« La République de Madagascar n’entend pas renier son appartenance à la grande famille internationale tout comme elle ne peut pas faire fi de l’interdépendance au sein de notre village planétaire.
En cette année de la célébration du cinquantenaire de notre Indépendance recouvrée, les véritables aspirations populaires nous intiment à refuser toute compromission contre la volonté populaire et la souveraineté nationale ne sont pas négociables tout comme elles ne peuvent pas être confinées dans la sphère des calculs politiques, voire du chantage.
La détermination du peuple malgache, qui s’est manifestée dans toutes les régions du pays, a abouti à la mise en place de la Haute Autorité de la Transition.
Nous avons pris la lourde responsabilité de conduire la mise en œuvre des véritables aspirations du peuple, tout en maintenant le dialogue avec la Communauté internationale. A présent, ayant la ferme volonté d’achever cette période de transition, d’ici la fin de cette année 2010, nous misons sur toutes les forces vives de la Nation -et surtout les jeunes- pour prendre en main l’avenir du pays, afin de léguer un héritage digne de la génération future ».
Andry Nirina RAJOELINA Président de la Transition de Madagascar
MESSAGE VIDEO DE SEM LE PRESIDENT DE LA HAT ANDRY RAJOELINA LORS DE LA REUNION DE HAUT NIVEAU SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
22 septembre 2009, New York
Mesdames et Messieurs,
Le changement climatique est un phénomène scientifique indéniable et irréversible. D’aucuns le savent, le temps et le climat influent sur presque toutes les activités humaines.
De même, l’impact des émissions de gaz à effet de serre est très imprévisible, puisque les évaluations scientifiques effectuées jusqu’à ce jour ne peuvent pas encore répondre aux problématiques découlant du changement climatique, et ce, du fait de sa complexité.
Nous avons à maintes reprises pu constater à quel point les dégâts dus au réchauffement planétaire sont énormes. Il nous faudrait donc agir sans plus attendre.
Mise à part la lutte menée contre la pandémie du Sida et le paludisme, les conséquences du réchauffement climatique sapent les efforts de développement pour réduire la pauvreté et les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Bien qu’on dise que les Hommes naissent tous égaux, ils ne subissent pas de la même manière les effets dévastateurs du changement climatique. Les sécheresses accentuées, les phénomènes météorologiques extrêmes, les tempêtes tropicales et l’élévation du niveau de la mer sur une grande partie du globe, et de l’Afrique en particulier, sont autant de menaces dont les conséquences pourraient s’avérer catastrophiques pour les générations futures.
Pour ce qui est de Madagascar, c’est une île très exposée et vulnérable aux aléas climatiques. Les cyclones comptent pour 65% des catastrophes encourues et affectent en moyenne 250.000 personnes et causent 50 millions de Dollars de dégâts par évènement. Nous subissons également les conséquences des inondations ainsi que des épisodes de sécheresse.
Ainsi, conformément au Plan d’action de Madrid de 2007, nous avons intégré la gestion des risques et l’adaptation aux changements climatiques dans les secteurs socio-économiques clés comme l’agriculture, la pêche, les ressources en eau, le tourisme, avec une attention particulière à la prévention pour assurer un développement socio-économique durable.
Toutefois, à l’instar des autres pays en développement, nous manquons de moyens pour avoir accès aux technologies et aux informations nécessaires pour la prévisibilité climatique saisonnière et multiplier les possibilités d’adaptation notamment pour nos agriculteurs.
Dans le cadre de la Vision Durban, 50% des revenus générés par le projet de Réduction des Emissions liées à la déforestation et à la Dégradation ou REDD peuvent ainsi être utilisés pour financer les activités garantissant la réduction réelle de la déforestation et les 50% restants alloués au bénéfice des communautés locales.
Tout ceci résulte des engagements auxquels Madagascar a souscrits. Ce n’est donc pas la volonté politique qui manque mais ce sont les moyens qui nous font défaut.
J’aimerais saluer l’initiative louable et les efforts déployés par les Nations Unies, à travers le PNUD et le PNUE, et les autres acteurs du développement nationaux ou internationaux pour fournir des aides en vue de la réduction de notre vulnérabilité et à développer nos capacités dans plusieurs domaines, et ce à travers différents projets.
Pour terminer, je voudrais insister sur le fait que ce combat n’est pas le monopole des pays en développement puisque la planète entière est concernée. Toute la communauté internationale doit se mobiliser et s’entraider pour limiter les effets du changement climatique. Le compte à rebours pour le grand rendez vous de Copenhague a déjà actionné et la date butoir s’approche. Nous avons une obligation de résultat pour déboucher à la fin de cette année à un nouvel accord équitable à la hauteur des défis lancés à Kyoto.
Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention.