout d’organiser des élections libres et transparentes en 2012.
Q : Certains observateurs, malgré tout, ont souvent jugé que la SADC jouait le pourrissement de la crise malgache. Est-ce que c’est un jugement que vous partagez ? R : La situation à Madagascar, après le soulèvement populaire de 2009 a été très très mal comprise, a été aussi déformée dans l’ensemble des actions et de l’explication et de la compréhension même de la situation malgache. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, tout a changé. Parce que les pays membres de la SADC ont compris les effets destructeurs des trois anciens chefs d’Etat qui s’obstruaient toujours à bloquer le processus et maintenant, je pense que tout cela est en règle. On a pu rassembler notre force, surtout la force vive malgache pour pouvoir avancer et de concert pour le bien-être de la population.
Q: Quelles assurances vous donnez aujourd’hui, le Président de la Transition que vous êtes, pour garantir la tenue des rendez-vous électoraux en 2012 après les échecs de 2011 parce que vous vous souvenez que les législatives étaient prévues au mois de Mars et une présidentielle au mois de Mai. Alors, quelle garantie vous donnez, aujourd’hui, aux malgaches mais également à la Communauté Internationale que 2012 sera l’année des élections à Madagascar ? R : Si cela ne tenait qu’à nous, on aurait du organiser des élections même il y a un an et demi passé de cela. C’est vrai, on a annoncé à plusieurs reprises l’organisation des élections mais les éléments n’étaient pas rassemblés parce que les élections qu’on devrait organiser devrait avoir l’aval de l’ensemble des acteurs, c’est-à-dire du peuple malgache, des dirigeants et de la Communauté Internationale même. Maintenant, je pense que tout cela est rassemblé et qu’on puisse vraiment avancer vers l’organisation des élections. Le peuple a réclamé l’organisation des élections depuis le début de la crise mais cela a été mal compris. Maintenant, nous avons en mains cette Feuille de route qui nous permettra d’aller de l’avant pour aller vers notre objectif final qu’est l’objectif des élections.
Q : Une présidentielle. Une question à laquelle vous ne répondrez peut-être pas maintenant. Serez-vous candidat ? R : Les élections se feront, surement, et selon ce qui est stipulé dans notre code électoral, entre le 30 Avril et le 30 Novembre. La Feuille de route est aussi explicite que la Transition devrait se terminer en Décembre 2012 au plus tard. Cela signifie que tout est enclenché et les élections auront lieu. En ce qui concerne ma candidature, je l’ai déjà répondu que vous allez me laisser ce privilège de l’annoncer au peuple malgache au moment voulu quelle que soit ma décision.
Q : Ce serait sur que vous serez candidat ? R : L’important dans la vie c’est de faire quelque chose et ouvrer pour le bien être de son peuple surtout en tant que dirigeant. L’important c’est de réussir aussi sa mission mais pas d’aller en mission. Aujourd’hui, c’est un grand défi qui attend Madagascar, un défi de développement et par rapport à cela, il faut bien étudier, peser et au moment voulu, quand la date des élections sera fixée, j’annoncerai devant la Nation, ma décision.
Q : Donc, elle est encore en train de murir ? R : C’est encore en train de murir. Mais surtout actuellement, ma mission est bien définie et déterminée. Il y a un objectif clair : c’est la réussite de la Transition, la mise en œuvre de la Feuille de route et une sortie définitive de crise.
Q : Afin que des élections crédibles, libres et transparentes puissent se tenir en 2012, il faudrait un consensus de toutes les mouvances sur les listes électorales qui posent toujours problèmes dans la majorité des élections surtout sur le continent africain. Le dernier recensement date de 1993, cela fait presque 20 ans. Comment s’assurer que tous les malgaches en âge de voter seront présents sur les listes électorales de 2012 ? R : Depuis le soulèvement populaire, c’est-à-dire depuis Mars 2009, et depuis le référendum qui s’est passé il y a un an de cela, nous avons œuvré, justement, vers l’objectif pour avoir une liste électorale acceptable et pour que les citoyens malgaches, que les électeurs soient vraiment répertoriés. Nous avons déjà entamé les travaux depuis un an et maintenant, je pense que nous sommes prêts à aller de l’avant pour l’organisation de ces élections. Ce qui s’est passé à Madagascar, vous savez, l’organisation des élections, premièrement, a toujours été confiée à l’Etat. Cela manque de neutralité. Maintenant, nous allons mettre en place la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), nous allons aussi adopter le bulletin unique. C’est ce qui a été réclamé depuis des années par les opposants. Quand le peuple croit aux élections, à l’organisation des élections transparentes, je peux vous assurer qu’il n’y aura plus de soulèvement populaire à Madagascar. Quant les politiciens ont la garantie qu’ils peuvent accéder au pouvoir par la voie des urnes, à ce moment là, les règles de jeu sont claires. Et je crois que c’est un grand défi qui nous attend et qu’on va atteindre.
Q : Et ce sera une élection à un tour ou à deux tours ? R : Ca dépend. Si l’on a la majorité plus de 50% au premier tour, le Président sera élu au premier tour mais sinon, il y aura un second tour.
Q : Dans la feuille de route qui a été signée le 16 Septembre dernier, le point 4 prévoit la nomination d’un premier Ministre de consensus, vous faites allusion tantôt. A peine nommer, Omer Beriziky est contesté par Marc Ravalomanana mais également par Didier Ratsiraka. C’est pas de très bonne augure, ce n’est pas vraiment « d’Union Nationale ». R : L’opposition à Madagascar trouve toujours des excuses pour pouvoir bloquer la situation. Maintenant, quand il s’agit de Madagascar, il faut que les politiciens parlent d’une seule voix pour le bien-être de la population et de ce grand pays qui mérite vraiment l’espoir. Actuellement, le peuple malgache est en désespoir face aux actions des politiciens malgaches. Nous devrons montrer des exemples et des modèles. Vous savez, l’opposition a réclamé qu’il faut que le Premier Ministre vienne des Plate-formes de l’opposition à savoir des trois anciens chefs d’Etat. Le Premier Ministre actuel, c’est l’ancien Président Zafy Albert qui l’a proposé. Donc, si ce n’est pas consensuel, je ne comprends pas. D’ailleurs, cela a été félicité par la Troïka de la SADC qui est chargé du suivi de la mise en œuvre de la Feuille de route à Madagascar.
Q : On sait qu’Albert Zafy, qui dirige une des mouvances politiques, a toujours critiqué votre manière de conduire la Transition jusqu’ici. Le fait que vous acceptiez son candidat comme Premier Ministre, est-ce que ce n’est pas une manière de l’amadouer ? R : Pas du tout. Ce qui est important pour moi, c’est d’avancer. On a peut-être fait beaucoup de sacrifices mais l’objectif est d’alléger la souffrance et la torture morale du Peuple malgache et il est de mon devoir de chercher des solutions pour résoudre la crise. Aujourd’hui, je suis ravi parce que le processus est en bonne marche, la reconnaissance est au bout des doigts. Et maintenant, je pense que nous allons réussir notre mission.
Q : Parmi les Institutions de la Transition, on compte le Parlement qui aujourd’hui, malheureusement fait l’objet de plusieurs critiques, on le trouve pléthorique, instable parce que justement Albert Zafy refuse d’y siéger et Marc Ravalomanana menace de le quitter si ses revendications ne sont pas prises en compte. On vous a reproché d’avoir pris de décisions qui sont contraires à la Feuille de route que vous avez signée puisque vous avez imposé 20 députés et 10 Sénateurs. Est-ce que ce n’est pas un risque que vous courez que vous allez encore imploser cette Feuille de route dont l’objectif était au départ d’être consensuel ? R : La question qui se pose est jusqu’à quand nous allons écouter les caprices des uns et des autres ? Maintenant, il s’agit de regarder de près et de voir à la loupe l’avenir des 20 millions de malgaches. Il ne suffit plus de chercher les intérêts des individus ou des anciens présidents, qui font partie du passé actuellement. Mais ils sont encore là grâce à la Feuille de route et ils sont acteurs. Maintenant, il est temps de renouveler la classe politique à Madagascar. En ce qui concerne la mise en place de ces deux Institutions, la Chambre haute et la Chambre basse, dont le Congrès de la Transition qui exerce la fonction de député et qui remplace l’Assemblée Nationale et le Conseil Supérieur de la Transition qui exerce les fonctions des sénateurs et remplace aussi le Sénat malgache. J’ai moi-même présidé une réunion où toutes les parties prenantes étaient présentes. Nous nous sommes convenus de la composition de ces Institutions où nous avons convenus de comment nommer les membres de ces Institutions. Alors, je suis étonné que 2 ou 3 jours après on s’oppose à une décision prise ensemble, consensuel, majoritaire. Tout le monde a adopté la façon dont on va mettre en place ces Institutions.
Q : Mais est-ce qu’en période de récession économique il ne faudrait pas justement de réduire la composition de ces deux Chambres, comme le propose d’ailleurs l’un des Présidents de mouvances qui propose six fois vingt-deux le Parlement, 22 étant le nombre des Régions et 6 membres et deux fois vingt deux pour le Sénat. Est-ce que ce n’est pas plus raisonnable ? R : Les politiciens malgaches ne seront jamais satisfaits.
Q : Vous en faites parties ? R : Non ! Moi je suis là pour cadrer et pour faire avancer le processus. Si nous avons fait la moitié ou le quart, on aura des critiques. Pourquoi avoir réduit le nombre ? Parce que tout le monde veut y être. Maintenant, on entend encore beaucoup de gens, pourquoi on n’est pas là dedans, on n’est pas représenté. Maintenant, je peux vous dire que ces Institutions sont validées par l’ensemble des acteurs politiques et aussi la Feuille de route a mentionné un élargissement des Institutions. Donc, le nombre qui est de 251 pour le Congrès de la Transition. Plus on ajoute les mouvances ou les parties prenantes qui ne sont pas encore représentées, bien évidemment le nombre va gonfler ou supérieur au nombre initial.
Q : Sur le plan économique, tous les indicateurs sont au rouge à Madagascar. Est-ce que votre rencontre, ce jour, avec Nicolas Sarkozy vous a donné des promesses et des garanties d’accompagner Madagascar sur le plan économique ? R : Aujourd’hui, le grand défi de la Transition, c’est un grand défi social. Il faut que les dirigeants se rapprochent de la population, s’occupent de la population. Et j’avoue que c’est vrai que pendant ces deux ans et demi on n’a pas pu le faire parce qu’on était tout le temps dans les querelles politiques, dans les distensions politiques. Maintenant, c’est le moment de se pencher et de voir, de soulager la souffrance des malgaches. On a pu gérer la situation sans l’aide internationale, jusqu’ici. Mais c’est vrai qu’on a quand même besoin, et surtout pour les infrastructures et tant d’autres, de l’aide budgétaire de la Communauté Internationale.
Q : La France sera à vos côtés ? Nicolas Sarkozy vous l’a promis ? R : Justement, c’est là que je voudrais en venir, surtout on vient actuellement de signer, avec la France, les subventions et les dons pour un projet qui s’appelle « lalan-kely » ou les ruelles de la Capitale de Madagascar, Antananarivo, d’un montant de 9 millions d’Euros. Ce qui est intéressant avec ce projet c’est de pouvoir faire de l’HIMO (Haute Intensité de Main d’œuvre) pour créer de l’emploi pendant plusieurs années et cela touche plus de 600 000 personnes. Ca c’est une chose. La France joue aussi un rôle très important en Europe parce que la France, à travers son Président, se bat pour sauver l’Euro et l’Europe. Comme vous le savez, il y a aussi les financements de l’Europe qui sont aussi bloqués actuellement, dont nous comptons sur l’appui personnel du Président de la République française pour nous aider à débloquer cette situation.
Q : Sur le plan social, la tension est toujours entretenue sur les partisans de Marc Ravalomanana qui souhaitent son retour. D’ailleurs, son fils a été arrêté. L’article 20 de la Feuille de route prévoit le retour de tous les exilés malgaches. Est-ce qu’il va s’appliquer à l’ancien Président parce que la réconciliation aussi passe par là ? R : Vous savez, j’ai fait une déclaration. Et j’ai accepté le retour de l’ancien Président, l’Amiral Didier Ratsiraka qui était en exil, ici en France, depuis plus de 9 ans. Et je suis fier qu’il soit rentré en bonne santé et pas le contraire. Cela fait 9 ans et il aussi 75 ans. Mais en ce qui concerne l’ancien Président Ravalomanana, c’est une autre affaire parce qu’il est condamné pour des crimes de sang.
Q : Raisons de plus, parce qu’il est condamné. Ne faut-il pas qu’il revienne à Madagascar pour être jugé par la Justice malgache ? R : Je m’en remets à l’Afrique du Sud et à la SADC pour prendre une sage décision pour que la paix et la sérénité soient préservées à Madagascar.
Q : Didier Ratsiraka auquel vous faisiez allusions est rentré après 9 ans d’exil. Pour la sortie de crise malgache, il propose une solution « plus nationaliste », dit-il. Est-ce que vous l’avez rencontré récemment ? Est-ce que vous aviez l’occasion d’en discuter ? R : J’ai aperçu à travers la presse les déclarations de l’ancien Président Didier Ratsiraka. Nous attendons de lui, qu’il devrait proposer des solutions pour le bien-être du peuple malgache, pour le développement de Madagascar mais non pas chercher / créer d’autres problèmes. Il ne présente pas de solutions parce qu’il a prôné pour la rencontre entre les 3 chefs d’Etat et moi-même, chose qui a été faite à plusieurs reprises, on s’est rencontré à Maputo, on s’est rencontré à Addis-Abeba, on s’est rencontré à Gaborone mais je suis désolé car c’était quand même la honte d’exposer le problème interne malgache à travers le monde entier. Maintenant, la Feuille de route est en marche et moi, je ne suis pas ami avec ceux qui reculent. Je suis avec ceux qui voient l’avenir et ceux qui veulent avancer.
Q : La Feuille de route prévoit également la création d’un Conseil de la Réconciliation et l’indemnisation des personnes qui ont subi des préjudices entre 2002 et 2009. Est-ce que plusieurs gens au niveau de la réconciliation nationale, ce n’est que la classe politique qui se réconcilie et qu’elle prêche par l’exemple ? R : Aujourd’hui, la classe politique s’est déjà réconciliée.
Q : Apparemment, non ? R : Je vais vous donner quelques exemples. L’ancien Président Zafy Albert était l’ennemi politique de Didier Ratsiraka. Aujourd’hui, il se serre les coudes, il se serre les mains. Et pareille. Le Pr Zafy Albert disait vraiment tout le mal sur l’ancien Président Ravalomanana, il a même dit qu’il faut l’emprisonner, qu’il faut le torturer et maintenant, ce sont des alliés qui s’appellent, qui se téléphonent. Donc, la réconciliation à leur niveau, aujourd’hui je pense que ca été déjà faite.
Q : Mais la réconciliation entre vous et Marc Ravalomanana n’est pas faite. R : Entre moi et Marc Ravalomanana, je l’ai déjà dit, moi personnellement je le pardonne de tout le mal qu’il a voulu et qu’il m’a fait. Mais je ne peux pas faire pardonner à la place des autres, de la famille des gens qui sont aujourd’hui orphelins, des gens dont les corps sont disparus. Tout cela, il faudra du temps. Et nous allons voir la suite de l’histoire.
Q : Est-ce que ce n’est pas à la Justice de trancher tout cela ? R : C’est à la Justice de trancher cela.
Q : Pour terminer cet entretien, Monsieur le Président, la majorité des malgaches vous surnomme TGV, cela peut être un compliment parce que TGV est une belle invention technologique française, le Train à Grande Vitesse mais cela peut être aussi une critique parce qu’à 37 ans, les malgaches estiment que vous allez un peu trop vite. Qu’est ce que vous leur répondez ? R : La valeur de l’homme n’attend pas les années. Vous savez autant que moi, l’histoire de Napoléon Bonaparte élu premier Président de la République française et par la suite j’en passe parce qu’il a été empereur. Loin de là, je ne veux pas être empereur de Madagascar. Je veux être un jeune et tant que je serai vivant, j’œuvrerai pour le développement de Madagascar et pour le bien du peuple malgache.
Q : Monsieur le Président, je vous remercie. R : Merci !
DISCOURS D’ADIEUX DE SEM ANDRY RAJOELINA - PRÉSIDENT DE LA HAUTE AUTORITÉ DE LA TRANSITION -
À SEM MOKGHETI MONAISA - AMBASSADEUR DE L’AFRIQUE DU SUD À MADAGASCAR, ELEVE AU GRADE DE COMMANDEUR DE L'ORDRE NATIONAL MALAGASY PALAIS D’ETAT D’IAVOLOHA, LE 5 DECEMBRE 2011
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
C’est avec un cœur plein de gratitude que je vous adresse tous mes compliments en cette occasion qui couronne la réussite de vos missions en tant qu’ « Ambassadeur d’Afrique du Sud à Madagascar » et « Représentant de la Troïka» dans le processus de la mise en œuvre de la Feuille de Route.
En plus des Responsabilités que requiert votre mission diplomatique, vous n’avez pas hésité à faire preuve d’une détermination et d’une disponibilité sans faille, dans la résolution de la crise Malgache.
Durant ces quatre années au service de votre Pays mais aussi à celui du nôtre, vous avez pu démontrer qu’il n’y a pas de plus grand honneur pour l’Homme que celui de défendre une cause de Paix et de Bonheur pour ses frères, MERCI !
Vous avez également adopté le concept du « Fihavanana », qui se traduit par le fait que toute harmonie est basée sur la Solidarité et l’Entraide. En défendant la cause de « l’Unité dans la Diversité » vous avez amplifié ce vibrant message selon lequel : « La Terre n’est qu’un seul Pays et tous les hommes en sont les citoyens ».
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Cette distinction honorifique est le témoignage de toute notre profonde reconnaissance ! Puissent le meilleur et le succès vous accompagnent pour la suite de votre parcours ! Et sachez que vous serez toujours le bienvenu parmi nous à Madagascar !
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Veloma ary Soava Dia !
Thank you and we wish you all the best !
16 mai 2011: Le Président Andry Rajoelina, interviewé par Christophe Boisbouvier
Transcription :
RFI :Monsieur le Président, bonjour.
Andry Rajoelina : Bonjour.
RFI :Vous avez le pouvoir mais votre régime n’est pas reconnu par la communauté internationale. La solution c’est une élection présidentielle libre et transparente. La grande question est de savoir qui pourra se présenter. Vous-même, est-ce que vous serez candidat ?
Andry Rajoelina :
Dans les dispositions de la Feuille de route et de la Constitution, en ce qui me concerne, rien ne m’empêche de me présenter aux prochaines élections présidentielles. Ca c’est une chose. Qui pourrait se présenter aux élections ? Eh bien tous citoyens malgaches qui ont plus de 35 ans et qui ne sont pas condamnés.
RFI :Alors vous dites : rien ne vous empêche de vous présenter. Il y a un an, sur Rfi, vous aviez déclaré : je ne serais pas candidat à la prochaine élection. J’en prends l’engagement solennel.
Andry Rajoelina : C’est exact. C’était le 12 mai 2010. J’ai fait la déclaration solennelle comme quoi je ne vais pas me présenter à l’élection, aux futures élections présidentielles pour l’intérêt supérieur de la Nation. Et lors de mon discours, j’ai bien spécifié comme quoi j’en ai pris ma responsabilité mais j’attends que la Communauté internationale prenne la sienne. Mais, jusqu’au jour d’aujourd’hui, la Communauté internationale n’a pas pris ses engagements. Donc, cela signifie qu’aujourd’hui je ne suis plus lié par cette annonce parce que la communauté internationale n’a pas du tout accompagné Madagascar, tout ce qui est développement à Madagascar. [On a survécu] par nos propres moyens. Vous savez, on a été suspendus par la communauté internationale pendant deux ans. Mais on a honoré nos dettes vis-à-vis des pays qui nous ont sanctionnés.
RFI :Donc si vous ne vous sentez plus lié par votre promesse de l’année dernière, cela voudrait dire que vous serez candidat alors ? Non ?
Andry Rajoelina : Ecoutez, chaque chose en son temps. Donc, moi, au moment opportun, je vais annoncer ma candidature.
RFI : Vous n’avez pas encore pris votre décision ?
Andry Rajoelina : Pas encore. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est tout d’abord la décision de la Sadc pour la validation et l’accompagnement, justement, de Madagascar, pour l’organisation de ces élections. Une décision qu’ils (Chefs d’Etats membres de la Sadc) devraient prendre dans quelques jours. C’est-à-dire le 20 mai plus précisément.
RFI :Vous êtes jeune, vous avez 36 ans. Pourquoi ne pas renoncer cette année et attendre la prochaine élection dans cinq ans ?
Andry Rajoelina : Je suis un homme qui est vraiment animé de courage et de foi, de conviction pour le développement de Madagascar. Donc, je sais que je dois y apporter mes contributions, et je sais que je serais élu président de la république de Madagascar, que ce soit pour les élections à venir ou dans cinq ans.
RFI :Vous avez dit, tout à l’heure, que pour être candidat, il fallait être citoyen qui n’a pas été condamné. Est-ce que votre prédécesseur, Marc Ravalomanana qui a été condamné par la justice malgache, pourrait être amnistié afin de pouvoir se présenter ?
Andry Rajoelina : Vous savez, quand le peuple malgache a réclamé [la] justice sociale, l’ancien président a répondu par les armes. Donc, c’est la justice qui a tranché. Aujourd’hui il est condamné par les actes qu’il a commis. Il faut limiter l’amnistie.
RFI :Malgré le débat en cours devant le parlement, il n’y aura pas d’amnistie pour Monsieur Ravalomanana ?
Andry Rajoelina : Dans les règles internationales, tout ce qui est crime de guerre, crime de sang, ne sont pas amnistiables.
RFI :En Côte d’Ivoire, la mise à l’écart du candidat Ouattara a provoqué une crise de plus de dix ans. Est-ce qu’en écartant le candidat Ravalomanana vous ne risquez pas de plonger le pays dans une crise de plusieurs années ?
Andry Rajoelina : Je ne pense pas. Maintenant, Madagascar c’est une nouvelle génération, ce sont les jeunes qui se sont levés. Nous sommes d’accord pour le pardon mais nous ne sommes pas d’accord pour l’impunité. Personne n’a le droit de tuer ses compatriotes.
RFI :Alors fin janvier, vous avez marqué un point. Pour la sortie de crise, le médiateur mozambicain, Leonardo Simao, a lancé l’idée d’une présidentielle à laquelle vous pourriez vous présenter. Mais il reste à convaincre le Sud-africain Jacob Zuma. Verdict, peut-être, lors du prochain sommet de la Sadc à Windhoek. C’est pas gagné avec Jacob Zuma, hein ?
Andry Rajoelina : Ecoutez, il y a des questions qu’il faudrait poser par rapport à la Sadc. Et je pense qu’ils sauront prendre la bonne décision le 20 mai. Ce n’est pas dans l’intérêt de la Sadc de prouver leur échec dans la médiation de la crise à Madagascar. Il faut qu’ils retirent des leçons de l’aspiration populaire qui veut aller le plus tôt possible vers les élections. Il faut que ‘Afrique du Sud prenne en compte l’aspiration du peuple malgache.
RFI :Donc, vous demandez à Jacob Zuma de vous comprendre. Si, en retour, Jacob Zuma vous demande d’être plus souple et d’accepter, par exemple, de rencontrer Marc Ravalomanana, qu’est-ce que vous répondrez ?
Andry Rajoelina : L’ancien président a prouvé sa mauvaise foi. Aujourd’hui, tout le monde est au courant. Qui veut des élections ? Qui veut le développement de Madagascar ? Et je pense que d’autres personnes veulent tout simplement que la situation pourrisse sur place et qu’il y ait vraiment beaucoup d’affrontements à Madagascar.
RFI : Il y a deux ans, l’armée a joué un rôle clé dans votre arrivée au pouvoir. Est-ce que votre position ne reste pas fragile ?
Andry Rajoelina : Aujourd’hui, l’effectivité du pouvoir c’est sur toute l’étendue du territoire. Donc, le peuple a validé le régime actuel, même les forces armées.
RFI :Mais il y a quand même eu une tentative de putsch au mois de novembre dernier ?
Andry Rajoelina : Il y avait eu une tentative mais qui n’a pas aboutie. Vous savez, quelques têtes brûlées dans les forces armées, il y en avait. Mais ils ne sont pas allés loin. Cela veut dire qu’ils n’ont pas été suivis.
RFI :Mais il y a des officiers supérieurs qui vous ont aidé à renverser Marc Ravalomanana, il y a deux ans. Est-ce qu’aujourd’hui vous n’êtes pas obligé de partager le pouvoir avec eux ?
Andry Rajoelina : Partager pour chaque responsabilité, bien évidemment. Par exemple, il y a le ministre des forces armées qui est un militaire, le secrétaire d’Etat de la gendarmerie, c’est un militaire, et pour chaque poste à responsabilité, là où les militaires devraient prendre ces postes, on les a nommés à chaque poste correspondant à leur profil.
RFI :Et vous êtes obligé de les ménager quoi.
Andry Rajoelina : On les ménage.
RFI :Monsieur le Président, [merci]
Le Président Andry Rajoelina à la Tvm, le 17 avril 2011
Extraits traduits de la vidéo
Lors de l’émission diffusée en direct du Palais d’Iavoloha, ce dimanche 17 avril 2011 en soirée, le Président Andry Rajoelina a révélé aux deux journalistes en face de lui -Johary Ravoajanahary et Onitiana Realy- et à tous les téléspectateurs de la Télévision nationale malgache (Tvm) qu’il est invité par Hifikepunye Pohamba, à la fois Président de la Namibie et Président en exercice de la Sadc, Dès la fin de cette émission dominicale, qui a duré deux heures de temps, le Président Andry Rajoelina a mis le cap sur l'aéroport d'Ivato d'où il s'envolera pour Windhoek (capitale de la Namibie). Il sera reçu par le Président Pohamba dans le courant de la matinée du 18 avril 2011.
Quant à savoir s’il se présentera à l'élection présidentielle à venir, le Président de la transition à répondu : « Cela dépend de Dieu… ». Mais chaque chose en son temps et, comme on dit : qui vivre verra. En tout cas, Andry Rajoelina a répété « qu’il faut concourir pour gagner et non pour perdre ».
26 mars 2011: Recommandations du Président Andry Rajoelina aux nouveaux ministres
TRADUCTION INTEGRALE
Nous devons mettre en place une stratégie pour la lutte contre la corruption. Ainsi, en tant premier responsable de vos ministères respectifs, il vous est demandé d’avoir une conduite exemplaire face aux diverses sirènes de la tentation sous toutes ses formes.
Dans cette optique, des mesures devront être appliquées et applicables afin de levée le doute sur tout soupçon de corruption au sein de ce gouvernement. Ainsi, tous les membres de ce gouvernement devront effectuer une déclaration de leur patrimoine meuble et immeuble et, je le souligne ici, les dirigeants et les administrés sont tous égaux aux yeux de la loi. Par ailleurs, dans les dispositions de la Constitution de la IVè République à ce sujet, sont inscrites les droits et les devoirs de chaque citoyen.
Il ne sera plus toléré les mauvaises habitudes pratiquées par les dirigeants qui se sont succédé à la tête de la Nation. Aussi, s’il y a des abus de pouvoir, il ne pourra y avoir aucune excuse. La principale mission du présent gouvernement est la gestion des affaires courantes, selon la feuille de route paraphée le 9 mars 2011. Et, pour respecte le calendrier électoral, il est crucial que chacun de vous unissez vos forces et vos efforts avec les ministères directement impliqués dans le processus électoral et l’organisation des élections. Il faudrait que, pour cette fois dans le pays, nous participerons à des élections justes et transparentes. Cela exige déjà qu’aucun dirigeant administratif ne s’implique dans le soutien d’un parti politique ou d’un candidat.
Lors des campagnes électorales, l’utilisation de matériels administratifs ne sera plus tolérée. Vous devrez absolument respecter la neutralité de l’administration. Dès aujourd’hui, il faudra procéder à la dépolitisation de l’administration.
Tout cela requiert une solidarité sans faille de votre part. Vous devez vous donner la main pour le bien-être du peuple malgache.
Andry Rajoelina Président de la Transition de Madagascar
Palais d’Etat d’Iavoloha, le 26 mars 2011
ENGLISH TRADUCTION
We must set up a strategy for the conflict against corruption. So, in such a first representative for your respective ministries, one asks for it you to have an exemplary behaviour faced with the various foghorns of temptation under all its forms.
From this perspective, measurements will have to be applied and applicable in order to lifting doubt on any suspicion of corruption within this government. So, all members of this government will have to perform a statement of their heritage piece of furniture and building and, I underline it here, the leaders and the constituents are any equal with the eyes of law. Moreover, in the dispositions of the Constitution of IVè Republic on this subject, is inscribed rights and duties of every citizen.
It will not be any more tolerated the poor habits played by the leaders who succeeded one another at the head of the Nation. Also, if there are abuses of power, there will be able to be no excuse. The main mission of the present government is the management of daily business, according to the movement order initialed on March 9th, 2011. And, for respect the election calendar, it is critical that each of you join your force and your efforts with ministries directly implicated in the electoral process and the organization of elections. It would be necessary that, for this time in the country, we shall participate in fair and transparent elections. It already demands that no administrative leader gets involved in the support of a political party or a candidate.
During election campaigns, the use of administrative equipments will not be any more tolerated. You will absolutely have to respect the neutrality of the administration. From today, it will be necessary to undertake the depoliticization of the administration.
All that requests a solidarity without fault for your part. You must give the hand for the ease of the malagasy people.
16 mars 2011 - Palais d’Ambohitsorohitra Discours de Monsieur RAJOELINA Andry Président de la Haute Autorité de la Transition
TRADUCTION INTEGRALE
Malgaches mes Amis,
Mes premiers mots sont des mots de profonds remerciements au nom du peuple malgache, sans exclusive, qui a participé à la recherche de solutions à cette crise politiques, en mettant de côté l’orgueil politique au profit du patriotisme.
Selon ce qui est inscrit sur la feuille de route, acceptée par tous les partis et entités politiques qui l’ont paraphée et reconnue par la Communauté internationale, j’ai pris connaissance de tous les éléments qui m’ont permis d’arrêter mon choix sur la personnalité qui sera le Premier ministre de consensus, proposé par l’ensemble des nombreux partis politiques.
Toutes les personnalités que vous avez proposé possèdent chacun leur mérite, leur savoir-faire, leur patriotisme. J’ai eu des entretiens avec chacun de ces personnalités et nous avons discuté sur le meilleur moyen d’améliorer notre avancée commune, surtout en cette ultime étape de cette transition.
Actuellement, nous vivons pleinement dans la IVè République car la Constitution a déjà été voté. Mais l’objectif final est de mettre en place les structures communes pour l’organisation d’élections justes, équitables et transparentes qui permettront de mettre à leur place respective, les personnalités choisies au suffrage universel par le peuple, au sein de cette IVè République.
Aussi, en plus des critères inscrits dans la feuille de route, il existe des impératifs intimement liés à la nomination du Premier ministre de consensus :
1. C’est ce Premier ministre et son Gouvernement qui appuiera la CENI dans l’organisation de toutes les élections à venir. Ce sont eux qui garantiront l’égalité des chances et la neutralité de l’Administration;
2. Aussi, le Premier ministre de consensus que nous allons nommer, dont le mandat est limité, devrait être une personnalité qui craint Dieu ; qui possède le sens de la vérité ; qui est d’une droiture exemplaire ; qui œuvre avec toute sa volonté dans l’accomplissement de la mission que lui confie la Nation ; qui représente le « Fihavanana », l’union et l’unité. Cela afin de mener à bien toutes les élections à venir.
Après mûres et longue réflexion ; après avoir fait tout le tour de la question, le choix s’est porté sur le Général Albert Camille Vital.
Je crois et l’espère que ce Premier ministre et le Gouvernement d’union nationale qu’il dirigera seront effectivement l’image de l’union nationale authentique, qui mettront en place avec brio et succès toutes les institutions de la IVè République.
Madagascar est un pays qui croit en Dieu. Et nous allons nous en remettre à Sa clairvoyance pour guider nos pas.
La Terre-de-nos-Ancêtre est sacrée
Misaotra Tompokolahy, Mankasitra Tompokovavy.
Andry Rajoelina Président de la Transition de Madagascar
Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra, le 16 mars 2011
11 mars 2011: Le Président Andry Rajoelina annonce la démission du gouvernement Vital
RESUME EN FRANCAIS
La cérémonie de paraphe de la feuille de route s’est bien effectuée.
C’est cette feuille de route qui a fait l’objet de maintes réunions, d’âpres discussions, depuis presque deux ans.
Il s’agit du fruit du dialogue malgacho-malgache, et qui a été approuvé par la communauté internationale.
Il faut en remercier, en premier lieu, Dieu sur qui nous avons reposé la vie de la Nation et la voie que nous devions suivre, depuis le début.
Remerciements, ensuite, à vous tous, qui avez déployé tous vos efforts nécessaires possibles dans la rédaction de cette feuille de route.
Remerciements personnels, enfin, au peuple malagasy qui a eu la patience, la confiance et qui a pris ses responsabilités de manière spontanée, à partir de la révolution orange jusqu’à la construction dela IVè République.
Le peuple malagasy attendait depuis fort longtemps car cette crise politique avait tendance à s’étirer en longueur. Aussi, nous devons avancer aussi rapidement que nous le pouvons. Dans cette optique, le Premier ministre m’a présenté sa démission ainsi que celle de tous les membres de son gouvernement aujourd’hui même.
Je remercie chaleureusement le Premier ministre Albert Camille Vital et le gouvernement qu’il a dirigé pour tous les efforts qu’ils ont accompli ensemble. Il faut rappeler ici que c’est ce gouvernement qui a été la cheville ouvrière de l’élaboration de la nouvelle Constitution et, surtout, de l’organisation du référendum qui nous a permis d’entrer dans la IVè République dans laquelle nous vivons aujourd’hui.
Dès à présent, je lance un appel à tous les groupements politiques afin qu’ils me présentent, aussi vite que faire se peut, des propositions le nom de personnalités pour le poste de Premier ministre, répondant aux critères inscrits dans cette feuille de route. Cela, pour que nous puissions mettre en place au plus vite le gouvernement d’union nationale.
Andry Rajoelina Président de la Transition de Madagascar
Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra, le 10 mars 2011
Message à la Nation du Président Andry Rajoelina,
Tvm, 6 mars 2011, 20h
TRADUCTION INTEGRALE EN FRANCAIS
Malgaches mes compatriotes !
Remercions Dieu, qui guide notre destinée et qui nous couvre de sa protection vis-à-vis des démoniaques. Que son Nom soit sanctifié !
Devant toutes les réactions guidées par l’amour et la solidarité que vous avez montré, à travers la Grande île, après cet horrible attentat perpétré par des individus sans foi ni loi, c’est en mon nom, au nom de mon épouse et de nos trois enfants que je tiens à vous remercier du fond du cœur, Malgaches mes compatriotes sans exception. Ce n’est pas ce malheur qui nous a touché qui nous apaise mais c’est votre esprit de compassion spontanée face à certains individus qui n’ont que le mal à l’esprit.
Ce n’est pas la première fois que ce genre d’acte perpétré par des mercenaires étrangers ou locaux, est commis ; il y a eu utilisation d’armes de guerre ; il y a eu la pose et même l’explosion de bombes artisanale par-ci, par-là ; il y a eu des mouvements de foule qui se sont transformés en émeutes. Le but de toutes ces subversions est d’installer une atmosphère de terreur, de psychose afin de perturber nos efforts vers le développement de ce pays.
Depuis plus de deux ans et demi, il y a eu nombre de victimes innocentes qui ont payé de leur vie ces actes insensés. Il faut que cela cesse ! Or, certains semblent vouloir qu’il y ait une guerre civile chez nous. Il s’agit là d’une stratégie complètement à l’opposé de la culture malgache que ces personnes veulent inculquer ici. L’égoïsme, l’égocentrisme perdure encore chez ces personnes dont l’unique philosophie est : « Si je meurs, mourrez avec moi ».
A présent, tout est clair : de la part de ces personnes, il n’existe aucune volonté de chercher un apaisement social à travers des solutions à cette crise politique. Certains épuisent tous leurs efforts pour saboter la transition afin que les institutions de la IVème république ne voient pas le jour. Tout cela est clair comme de l’eau de roche aujourd’hui !
Mais ce ne seront jamais ces actes de haute trahison envers la nation qui nous empêcheront d’avancer. Lors de la cérémonie de présentation de vœux pour l’année 2011, j’avais déjà averti que la route sera difficile et parsemée d’embûches mais Dieu est Puissant, Son objectif est grandiose.
Le peuple souverain a déjà fait son choix et nous vivons déjà dans la IVème république désormais.
Nous devons garder les acquis et, quoi qu’il puisse arriver, la période de transition doit s’achever dans le plus bref des délais.
Accomplir ses devoirs n’est pas une action connue des démoniaques mais si nous sommes toujours debout, nous les Malgaches, c’est que Dieu nous a donné la responsabilité pour sauver et développer cette Grande île.
Mercredi dernier, de nombreux leaders de parti politique ont décidé que les élections législatives et l’élection présidentielle seront cumulées et organisées dans le courant de cette année. Aussi, n’étant pas de ceux qui avancent à reculons, nous allons accomplir cette étape finale.
Malgaches mes amis !
Les actes emplis de haine dont ont fait montre certaines personnes auront l’effet de nous booster encore plus, pour passer le turbo sur cette route vers la IVème république. Nous n’avons pas le droit de faire comme si de rien n’était en regard de tous ces martyrs qui ont donné leur vie pour la Patrie. Et nous n’accepterons jamais que règne la violence et la terreur. Cette île sera libérée de tous ces actes malfaisants. Et c’est l’Amour qui amènera le Développement de la Terre-de-nos-Ancêtres. Parce que la Patrie est sacrée !
Misaotra Tompokolahy, mankasitraka Tompokovavy.
Andry Rajoelina Président de la Transition de Madagascar