(…) Mesdames et Messieurs,
Ma plus grande priorité a été de sauvegarder la souveraineté nationale et de garantir la liberté, auxquelles nous nous attachons.
La liberté de décider, la liberté de choisir, et la liberté de convenir de l'avenir de notre pays sans aucune contrainte de quelque nature qu'elle soit.
Chers Compatriotes,
Notre pays a besoin de vrais patriotes, engagés, ayant la foi et la crainte en Dieu, la sagesse et le discernement, des hommes prêts à tout pour le développement de notre chère Nation.
Un Président est jugé par son Peuple, à travers ses actions et ses réalisations. Seuls le patriotisme et les intérêts de son Peuple devraient l'animer.
L'homme que je suis est une solution pour la Nation et non un blocage.
C'est en ce sens que je réitère aujourd'hui, devant la Nation toute entière, ma déclaration en date du 12 Mai 2010, confirmant ainsi ma décision de ne pas me porter candidat aux élections présidentielles.
Je préfère me sacrifier, plutôt que de sacrifier la Nation toute entière.
Je préfère me sacrifier, plutôt que de sacrifier les 22 Millions de Compatriotes Malagasy pris en otage.
Cette décision relève déjà d'une proposition que j'ai faîte dans le cadre des négociations de sortie de crise, depuis l'année 2009, de Maputo aux Seychelles.
J'ai tenu toujours parole et je respecterai toujours mes engagements.
Nous devons penser à Madagascar et nous focaliser sur les véritables intérêts du Peuple Malagasy.
Aujourd'hui, je me propose comme une solution pour la Nation et demain, je le serai encore. C'est ma manière de vous prouver le patriotisme qui est en moi.
Je suis pleinement conscient de l'espoir et de la confiance dont nombreux d'entre vous ont manifesté en moi. Soyez rassurés que je ne vous abandonnerai jamais, je serai toujours là.
Ne soyez pas triste, soyez optimiste et croyez en l'avenir. (…)
Extraits du discours de non-candidature du Président Andry Rajoelina
International - Article paru le 10 août 2009 Accord sur la transition politique
Madagascar. Des élections législatives et présidentielles organisées dans quinze mois.
Madagascar pourrait retrouver une certaine stabilité après l’annonce de l’accord sur une transition politique signé dans la nuit de samedi à dimanche à Maputo (Mozambique) entre les leaders des principales mouvances. Le nouvel homme fort de l’île, Andry Rajoelina, le président évincé Marc Ravalomanana, ainsi que les deux ex-chefs d’État Didier Ratsiraka et Albert Zafy « ont convenu que la durée de la transition n’excédera pas quinze mois à partir de la date de signature de l’accord », a déclaré le médiateur de l’ONU, Tiébilé Dramé. La transition débouchera sur des élections présidentielles et législatives.
Un gouvernement de transition devrait rapidement voir le jour mais sa composition n’a pas encore été totalement déterminée. Aux termes de l’accord, les membres du gouvernement de transition ne pourront pas se présenter aux élections qui seront organisées, à l’exception du président de l’instance. Ce qui doit en faire réfléchir plus d’un. Marc Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud depuis son départ forcé du pouvoir le 17 mars, a indiqué de son côté qu’il ne participerait pas « personnellement » à la transition, « dans l’intérêt supérieur de la nation », mais que sa mouvance « fera partie intégrante des organes de la transition ». Il a ajouté : « Mon retour à Madagascar se fera conformément à l’accord de Maputo », qui prévoit une amnistie générale. Il devrait retourner à Madagascar lorsque « la situation sera favorable ».
Depuis le 17 mars, Madagascar est dirigée par une haute autorité de transition (HAT) présidée par Andry Rajoelina à qui les militaires avaient remis le pouvoir après de grandes manifestations et une répression sanglante. Marc Ravalomanana était particulièrement discrédité dans un pays gangrené par la pauvreté alors que lui et sa famille, considérant l’île comme leur propre entreprise, se sont considérablement enrichis.
Source : P. B. L'HUMANITE
Madagascar : Ban Ki-moon salue un accord signé
à Maputo pour régler la crise politique
10 août 2009 – Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué lundi un accord signé dimanche à Maputo, au Mozambique, par quatre responsables politiques malgaches offrant un cadre pour le règlement de la crise politique à Madagascar.
M. Ban a « félicité les quatre leaders – Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy – pour s'être engagés envers une transition pacifique au sein d'un gouvernement d'unité nationale », dans une déclaration transmise lundi par sa porte-parole.
Il s'agissait des premières discussions entre le chef de l'autorité de transition, Andry Rajoelina (ancien maire de la capitale Antananarivo) et l'ex-Président Marc Ravalomanana depuis que le premier avait évincé le second du pouvoir à Madagascar en mars et que M. Ravalomanana 'était exilé en Afrique du Sud.
Le Secrétaire général les a exhortés à convenir rapidement de la composition du gouvernement d'unité nationale et de la « a mise en place d'institutions de transition conduisant à des élections crédibles et à la restauration de la démocratie et de l'Etat de droit à Madagascar ».
Les Nations Unies sont prêtes à soutenir la mise en œuvre des accords, en coopération avec l'Union africaine (UA), la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), l'Organisation internationale de la Francophonie et le Groupe international de contact, affirme la déclaration.
Ban Ki-moon a par ailleurs félicité les médiateurs, avec à leur tête le président Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique, en s'associant à leur appel à tous les acteurs politiques à progresser sur la base du consensus de Maputo.
(Source : www.un.org)
Attentats à Madagascar : Andry Rajoelina ne cédera pas aux intimidations
Un attentat a fait trois morts et trois blessés dans la nuit du samedi 18 juillet à Antananarivo, capitale de Madagascar. D'autres attentats ont été déjoués.
Armés de fusils d'assaut et de lance-roquettes, une vingtaine d'hommes en treillis a fait irruption entre 1h et 2h30 du matin devant l'immeuble de la station Viva, station de radio et de télévision qui appartient au Président de la HAT Andry Rajoelina. Ils ont ouvert le feu et abattu deux agents de la sécurité civile à bout portant. Les bombes retrouvées sur le lieu démontrent que l'objectif du groupuscule, acculé à la fuite par les militaires, était de raser l'immeuble.
Au même moment, à Ambohibao, au siège de la CNME (Commission nationale mixte d'enquête) une bombe artisanale a explosé dans un véhicule, tuant le chauffeur sur le coup et blessant grièvement trois autres personnes. Les victimes ont été identifiées : il s'agit de terroristes, qui se sont fait exploser eux-mêmes. Leur plan de faire sauter la station Viva, le commissariat central et trois casernes militaires - bâtiments emblématiques du pouvoir - a donc échoué.
Le colonel Ravalomanana (à ne pas confondre avec l'ancien Président) a présenté dès dimanche 19 juillet "une liste de cinq suspects, sans révéler leurs noms, comme étant les commanditaires de l'opération, tous ayant occupé des postes à responsabilité dans le précédent régime".
La Présidence de la HAT s'est empressée de condamner ces actes de violence par un communiqué : « Suite aux actes de terrorisme du week-end dernier, la Présidence de la Haute Autorité de la Transition tient à exprimer toutes ces condoléances à l'égard des familles des victimes des attaques à main armée survenues samedi dernier dans les locaux du centre commercial Tana Water Front. (...).Ces actes de violence gratuite, de tuerie et de terrorisme à l'endroit du peuple Malagasy, ne correspondent ni à la culture identitaire des Malgaches ni à la valeur républicaine que nous devons respecter". « Les auteurs de tout acte de déstabilisation font fausse route car en visant la transition, ils visent le peuple Malagasy qui aspire à l'avènement de la quatrième république, à une nouvelle pratique politique et à une vie sociale plus sereine. »
Une façon de dire qu'Andry Rajoelina n'entend pas céder face aux intimidations de ses opposants ni changer sa feuille de route. La vie continue à Madagascar, et le travail effectué par le gouvernement pour améliorer l'organisation du pays commence à payer : les examens scolaires officiels se sont déroulés sans le moindre incident la semaine dernière, et pour la première fois, les résultats ont été connus en trois jours.
Cette série d'attentats manqués a-t-elle un rapport avec la reprise en main générale de l'île, et avec la volonté de la HAT de mettre en place des d'élections libres, selon le voeu de la communauté internationale?
La tenue d'élections libres devrait avoir lieu dans neuf mois à Madagascar. C'est en tout cas ce que souhaite la Haute Autorité de Transition qui dirige actuellement le pays, conformément à la décision rendue par la Haute Cour Constitutionnelle en avril dernier.
En poursuivant cet objectif, Andry Rajoelina, Président de la HAT, affirme sa volonté de voir émerger une démocratie directe ou semi-directe à la place d'un système où les partis politiques, portés par des financements privés, souvent occultes, avaient la main mise sur les orientations du pouvoir.
A terme, la mise en place de ce nouveau mode de gestion étatique, dans lequel les intermédiaires entre le peuple et ses représentants seront réduits par souci de transparence, devrait aboutir à l'établissement de la IVème République. C'est tout l'enjeu des élections prochaines : refondre structurellement la gouvernance de l'Etat, grâce au changement de la Constitution, pour rendre de fait, et de droit, les pratiques responsables de l'instabilité du pays depuis 1972 impossibles.
Pour ce faire, Andry Rajoelina entend clarifier le déroulement des élections. Par l'utilisation du bulletin unique, dont le nombre sera défini en fonction du nombre d'électeurs inscrits sur les listes. Leur impression et leur diffusion ne dépendront plus de la richesse d'un parti, mais seront financées par l'administration ; et surtout, en confiant l'organisation générale du scrutin à une structure indépendante du pouvoir, constituée de membre de la communauté internationale et de la société civile. Une conférence nationale va détailler prochainement les évolutions globales du processus.
Conscient de la tâche à laquelle il s'attèle, Andry Rajoelina se laisse du temps pour mener à bien les réformes nécessaires à la modernisation du pays. Il s'est fixé 2020 pour horizon - sans savoir s'il sera encore présent sur l'échiquier politique malgache.
Changement de pouvoir à Madagascar : l'Europe veut encore des éclaircissements, les malgaches ne comprennent pas
10/07/2009 11:50:00
Le président de la HAT Andry Rajoelina
Le Conseil de l'Union européenne a rencontré avant hier une délégation de la Haute Autorité de Transition -HAT-, le gouvernement actuel de Madagascar, venue lui présenter son programme pour les prochains mois et des précisions sur la passation de pouvoir entre l'ancien président Ravalomanana et le président de la HAT Andry Rajoelina
De gauche à droite : Monsieur Roger MOORE : direction Commission Développement ; Monsieur Stefano MANSERVISI, Directeur Général Développement ; Monsieur Joakim STYMNE, Ministre Suédois, Ministre député de la Commission internationale du développement et de la coopération.
Cette rencontre, présidée par Joachim Stymne secrétaire d'Etat à la coopération de la Suède entre dans le cadre des accords de Cotonou qui régissent les relations entre les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) et les 27 Etats de l'Union européenne.
A l'issue de cette consultation, l'Union européenne a souhaité poursuivre les discussions avec Madagascar avant de débloquer les aides à la coopération et au développement qui restent suspendues à la tenue dans les meilleurs délais d'élections générales et au rétablissement de « l'ordre constitutionnel ».
C'est l'incrédulité qui règne à Antananarivo, la capitale.
Dans un souci de transparence, les autorités malgaches s'étaient entourées de membres du Directoire qui avait assuré le changement de régime et d'anciens membres de la Haute Cour Constitutionnelle. Elles avaient également accepté le principe d'élections avancées avant la fin de l'année.
Elles estiment ne pas avoir été écoutées
La Haute Autorité de Transition considère que les droits civils et politiques sont respectés à Madagascar. En témoignent : la représentation de tous les partis à la HAT, la tenue des manifestations de l'opposition, des décisions régulières de tribunaux en sa défaveur, l'organisation des Etats généraux avec les partisans de tous les anciens présidents et de conférences des Régions...
Mais, elle considère aussi qu'elle est en droit de se défendre contre la campagne de déstabilisation qui est menée de l'étranger par l'ancien président en exil : nomination d'un premier ministre et de ministres "bis" contre les autorités en place, distribution de pots de vins par des parlementaires d'opposition pour organiser des troubles dans la capitale, blocage des ambassades à l'étranger et en particulier à Paris par des opposants malgaches et binationaux, attentats dans des magasins de la capitale qui seraient organisés de l'extérieur du pays, recrutement de mercenaires en Afrique du sud en vue d'une intervention armée et multiples conciliabules dans les organisations internationales pour l'isoler et la condamner.
D'une façon générale, la décision attentiste de Bruxelles a été mal accueillie par les malgaches.
Ils n'admettent pas que l'on mette en doute leur "révolution orange", alors qu'elle ressemble en bien des points, à celles qui se sont déroulées, après la chute du mur de Berlin, dans de nombreux pays européens, devenus par la suite membres de l'Union européenne.
Et l'homme de la rue de se dire : s'ils ne veulent pas de nous, nous aurons d'autres amis !
Agence NEWS Press
Rajoelina a rencontré Joyandet à Paris
Alain Joyandet et Andry Rajoelina, début février 2009, au domicile de ce dernier
Le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet s'est entretenu pendant une heure samedi (4 juillet 2009) dans un hôtel parisien avec Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de Transition (HAT), a indiqué aujourd'hui l'entourage du ministre.
«Alain Joyandet a rencontré samedi après-midi pendant une heure en tête à tête Andry Rajoelina pour discuter de la crise à Madagascar», a déclaré à l'AFP la porte-parole du secrétaire d'Etat, Guyonne de Montjou, confirmant une information du quotidien Libération.
Cet entretien s'est déroulé alors qu'Andry Rajoelina était en transit à Paris en allant à Bruxelles où il entend défendre en ce début de semaine la cause de son régime auprès de l'Union européenne, a-t-elle ajouté.
Alain Joyandet «lui a rappelé l'attachement de la France à la restauration rapide de l'ordre constitutionnel à Madagascar à travers un processus consensuel impliquant l'ensemble des acteurs politiques malgaches», a précisé la porte-parole. (Source : Le Quotidien de la Réunion et de l’Océan Indien)
Pierre van den Boogaerde, représentant du FMI à Madagascar, au micro de Lalatiana Rakotondrazafy de Viva Radio, le 30 juin 2009
Madagascar/Entretien
Andry Rajoelina : «Je ne suis pas assoiffé de pouvoir»
Article publié le 24/06/2009 Dernière mise à jour le 24/06/2009 à 18:08 TU
Dans une interview exclusive accordée à RFI, le président de la haute autorité de transition évoque longuement le cas du chef de l’Etat déchu Marc Ravalomanana, non sans ambiguïté. Il assure qu’il pourrait le « gracier », tout en l’accusant de vouloir reprendre le pouvoir par la force. Andry Rajoelina affirme que la Constitution sera réformée et « soumise au peuple ». Il n’écarte pas que cette révision lui permette d’être candidat à la présidentielle. L’intégralité de cet entretien est diffusée ce jeudi 24 juin 2009 dans l’émission Médias d’Afrique, présentée par Alain Foka, à 13 h 33 TU en Afrique et 21 h 33 TU sur l’ensemble du réseau. A retrouver également sur rfi.fr.
Alain Foka : Pourquoi, dans la médiation en cours, n’acceptez-vous pas l’idée d’amnistie pour que le jeu politique soit ouvert ?
Andry Rajoelina : Vous savez, l’amnistie est un acte du pouvoir législatif. En tant que président de la haute autorité, je n’ai pas le droit de signer l’amnistie. Je ne suis pas contre l’amnistie mais il faut respecter les règles de l’art. […] La communauté internationale nous a demandé de déclencher un processus pour que la gestion de la transition soit inclusive, participative et efficace. A ce moment-là, nous avons accepté de nous mettre autour d’une table afin qu’on puisse intégrer les autres et gérer la transition ensemble. Mais l’autre mouvance voulait qu’il rentre, qu’il soit amnistié et qu’il participe à l’élection. Mais ce n’est pas dans l’intérêt de la population. Alors, comme les intérêts personnels ont primé, la médiation a échoué. […]
A.F. :Vous pouvez gracier Ravalomanana…
A.R. : Je peux gracier Ravalomanana.
A.F. : Pourquoi ne le faites-vous pas ?
A.R. : Je pourrais le faire. Je pourrais gracier le président mais il y a une grande différence entre l’amnistie et la grâce présidentielle.
A.F. : Allez-vous tripatouiller la Constitution afin de pouvoir avoir l’âge de vous présenter aux prochaines élections ?
A.R. : La mission de la haute autorité de transition consiste à créer des conditions qui permettront d’asseoir les bases d’une IVème République, c’est-à-dire la réalisation d’élections libres, transparentes et équitables. Mais il faut d’abord passer par la Constitution. Donc nous allons organiser les assises nationales, couronnées par les assises régionales. Et à ce moment-là, c’est le peuple qui décidera de l’avenir de Madagascar.
A.F. :Monsieur le président, vous savez très bien si vous voulez être candidat ou pas, si vous allez retoucher la Constitution. On met beaucoup de choses sur le dos du peuple. Est-ce que vous serez candidat et est-ce que vous allez vous arranger pour modifier la Constitution ?
A.R : La question n’est pas là. Ce qui est vraiment important pour nous, c’est la réussite de notre pays, le développement de Madagascar. […] Je ne suis pas du tout assoiffé de pouvoir. Etre président ou pas, être candidat ou pas, ce que je sais c’est que je veux participer pleinement au développement de notre pays. […] La Constitution sera modifiée. C’est clair. Parce que c’est la base même de la démocratie. Il y aura beaucoup de choses qui seront discutées à travers la Constitution, et pas seulement l’âge.
Hamad Makaïla (correspondant de Médias d’Afrique au Tchad) : Allez-vous repousser les échéances électorales comme en Côte d’Ivoire?
A.R. : […] Lors de l’assise qui s’est déroulée, il y a un mois et demi de cela, nous avons réduit le délai de la transition de 24 mois à 17 mois, 18 mois. Nous sommes encore prêts à faire des efforts, mais il faut que la communauté internationale nous aide à organiser des élections libres, transparentes et qu’elles ne soient pas contestées par la population […] Notre souhait aujourd’hui est d’organiser des élections le plus tôt possible. Mais il faut d’abord passer par plusieurs étapes. […] On a parlé de la Constitution, qui est la source même du soulèvement populaire et de la contestation. […] Et pour changer la Constitution, il faut recueillir justement les revendications et les souhaits du peuple malgache. […] La seule solution pour dénouer la crise, et je l’ai toujours dit, ce sont les élections. Laissons le peuple choisir son président.
A.F. : Et permettre aussi à tout le monde de participer à ces élections ?
A.R. : Oui, mais justement la question est de savoir si celui qui a commis des actes criminels et qui a pillé la richesse du pays peut se présenter aux élections ? Je pose juste la question, et à tout un chacun de répondre.
Salif Sanogo (correspondant de Médias d’Afrique au Mali) : Avez-vous peur des représailles si l’un de vos prédécesseurs revenait au pouvoir ?
A.R. : Aujourd’hui, il y a des gens qui sont assoiffés de pouvoir, il y a des gens qui sont même prêts à venir reprendre le pouvoir avec des mercenaires, tout le monde en parle. Et monsieur Ravalomanana, c’est ce qu’il est en train de faire. Il est en train de téléphoner, d’appeler ses partisans qui se réunissent dans l’enceinte qui s’appelle Magro en centre-ville, et il leur dit qu’il sera bientôt de retour, avec des militaires, qu’il va bientôt reprendre le pouvoir. Ce qui est vraiment désolant dans tout cela, c’est qu’il est prêt à reprendre le pouvoir quitte à entraîner la guerre civile à Madagascar.
Recueillis par Alain Foka - RFI
Andry Rajoelina : « Madagascar est prête à travailler avec la France »
07/06/2009 19:09
Le président de la HAT, Andry Rajoelina et Laurent d’Ersu à Iavoloha, le 5 juin 2009
Dans un entretien exclusif à « La Croix », le président de transition de Madagascar, Andry Rajoelina, affirme son souhait d’un rapprochement avec la France et n’exclut pas d’être candidat à la prochaine présidentielle
La Croix : Vous présidez la Haute Autorité de transition, qui dirige Madagascar depuis la chute du président Marc Ravalomanana le 17 mars. Comment envisagez-vous les prochains mois ?
Andry Rajoelina : Que veut le peuple ? Il veut un changement, car il a constaté des dérives dans la façon de gérer le pays et surtout une confusion entre des intérêts personnels et ceux de l’État. L’ancien président de la République a démissionné par voie d’ordonnance, en confiant le pouvoir à un directoire militaire, qui me l’a par la suite transmis. Avant d’accepter ce pouvoir, j’ai demandé à la Haute Cour constitutionnelle si cette procédure était valable, et elle l’a validée.
Maintenant, c’est le gouvernement de transition qui dirige Madagascar. Cette transition aura plusieurs étapes. Pour que le changement soit effectif, il faut amender la Constitution, organiser des conférences régionales et nationale pour connaître les souhaits de la population, soumettre un nouveau texte à référendum et organiser au plus tôt des élections libres, transparentes et équitables.
La communauté internationale demande que ces élections aient lieu avant la fin de l’année. Qu’en sera-t-il ?
Notre souhait est d’organiser un référendum et des législatives avant la fin de l’année si les conditions le permettent, c’est-à-dire si l’on arrive à bien dresser la liste électorale et à organiser des élections vraiment dans les règles de l’art. Quant à la présidentielle, cela dépendra de l’aide internationale. S’il est faisable de dresser la liste électorale définitive au plus tôt, elle pourra se tenir avant la fin de 2009. Sinon, en fonction des conditions climatiques, il reste possible d’organiser un scrutin jusqu’en mars 2010.
Vous venez d’avoir 35 ans et, selon la Constitution en vigueur, vous êtes trop jeune pour pouvoir vous présenter à l’élection présidentielle. Souhaitez-vous que cette règle soit modifiée ?
Il ne faut pas changer la limite d’âge en fonction d’une personne. Il faut regarder plus loin. Faut-il une limitation ? Si demain la population voulait voir un jeune diriger le pays, va-t-on le bloquer ? Et si l’on instaure une limite d’âge, ne faut-il pas se pencher sur l’âge du président en exercice ? Les fonctionnaires partent à la retraite à 60 ans : ne pourrait-on pas imaginer que les candidats n’aient pas plus de 60 ans ? Ce sont des sujets sur lesquels nous consulterons la population.
Vous avez déclaré à plusieurs reprises que vous ne seriez pas candidat à la prochaine présidentielle. Le confirmez-vous ?
Pour le moment, je pense qu’il est prématuré de donner une réponse. Cela dépendra de la Constitution et du souhait de la population. Celle-ci a voulu instaurer un changement à Madagascar, et on l’a fait. Candidat ou pas, je suis persuadé que je participerai toujours au développement de Madagascar
Marc Ravalomanana vous a récemment accusé d’être une « marionnette de la France », pays qui chercherait à « asservir » son ancienne colonie. Que lui répondez-vous ?
Depuis le début de la crise, l’opposition a dit que j’étais la marionnette du président Ratsiraka (au pouvoir de 1973 à 1993 et de 1997 à 2002, NDLR). Aujourd’hui, qui peut prétendre que c’est le cas ? L’amnistie le concernant n’est pas acquise. Si j’étais la marionnette de Ratsiraka, il y a longtemps qu’il aurait dû être rentré au pays ! Je suis indépendant, libre dans mes engagements. Il n’y a pas de mal à avoir de bonnes relations avec tel État ou tel chef d’État. De là à dire que je suis une marionnette, c’est un mensonge infondé.
Estimez-vous que, durant son mandat, Marc Ravalomanana a fait preuve d’ostracisme envers la France, notamment sur le plan économique ?
Le règne de Marc Ravalomanana a été celui des monopoles économiques et des exclusivités dans les relations internationales. Tout le monde a constaté que la France, pour ne citer qu’elle, avait été mise de côté. Nous sommes prêts à travailler avec la France, et je ne vois pas de mal à dire cela. Il y a une longue histoire entre la France et Madagascar. Nous sommes prêts à travailler avec elle comme avec tous les autres pays.
Vous vous êtes rendu récemment en Libye, au Sénégal et en France, mais la communauté internationale ne reconnaît pas votre pouvoir. Pensez-vous que cette reconnaissance puisse intervenir avant des élections ?
La transition est un fait. En ce sens, on n’a pas besoin d’être reconnus, on n’a pas besoin de déclaration de qui que ce soit. Tout le monde est conscient que Madagascar doit passer par là. La plupart des chefs d’État en Afrique et ailleurs dans le monde sont conscients de la situation.
Recueilli par Laurent D’ERSU, à Antananarivo La Croix.com
Madagascar est à nouveau sur les rails
19/05/2009 18:55:00
Deux mois après la création de la Haute Autorité de la Transition, qui doit conduire le pays à de nouvelles élections en 2010, Madagascar retrouve une situation normale. En janvier 2009, un mouvement populaire mené par Andry Rajoelina, Maire de Tananarive, avait abouti au départ de l'ancien président Marc Ravalomanana. L'insurrection avait été marquée par une fusillade aux abords du palais présidentiel qui s'était soldée, le 7 février dernier, par la mort de 27 manifestants, dont des enfants et des femmes. Une période troublée s'en était suivie et la cour constitutionnelle avait mis fin à l'instabilité politique en validant la nomination d'Andry Rajoelina comme nouveau chef de l'Etat malgache. Force est de constater que le calme est revenu à Tana. Les partisans du président déchu se réunissent dans le centre ville, mais n'attirent plus les mêmes foules. Les habitants de la capitale se préoccupent d'abord de leur vie quotidienne (le smic est à 30 euros).
Dans les terres et sur les côtes, la population a pris acte de l'arrivée du nouveau gouvernement. Celui-ci prend les mesures nécessaires pour assurer la tenue des examens scolaires, le dialogue politique et la relance de l'économie.
A cet égard, les professionnels du tourisme observent une forte reprise des réservations pour la fin juin et la Foire Internationale de Madagascar a attiré du 14 au 19 mai de nombreuses entreprises et délégations : deux signes de redressement qui ne trompent pas. Source : Agence NEWS Press
EXTRAITS D’UN DOSSIER PARU SUR MADAGATE.COM
(…)
Voici ce que veut le peuple malgache
Faites-en une large diffusion au lieu de répandre des informations liées à votre propre confort.
L’actuelle HAT a pour mission d’arriver à aboutir à :
- La révision et l’actualisation des listes électorales ;
- La refonte du code électorale : cela implique l’utilisation du bulletin unique qui sera à la charge de l’administration. Autant de bulletins que d’électeurs. Ainsi, toutes les élections malgaches à venir ne seront plus l’apanage des riches. Néanmoins, l’organisation de ces élections ne sera plus confiée à l’administration (le ministère de l’Intérieur jusqu’ici) mais à une entité totalement indépendante. Enfin, que les élections ne se fassent plus en période cyclonique. Particulièrement l’élection présidentielle, toujours organisée au mois de décembre jusqu’ici. Cela arrangeait bien le pouvoir Tsiranana et les suivants qui avaient tout le loisir de bourrer les urnes, mais ce n’est plus d’actualité avec les TIC qui permettent la transmission d’informations en temps réel ;
- La mise en application du Code de la Communication : cela freinera l’ardeur des politiciens à vouloir « acheter » certains journalistes sous-payés et sous-équipés ;
- La rédaction d’une nouvelle constitution. A ce sujet, il importe de faire connaître celle que l’on va changer et d’expliquer pourquoi il faut la changer et par quoi ? Mais, dès à présent, les grands changements devront porter sur : le mandat du président à venir ; l’indépendance réelle de la justice ; la mise en place effective de la Haute Cour de Justice. Le serment fait par tous les présidents malgaches futurs, une fois cette nouvelle Constitution adoptée, de la respecter et de ne pas la toiletter, la réformer ou l’arranger pour une période minimale de 50 ans. Si nécessité il y a, on aura alors recours au système d’amendement identique à celui des Etats-Unis.
Le paradis libyen occulté par les medias occidentaux
Voilà, en gros, ce qui sera le plus bénéfique au peuple malgache et qui mettra tous les citoyens sur le même pied d’égalité, des dirigeants aux administrés. Alors, pourquoi tout le monde élude ce vrai frein au développement de Madagascar ? Tout simplement parce qu’il est bon, pour les détenteurs de capitaux, à ce que les Malgaches restent pauvres intellectuellement et monétairement. Qu’ils perdurent à vivre à leurs basques afin de mieux les asservir. Or, les richesses du pays sont toujours énormes. Les redistribuer équitablement serait une tâche difficile pour des anciens pays colonisateurs. Alors, on pratique un néo-colonialisme basé sur l’argent. Quand donc les soi-disant faiseurs d’opinion d’ici et d’ailleurs en seront-ils conscients ? il aura fallu le reportage d’une équipe de télévision malgache en Libye pour éclaircir le cerveau des téléspectateurs locaux. Quoi qu’on dise de Kadhafi (dictateur, terroriste…), aucun média occidental ne s’est jamais fait l’écho du fait que les Libyens ne paient ni eau, ni électricité, ni loyer, ni soins médicaux, ni frais de scolarité pour leurs enfants. Là-bas, l’eau de mer est transformée en eau potable. La Libye n’a nullement besoin des sous de la Banque mondiale ou du Fmi. Elle possède du pétrole, diriez-vous ? Et alors ?
20 ans d’attente, çà paie pour qui ?
Madagascar ne possède-t-elle pas de l’or, du saphir, de l’uranium, de l’ilménite, des diamants, du cobalt, du mica, du gaz naturel et même du pétrole ? Sans compter, les essences rares, le café, la vanille, les bois précieux… Mais qui les exploite ? Un seul exemple : pourquoi le régime Ravalomanana n’a pas stipulé dans le contrat avec Qmm Fort Dauphin (Filiale du géant Rio Tinto) -qui a attendu près de 20 ans pour enfin passer de l’exploration à l’exploitation-, l’obligation pour cette multinationale canadienne d’implanter une usine de transformation de l’ilménite sur place ? Idem pour le cobalt de Sheritt, avec les conséquences écologiques néfastes qui surviendront tôt ou tard sur la santé des populations riveraines de ces grands projets miniers ? Allons, allons, il est, certes, extrêmement difficile de lutter contre une multinationale mais que laisserons-nous en héritage aux Malgaches de 2030, en ne pensant qu’au temps présent ? Une terre stérile, aride, vidée de son ventre encore riche. Le peuple malgache n’est pas pauvre mais il a été appauvri à outrance par des dirigeants qui, au bout du compte, ont tous mal finis. Un colon restera un colon mais c’est à nous de démontrer que le temps béni des colonies est bel et bien terminé. Quelle que soit sa forme. Tout est question de volonté et de vision réelle pour les Malgaches qui ne sont même pas encore nés. Ne les condamnez pas déjà à survivre (…).
Andry Rajoelina, ‘’L’homme que Dieu a choisi pour protéger Madagascar’’
Invité par des proches d’Andry Rajoelina, le Président de la Haute Autorité de Transition (HAT), Patrick Giovannoni vient de passer quinze jours au Palais présidentiel de Madagascar, au début de ce mois de mai 2009. Au cours de ces deux semaines, le Président du Parti Républicain Chrétien français (PRC) a joué un précieux rôle de Conseil, alors que la Grande Île connaît un tournant politique majeur.
Dans un communiqué publié sur le site du PRC, Patrick Giovannoni présente AndryRajoelina comme «un homme de foi, rempli d’amour et déterminé à apporter une vie meilleure à son peuple» et regrette vivement qu’une minorité active le dénigre avec «force et haine». Plutôt que d’oppositions systématiques, Madagascar «a besoin que des hommes et des femmes de valeurs se lèvent pour accompagner le Président de la HAT dans sa mission» délicate et essentielle pour l’avenir de la population malgache. Et sa préoccupation actuelle consiste à préparer au mieux le pays et le terrain politique afin que les prochaines élections présidentielles puissent se dérouler démocratiquement et dans le respect de la future Constitution.
Il s’adresse à Dieu plusieurs fois par jour
«Pourquoi alors certains dépensent-ils autant d’énergie à ne pas reconnaître la légitimité du gouvernement de transition ?», s’indigne Patrick Giovannoni, avant de préciser : «Serait-ce parce que pour la première fois dans l’histoire malgache, un homme est résolu à combattre la corruption et le détournement des fonds publics ? Ou serait-ce parce qu’il a la volonté de faire profiter la population des très grandes richesses géologiques et florales dont bénéficie la terre malgache ?». Pour le fondateur du Parti Républicain Chrétien, en dépit de son jeune âge, «Andry Rajoelina est sans aucun doute l’homme de la situation. Il est l’homme que Dieu a choisi pour protéger Madagascar. Il est droit, persévérant et déterminé à honorer la confiance que lui a témoigné la population».
Plus encore, il invite tous les malgaches à «faire masse autour de cet homme, qui s’adresse à Dieu plusieurs fois par jour, pour que sa nation soit transformée» et prier pour lui «afin qu’il reste dans cette lignée». Enfin, toujours selon ses dires, «il pourrait devenir un modèle pour beaucoup d’autres pays, comme l’ont été en leur temps, Martin Luther King, Nelson Mandela, Lesh Walesa… et bien d’autres encore».
Paul OHLOTT
(Top Chrétien)
Pourquoi Ravalomanana a perdu
Colette Braeckman (photo ci-dessus) est une journaliste belge spécialiste de l’Afrique. Le 17 mars 2009, elle a publié sur son blog un entretien qu’elle a eu avec l'écrivain malgache Jean-Luc Raharimanana. Très larges extraits.
Le président malgache Marc Ravalomanana vient de démissionner et de remettre le pouvoir à l'armée. Pourquoi cet homme politique, réélu dès le premier tour il y a deux ans, se retrouve-t-il aujourd'hui poussé vers la sortie ? Retour sur les origines de la crise.
Jean-Luc Raharimanana Quelles sont les raisons qui ont conduit à la mise en cause du président ?
Colette Braeckman
Dans les régions côtières, il avait perdu tout crédit à cause de ses réformes foncières. Sous prétexte de faciliter l'accès à la propriété, le président a autorisé de nombreuses expropriations. Auparavant, deux systèmes coexistaient à Madagascar: le droit foncier traditionnel et le droit moderne. Le première repose sur l'entente villageoise et familiale : malgré l'absence de cadastre, tout le monde sait qui sont les propriétaires des terres. Déjà l'ex-président, Didier Ratsiraka, avait commencé à exproprier des terrains qui contenaient des pierres précieuses, les cédant à des entreprises privées. Alors que les gouvernements précédents toléraient la juxtaposition des deux systèmes, Ravalomanana a voulu passer en force. Récusant le système traditionnel, il avait des visées sur les terres. Afin d'installer ses propres entreprises dans les rizières, il a exproprié beaucoup de gens à Ambatondrazaka, la région qui produit le plus de riz. L'affaire Daewoo (où une superficie équivalente à la moitié de la Belgique a été cédée à l'entreprise sud-coréenne) est l'aboutissement d'une logique poussée à l'extrême... Bien sûr, on avance que 50 000 emplois vont être créés, mais si les salaires oscillent entre 20 et 50 euros par mois s'agit-il réellement d'un progrès ?
Jean-Luc Raharimanana Pourquoi la capitale était-elle hostile au président ?
Colette Braeckman
Dans le centre-ville d'Antananarivo, des gens ont été expropriés pour permettre la construction de grands boulevards. Certes, il y a eu des indemnisations dont les montants étaient fixés d'office, mais elles ont été mal gérées. Beaucoup des partisans de l'ex-maire de Tana, Andry Rajoelina, sont des gens issus de ces quartiers, mécontents d'avoir été déplacés et de ne plus pouvoir pratiquer l'économie informelle.
Jean-Luc Raharimanana Au départ, cependant, Ravalomanana incarnait un certain progrès...
Colette Braeckman
C'est exact, mais il ne tarda pas à installer son système : en 2002, alors qu'il n'était pas encore confirmé à son poste et qu'il y avait beaucoup de manifestations, il disait que, contre ses adversaires, il fallait mener la "pacification", "la chasse aux sangliers". Or, dans notre culture, le sanglier est un animal impur... Par la suite, le président a créé un véritable empire des médias, fermant des radios où des opposants pouvaient être amenés à s'exprimer, les remplaçant par des radios à lui.
Jean-Luc Raharimanana Quand l'opposition a-t-elle vraiment commencé à s'exprimer ?
Colette Braeckman
Le malaise est apparu quand le président a remplacé tous les produits de première nécessité par des produits issus de son entreprise. Les gens se disaient : "Tout ce qu'on mange ou qu'on boit vient de lui, alors que nous devenons de plus en plus pauvres." Ensuite, il a spéculé sur le riz, gardant une partie de la production jusqu'à ce que les prix grimpent. Il a alors demandé l'aide de la Banque mondiale et on a acheté du riz pakistanais, très bas de gamme, avec une odeur de produit chimique. Mais les gens sont très attachés au riz malgache, de première qualité. Ce riz-là a été, en partie, vendu à l'étranger. On a aussi remis à l'honneur une pratique qui date de la colonisation, l' "autorisation de collecte", dans laquelle les indigènes devaient demander à l'autorité coloniale de les autoriser à récolter et vendre les produits de la terre, comme le riz ou la vanille. L'idée était d'insérer toute l'agriculture dans le secteur formel, afin que l'État puisse percevoir des impôts. Le problème, c'est que cette autorisation de collecte n'était accordée qu'aux proches du président !