(…) Mesdames et Messieurs,
Ma plus grande priorité a été de sauvegarder la souveraineté nationale et de garantir la liberté, auxquelles nous nous attachons.
La liberté de décider, la liberté de choisir, et la liberté de convenir de l'avenir de notre pays sans aucune contrainte de quelque nature qu'elle soit.
Chers Compatriotes,
Notre pays a besoin de vrais patriotes, engagés, ayant la foi et la crainte en Dieu, la sagesse et le discernement, des hommes prêts à tout pour le développement de notre chère Nation.
Un Président est jugé par son Peuple, à travers ses actions et ses réalisations. Seuls le patriotisme et les intérêts de son Peuple devraient l'animer.
L'homme que je suis est une solution pour la Nation et non un blocage.
C'est en ce sens que je réitère aujourd'hui, devant la Nation toute entière, ma déclaration en date du 12 Mai 2010, confirmant ainsi ma décision de ne pas me porter candidat aux élections présidentielles.
Je préfère me sacrifier, plutôt que de sacrifier la Nation toute entière.
Je préfère me sacrifier, plutôt que de sacrifier les 22 Millions de Compatriotes Malagasy pris en otage.
Cette décision relève déjà d'une proposition que j'ai faîte dans le cadre des négociations de sortie de crise, depuis l'année 2009, de Maputo aux Seychelles.
J'ai tenu toujours parole et je respecterai toujours mes engagements.
Nous devons penser à Madagascar et nous focaliser sur les véritables intérêts du Peuple Malagasy.
Aujourd'hui, je me propose comme une solution pour la Nation et demain, je le serai encore. C'est ma manière de vous prouver le patriotisme qui est en moi.
Je suis pleinement conscient de l'espoir et de la confiance dont nombreux d'entre vous ont manifesté en moi. Soyez rassurés que je ne vous abandonnerai jamais, je serai toujours là.
Ne soyez pas triste, soyez optimiste et croyez en l'avenir. (…)
Extraits du discours de non-candidature du Président Andry Rajoelina
DISCOURS DE SEM Andry Nirina RAJOELINA Président de la Transition – République de Madagascar ------------ MIECF 2013 MACAO INTERNATIONAL ENVIRONMENTAL
CO-OPERATION FORUM & EXHIBITION 2013 du 21 au 23 Mars 201
------------------------
Monsieur Le Président du MICEF 2013,
Honorable assistance
Excellences, Mesdames et Messieurs.
Permettez-moi tout d’abord d’exprimer mes sincères remerciements aux autorités de Macao ainsi que les organisateurs de cet évènement pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité généreuse que vous avez réservés à la délégation Malgache depuis notre arrivée dans cette merveilleuse ville de Macao.
La Chine, en moins d’une décennie, a réussi sa transition vers l’ouverture de son marché au monde.
Actuellement, grâce au savoir-faire de tout un peuple, ce pays est devenu la seconde puissance économique mondiale et, selon un rapport de l’OCCDE de novembre 2012, pourrait bien devenir la première puissance économique de la planète en 2016.
En effet, au jour d’aujourd’hui, quels sont les domaines à travers le monde, notamment en matière de transformation et de technologie où n’existe pas le label « Made in China » ?...
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Les attentes du MIECF 2013 représentent un grand défi face aux enjeux majeurs mondiaux actuels.
L’humanité est à un moment crucial face à la crise de l’énergie et aux conséquences des changements climatiques.
Le monde, dont va hériter la génération future, est au centre des préoccupations mondiales et celles des Dirigeants.
Beaucoup de questions ont été posées au sujet des efforts et engagements des Etats :
Comment, en effet, palier au déséquilibre économique ?
Comment répondre à la crise alimentaire et mettre en priorité une vraie politique pour nourrir son peuple ?
Comment appuyer les politiques énergétiques nouvelles ?
Quelles mesures et attitudes responsables à adopter pour préserver l’environnement ?
MIECF 2013 devrait être la conférence de l’espoir, des vrais défis pour des engagements solidaires, autant pour les pays développés, qu’émergents et en développement.
Il nous est donné une part de rêve dans un monde qui semble être en pleine turbulence et dont les pas ne sont pas de la même cadence.
Le rêve de nourrir son Peuple devrait être accessible pour tous les pays,
La création d’une économie forte autour des potentiels de chaque pays, de chaque Etat est possible,
L’inventaire respectif de nos états environnementaux et de nos ressources devrait être prioritaire.
Les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d’augmenter chaque année et la lutte contre le réchauffement climatique concerne désormais chaque pays.
C’est une priorité vitale et des orientations devraient être absolument trouvées et déterminées, car c’est aujourd’hui un enjeu planétaire comme le soulignent les accords de Kyoto.
C’est un objectif qui doit être accessible pour toutes les Nations, en renforçant nos solidarités à travers des assistances, et en développant des formes de coopération innovantes, permettant ainsi un réel travail sur l’équilibre mondial.
Le développement durable, tel que nous le préconisons, est en effet une création et un entretien d’une économie inventive de la politique de prévention sociale et de la gestion équitable et visionnaire des ressources naturelles et environnementales.
Il est de ce fait indispensable, selon les principes et l’esprit de la gouvernance mondiale, de mettre la priorité sur la bonne gouvernance, et la mise en place des Institutions fortes et efficaces,
capables de créer des richesses
capables de contribuer à réduire la pauvreté
capables d’apporter des solutions sur les questions de l’Energie et des matières premières
capables de préserver l’environnement
Nous avons le devoir d’interagir à trouver les moyens de mettre en œuvre tous nos engagements en faveur du développement durable mais aussi d’accélérer son application.
Chaque Etat est individuellement engagé pour une politique globale et une approche spécifique.
Néanmoins, toutes les démarches devraient être entamées afin de renforcer la cohérence et la coordination entre les pays.
Les pays du Sud feront face à plusieurs enjeux politiques, socio-économiques qui seront différents des préoccupations des pays du Nord, de l’Est et de l’Ouest.
Mais les efforts conjugués selon ces diversités permettront d’atteindre nos objectifs communs selon les spécificités de chaque pays.
Car, si certains disposent des ressources et potentialités pour répondre facilement à la création d’une nouvelle économie, d’autres sont prédisposés pour des assistances et renforcement de capacités et bénéficieraient des plus valus en économie de partage.
Si d’autres Nations ont des avantages certains en matière de préservation de l’environnement, d’autres devront par contre bénéficier d’expertises pour répondre à la nécessité d’une gestion pérenne et la valorisation de leurs ressources.
Une vraie politique de coopération devrait donc être un levier pour répondre aux attentes pour le développement durable dans les pays émergents et en développement.
Une vraie politique axée sur la stabilité régionale, voire continentale, axée sur l’économie verte avec la préoccupation particulière concernant la sécurité alimentaire et l’optimisation des ressources minières, halieutiques, énergétiques, et forestières au profit de la population sont plus que des engagements : ce sont des devoirs.
Les Objectifs du Millénaire préconisent une dynamique mondiale pour éradiquer les fléaux de la pauvreté et des inégalités.
MIECF est un nouveau souffle pour réduire encore et davantage les écarts en matière de gouvernance et équilibrer le développement mondial.
Excellences, Mesdames et Messieurs
Etant donné que nous sommes réunis, ici, pour parler d’Environnement, en général, rappelons que, durant une trentaine d’année, la Chine avait déjà fixé un cadre politique pour la protection environnementale.
En fait, il s’agit de « trois politiques » :
Les « trois politiques » comprennent les politiques suivantes :
Premièrement, porter l’effort principalement sur la prévention et combiner bien la prévention et l’aménagement ;
Deuxièmement, ceux qui causent la pollution doivent la résoudre ;
Troisièmement, renforcer la gestion de l’environnement.
En prenant exemple sur ces politiques environnementales établies par la Chine, chaque citoyen, chaque être humain et chaque nation doit se sentir responsable de la protection de notre planète.
Car il y va de la survie même de l’Humanité.
Je vous remercie de votre aimable attention.
DISCOURS DE NON-CANDIDATURE DU PRESIDENT ANDRY RAJOELINA
Mardi 15 janvier 2013
TRADUCTION
Mes Chers Compatriotes,
Mesdames et Messieurs,
Comme je vous l'avais déjà promis mes Amis Malagasy, c'est à vous seuls que je donnerai la primeur de ma décision.
Aussi, c'est avec le cœur empli d'amour que je salue chaque foyer à travers toute la Grande Ile.
Vous m'avez fait confiance et avez mis vos espoirs en moi, depuis l'année 2009. Et c'est grâce à cela que j'ai pu diriger la Nation Malagasy, en tant que Président de la Transition.
Amis Malagasy, je suis conscient de l'affection que vous me portez. Et c'est ce qui m'a permis d'avoir la foi, le courage et la volonté de faire face à toutes les épreuves jusqu'à présent.
Votre soutien m'est tellement précieux. Et je tiens particulièrement à vous en remercier en ce jour.
J'ai donné le meilleur de moi-même afin de concentrer mes efforts pour le développement du pays.
Nous avons prouvé qu'il était tout à fait possible de bâtir et de relever les grands défis de réalisations, même en pleine période de Transition.
Cela n'a pas été facile d'autant que la signature de la Feuille de Route nous ait obligé à gouverner avec toutes les Forces politiques, y compris les opposants. Ce qui a rendu difficile la gestion des Affaires de l'Etat.
Toutefois, on a dû emprunter cette voie de l'inclusivité afin de procéder à l'organisation des élections qui seraient acceptées par tous.
Nous avons été confrontés à plusieurs contraintes mais notre détermination a primé.
Mesdames et Messieurs,
Dans la situation où se trouve Madagascar actuellement, il nous faut impérativement changer de mentalité car elle constitue la base de la refondation et du développement de notre Nation.
La mauvaise foi est source de régression.
La jalousie engendre l'hypocrisie.
L'hypocrisie entraîne la haine.
La haine conduit jusqu'à la trahison.
Durant ces 4 années de Transition, j'ai pu me faire une idée approfondie de la mentalité et des comportements de certains politiciens.
Certains sont très critiques sans qu'ils puissent proposer la moindre solution objective ni adéquate, et d'autres ne cherchent qu'à semer le trouble, voire essayer de provoquer la désunion et l'affrontement entre Malagasy.
Aucune de ces manœuvres malintentionnées n'a abouti.
Et nous rendons grâce à Dieu de nous avoir protégé.
Nous avons pu éviter la guerre civile et nous veillerons toujours à préserver l'Unité du Peuple Malagasy.
Mesdames et Messieurs,
Ma plus grande priorité a été de sauvegarder la souveraineté nationale et de garantir la liberté, auxquelles nous nous attachons.
La liberté de décider, la liberté de choisir, et la liberté de convenir de l'avenir de notre pays sans aucune contrainte de quelque nature qu'elle soit.
Chers Compatriotes,
Notre pays a besoin de vrais patriotes, engagés, ayant la foi et la crainte en Dieu, la sagesse et le discernement, des hommes prêts à tout pour le développement de notre chère Nation.
Un Président est jugé par son Peuple, à travers ses actions et ses réalisations. Seuls le patriotisme et les intérêts de son Peuple devraient l'animer.
L'homme que je suis est une solution pour la Nation et non un blocage.
C'est en ce sens que je réitère aujourd'hui, devant la Nation toute entière, ma déclaration en date du 12 Mai 2010, confirmant ainsi ma décision de ne pas me porter candidat aux élections présidentielles.
Je préfère me sacrifier, plutôt que de sacrifier la Nation toute entière.
Je préfère me sacrifier, plutôt que de sacrifier les 22 Millions de Compatriotes Malagasy pris en otage.
Cette décision relève déjà d'une proposition que j'ai faîte dans le cadre des négociations de sortie de crise, depuis l'année 2009, de Maputo aux Seychelles.
J'ai tenu toujours parole et je respecterai toujours mes engagements.
Nous devons penser à Madagascar et nous focaliser sur les véritables intérêts du Peuple Malagasy.
Aujourd'hui, je me propose comme une solution pour la Nation et demain, je le serai encore. C'est ma manière de vous prouver le patriotisme qui est en moi.
Je suis pleinement conscient de l'espoir et de la confiance dont nombreux d'entre vous ont manifesté en moi. Soyez rassurés que je ne vous abandonnerai jamais, je serai toujours là.
Ne soyez pas triste, soyez optimiste et croyez en l'avenir.
Mesdames et Messieurs,
Nous sommes à la recherche de la paix et de la sérénité.
Aussi, je pense que l'organisation des élections législatives avant celle des élections présidentielles, pourra apporter cette sérénité et cette paix tant recherchées.
Organiser des élections jumelées pourrait être source de nouveaux problèmes, comme je l'ai souvent affirmé.
Il est de mon devoir et il relève de ma responsabilité de veiller à l'organisation des élections dans les règles de l'art, sans affrontement ni contestation.
Nous pouvons y parvenir en respectant scrupuleusement le calendrier électoral pré- établi, qui court du mois de mai au mois de juillet 2013.
Mesdames et Messieurs,
Le dernier sommet extraordinaire de la Troïka de la SADC avait pour but de rechercher des solutions durables et pérennes.
Il a été convenu le maintien de tous les dispositifs afin de maintenir la paix à Madagascar et d'éviter toute prise de décision pouvant engendrer des situations de trouble jusqu'à la mise en place du Président de la IVème République.
Ma mission principale est de mener à terme cette Transition.
Il est de mon devoir de s'assurer de la tenue des élections libres et transparentes à Madagascar ; à ce que je puisse effectuer une passation de pouvoirs de manière démocratique, qui restera dans les annales de Madagascar.
D'ores et déjà, je souhaite plein succès à mon futur successeur et je m'apprête à lui remettre la clé de Madagascar.
Chers Compatriotes,
Dans quelques mois, je redeviendrai un simple citoyen comme vous mais je continuerai d'agir toujours à vos côtés.
J'aimerai exprimer ma gratitude au Peuple Malagasy.
Et je tiens à remercier particulièrement tous ceux qui de près ou de loin ont travaillé avec moi, et tous ceux qui étaient mes compagnons depuis le début de la lutte jusqu'en cette veille de la Transition.
J'exprime ma reconnaissance à l'endroit des Forces de l'Ordre, qui ont, sans relâche, fait montre de volonté et de courage dans l'accomplissement de leurs devoirs et dans la prise de leurs responsabilités.
Je ne saurai terminer sans me tourner vers mon épouse et mes enfants qui m'ont toujours soutenu dans les moments les plus difficiles. Merci.
Je remercie également tous ceux qui m'ont harcelé et qui n'ont cessé de m'attaquer personnellement. Au contraire, leurs démarches m'ont poussé à faire mieux et davantage.
De tout cœur, merci infiniment.
Mes Chers Concitoyens Malagasy,
Les dirigeants passent mais toutes nos actions resteront à jamais inscrites dans l'Histoire. Laissons un bon héritage à nos générations futures.
Je lance un appel à tous pour un changement radical de comportement et d'état d'esprit. Que cesse à jamais la culture de la haine et du dénigrement.
Enfin, pour conclure, je ne saurai remercier tous ceux qui ont porté en prière notre Nation.
Que la Volonté de Dieu soit faite,
Madagascar m'est si chère,
La Patrie est sacrée !
Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre aimable attention.
DISCOURS DU PRESIDENT ANDRY RAJOELINA
Iavoloha, Mercredi 09 janvier 2013
TRADUCTION LIBRE
Mes Amis Malagasy à travers toute la Grande île,
C'est avec le cœur empli de joie et l'esprit ravivé de bonheur que nous
sommes tous réunis, ici, en ce mois de janvier de la nouvelle année
2013.
Il nous faut remercier et louer, en premier lieu, le Seigneur
Tout-Puissant, Maître de toutes les choses et de notre destinée. Honneur
et Gloire à Lui, au plus haut des Cieux !
Félicitations à tous les Malagasy, sans exclusive; félicitationsà chaque foyer, et félicitations au peuple de Madagascar sans exception
ainsi qu'à vous tous, présents en ce lieu, à l'occasion du Nouvel an.
Nous vous remercions, mon épouse et moi-même, des voeux que vous venez
de nous adresser.
Puissent les heurts et malheurs disparaître avec l'année qui vient de
s'achever et souhaitons que ce Nouvel an apporte bienfaits et réussiteà chacun de nous. Que 2013 bénéficie de la Bénédiction divine pour la
Nation Malagasy, tous les jours des 12 prochains mois que nous allons
traverser!
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Cela fait quatre annés, à présent, que nous nous efforçons d'emprunter
la voie du Changement. Nous avons lutté pour tenter de parvenir à cet
objectif. Cela, sans toutefois tomber dans le piège infernal de la
guerre civile.
La route était parsemée d'embûches de toutes sortes: un vrai chemin de
calvaire jonché de croche-pieds, certains voulant à tout prix nous
imposer des ordres concernant l'itinéraire à suivre.
La véritable valeur de notre lutte pour la liberté était, est et sera
toujours hors de portée de l'esprit de ceux qui n'auront rien fait que
de subir en se croisant les bras.
Et pour démontrer à quel point l'idéologie et ses bases qui nous
guident sont précieuses; pour asseoir notre volonté à mettre en place ce
Changement auquel nous aspirons, nous devons sans cesse nous dresser,
nous relever.
Car, pour nous, la Liberté n'a pas de prix:
Liberté de prise de decision,
Liberté de choisir,
Liberté de tracer notre propre route,
Liberté d'élaborer notre propre vision de développement pour sa mise
en oeuvre à Madagascar,
Liberté de décider de gérer nos ressources et richesses propresà notre manière.
Que vous, moi, nous tous soyons jaloux de cette Liberté.
Cependant, mes Amis Malagasy, vous devez savoir que des menéesà caractère de politique politicienne, machiavéliquement élaborées
actuellement par certains esprits malintentionnés, nous empêchent
d'avoir les coudées franches pour avancer vers notre objectif.
A mon sens personnel, les Malagasy ont le droit de choisir qui ils
veulent. Et ce ne sont pas une, deux ou une poignée d'individus,à l'intérieur ou à l'extérieur du pays qui pourront s'arroger le pouvoir
de décider de la conduite à mener pour diriger notre pays, et de décider
qui le dirigera.
Pouvons-nous l'accepter? Pouvons-nous fléchir face à cela?
NON. Nous ne pouvons pas l'accepter, nous ne pouvons pas fléchir parce
que notre souveraineté nationale ne se brade pas !
Certains oiseaux de mauvais augure n'avaient-ils pas prédit que la
durée du pouvoir de Transition ne dépassera pas une année, sans l'aide
de la Communauté internationale?
Or, il a été prouvé que, durant ces presque 4 années, la machine
administrative du pays a tourné sans grain de sable majeur.
Seuls ceux qui se sont bouché les oreilles, ceux qui ont fermé sciemment les yeux refusent d'admettre que des efforts ont été faits.
Nous avons construit, nous avons bâti et nous avons laissé un héritage
durable aux générations à venir.
52 ans après le retour de l'Indépendance, c'est bien la première fois
que 8 hôpitaux aux normes internationales ont été construits
simultanément, à travers tout Madagascar.
Il faut nous rappeler que la construction de l'hôpital d'Antsiranana
remonte à 1899, c'est-à-dire il y a 113 ans.
N'est-ce pas la preuve que nous sommes en train de mettre en place le
véritable développement régional ? Quand bien même nous sommes
actuellement dans une période de transition.
Aucune région n'a été oubliée : que ce soit au Nord, au Sud, à l'Est,à l'Ouest, au Centre, chaque région a été dotée de ces nouvelles
infrastructures hospitalières.
Qui osera encore déclarer l'inutilité des hôpitaux? Des hôpitaux pour
soigner et guérir le peuple. Des hôpitaux pour sauver des vies; des
hôpitaux pour traiter diverses maladies.
Effectivement, il existe plusieurs maladies à traiter à Madagascar.
Malheureusement, il s'agit de maladies qui minent notre pays, les
maladies de certains politiciens, quasi-incurables, comme:
La maladie mentale fixée sur ses propres intérêts,
La maladie du coeur qui bat pour chercher tous les moyens pour diviser
les Malagasy,
La maladie du ventre gargouillant de tous les abus de pouvoir,
La maladie d'estomac de l'égoïsme exécrable,
La maladie de la vision corruptive (car dès qu'il y a une odeur
d'argent, ils deviennent subitement aveugles),
La maladie du pouvoir absolu (même si elle mène à une mort certaine,
elle leur semble irrésistible).
Si, depuis tout ce temps, nous n'avons pas avancé d'un pouce, et que
nous continuons à patauger dans un bourbier jusqu'à présent, c'est parce
nombreux sont encore ceux qui ne possèdent ni ne connaissent la bonne
foi, la sainteté de l'esprit, le patriotisme.
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Tournons vers le domaine sportif en général.
Nous venons d'être sacrés Champions d'Afrique de rugby. C'est un évènement à marquer d'une pierre blanche dans l'Histoire de notre pays!
Ne pas encourager nos sportifs, nos athlètes; ne pas les motiver pour
qu'ils fassent encore mieux; ne pas les aider dans leurs efforts
constants, signifie étouffer le feu de la fierté qui se trouve ancré en
eux.
Et c'est pour les encourager et les motiver que nous avons construit le
Temple du rugby à Andohatapenaka. Un terrain que quelqu'un avait destiné pour ses intérêts personnels, rappelons-le nous. Mais actuellement, y
trône une infrastructure destinée aux générations présentes et à venir.
Pour rappel, c'est en 1937 qu'a été construit le Stade Malacam, seul et
unique terrain de rugby existant à Madagascar. Et un terrain qui n'a
jamais pu permettre l'organisation de matches de niveau international.
C'est 75 ans après que le rêve de posséder un Temple de rugby aux
normes internationales, est devenu réalité. Infrastructure qui recevra,
en 2014, la Coupe du monde de rugby catégorie junior. Ce qui n'est pas
négligeable!
Lorsque les résultats sont palpables, incontestables, il est de notre
devoir d'appuyer financièrement et matériellement nos sportifs et nos
athlètes. Surtout lorsqu'ils sont parvenus à remporter une Coupe du
monde.
Alors qui osera encore dire que le Temple du rugby ou “Kianja Makis” est inutile? Et qu'il était tout aussi inutile d'aider les joueurs de
notre équipe nationale?
Si nous nous tournons vers le domaine de la Culture en général, la
construction d'un grand complexe à vocation artistique est une grande
première à Madagascar. Il s'agit du COLISEUM DE MADAGASCAR, unique dans
cette partie de l'océan Indien et le plus grand de l'Afrique australe.
Ce n'est que de nos jours que le sort des artistes Malagasy, en
général, fait l'objet d'attentions aussi particulières.
Qui osera encore dire que les artistes Malagasy ne méritent pas ces
attentions? Nous nous sommes également penchés sur le sort des étudiants
de l'enseignement supérieur. Ainsi, toutes les universités des six
provinces bénéficient, à présent, d'une résidence construite en dur
(“Tranobe fonenan'ny mpianatra”).
Faisant suite à la reconstruction de l'hôtel de ville d'Antananarivo,
celui de la ville de Toamasina, réhabilité aux normes internationales,
sera inauguré la semaine prochaine.
Par ailleurs, des centaines de villas mises en location-vente, et
destinées aux jeunes ménages, ont été construites dans toutes les
provinces.
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Dans le domaine des Finances, nous avons pu rembourser, jusqu'à présent, toutes les dettes étouffant la Nation Malagasy.
Nous n'avons jamais utilisé la planche à billets et nous avons également pu maintenir de manière constante le taux et la valeur de
l'ariary vis-à-vis des devises étrangères.
Ry Malagasy havako,
Il y a quatre ans, nous avons su, nous nous sommes préparés
psychologiquement au fait, que la route menant vers la “Construction” et
le “Changement”, serait difficile et pavée de pièges. Actuellement, la
vie de la Nation se trouve à un tournant crucial de son parcours.
Personne ne pourra dire ou oser dire que nous n'avons rien fait.
Malgré les embûches de toutes les sortes, malgré les campagnes de
dénigrement, nous avons pu oeuvrer sans relâche et avons fourni de gros
efforts. Les quolibets et les sarcasmes retourneront toujours vers leurs
auteurs car, nous, notre leitmotiv demeure: notre réponse aux réactions
stériles sera toujours des actions concrètes et palpables.
On nous a enlevé les aides ; on nous a enlevé les financements
extérieurs; on nous a enlevé jusqu'à la reconnaissance. Mais il existe
une chose que rien ni personne ne pourra nous enlever, à nous Malagasy:
le Patriotisme.
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Nous avons instauré une politique d'austérité au niveau du Trésor
public, et nous avons amélioré notre système de gestion afin d'éviter
toute gabégie et toute dépense inutile.
Pour résumer: nous avons travaillé de toutes nos forces pour relever
des défis, et ils ont été réalisés, les objectifs ont été atteints.
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Depuis quelques temps, la question sur les droits de l'homme fait
l'objet d'un véritable matraquage.
La question qui se pose est: sur quoi reposent exactement ces droits de
l'homme que nous devons respecter?
Le respect des droits de ces dahalo qui pillent et tuent sans
discernement ? Ou le respect des droits des populations innocentes qui
font l'objet d'attaques aveugles et sanglantes?
Les forces de l'ordre ont pris leurs responsabilités au péril de leur
vie pour protéger les personnes et leurs biens. Or, un mystère plane car
certains semblent jubiler du fait que Remenabila [chef des dahalo] n'a
pas encore été capturé.
Comme certains jubilent du fait que l'application de l'AGOA est
toujours suspendue. Ce qui a des impacts directs sur le quotidien de
nombreux Malagasy devenus chômeurs depuis 4 ans.
Est-ce la traduction, dans la vie réelle, du dicton; “le malheur des
uns fait le bonheur des autres”?
Voilà le genre de maladie qui gangrène notre Nation. Mais c'est la
mentalité qu'il faut absolument guérir. Cette mentalité trouve sa source
dans une vision de dépendance vis-à-vis de l'extérieur : mettre en
pratique des idées contraires à la culture, au savoir Malagasy.
Ainsi, par exemple, parce que le mariage entre homosexuels et/ou
lesbiennes est permis dans certains pays à l'extérieur, il faudrait
aussi que cela soit autorisé à Madagascar, par respect des droits de
l'homme?
Il en est de même en ce qui concerne la paix sociale.
La liberté est-elle synonyme d'anarchie? A quoi servent les médias?
A diviser et à inciter au tribalisme ou à éduquer, à former la
population?
A apprendre à se rebeller et à fabriquer des bombes artisanales ouà servir de plateforme d'informations?
A déverser des insultes ou à apprendre aux gens le respect?
A éduquer ou à tromper le peuple en lui lavant le cerveau?
Dans ce domaine des médias en général, il existe des organismes et des
textes dans notre pays, destinés à régir et catalyser toutes les
dérives.
Ry Malagasy Namako,
A chacune de mes interventions, je rappelle qu'il est tout à fait
possible d'augmenter le niveau de vie du peuple Malagasy avec nos
ressources et nos richesses propres.
Ce que les Malagasy ont attendu des politiciens, particulièrement ceux
qui dirigent, c'est de trouver tous les moyens pour une redistribution équitable de nos ressources terrestres, souterraines et halieutiques
pour développer la Nation. Et non pas de laisser nos richesses
exploitées par des entreprises étrangères ou même par des nations
extérieures.
Il est de mon devoir, mes Amis Malagasy, de vous faire part du combat
que nous devons mener, actuellement, pour protéger nos ressources
nationales.
Saviez-vous alors que l'exploitation du nickel et du cobalt -qui font
partie du trio de tête de nos richesses-, ne rapporte au peuple Malagasy
que 1% sur les véritables bénéfices engrangés ?
Cette exploitation rapporte annuellement 1,5 milliards de dollars. Or,
seulement 15 millions de dollars reviennent au peuple Malagasy. Cela sur
un investissement total initial de 5 milliards de dollars officiellement
publié.
En faisant un rapide calcul mental, après seulement 3 ou 4 ans, le prix
de revient est largement recouvert et les bénéfices seront pharaoniques
pour les sociétés qui exploiteront durant des années encore après.
Est-ce que cela est juste et équitable, selon vous?
Il ne s'agit que d'un exemple concernant les contrats signés par les
précédents dirigeants de ce pays! Et je vous le révèle aujourd'hui:
c'est parce que je refuse ce genre de contrat que je fais l'objet de
pressions de toutes parts.
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Lorsque les dirigeants ne volent pas, lorsqu'ils pratiquent la bonne
gouvernance, lorsqu'ils n'accumulent pas des richesses publiques à leur
profit personnel, ils peuvent, avec les moyens à leur portée, réaliser
beaucoup de projets en un court laps de temps.
Que dire alors si nous parvenons à mettre en place une nouvelle
politique durable concernant la gestion des ressources naturelles et
minières dont regorge notre pays?
Heureusement qu'aujourd'hui, certains pays sont prêts à travailler avec
nous dans un partenariat où priment l'équitabilité et les intérêts du
grand nombre. Dès lors, il nous appartient de choisir avec lequel de ces
pays allons-nous travailler en ce sens.
Ry Malagasy Namako,
Les dirigeants ne feront jamais que passer mais les réalisations
demeureront toujours.
Nous devons donc continuer à construire.
Nous sommes tous conscients des problèmes de circulation automobile
dans la Capitale. Nous devons absolument y trouver une solution pérenne.
Et c'est ici que je vous annonce avec joie que nous allons construire
une nouvelle artère qui reliera la Capitale à l'aéroport international
d'Ivato.
Ce projet débutera en février prochain et est prévu s'achever dans
quelques mois. Certains demanderont d'où viennent les financements? Je
réponds: ce ne sera pas de l'argent volé ou emprunté. Il s'agira de nos
ressources propres émanant d'une gestion saine des deniers publics.
Par ailleurs, je réitère ma promesse concernant le Centre national
professionnel des Sports. Il sera également construit et, dès demain, je
vais recevoir des responsables venus de l'extérieur pour voir avec eux
tous les détails techniques.
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Depuis trois ans, le salaire des fonctionnaires a été augmenté de 10%
annuellement. Au total donc, il y a eu une augmentation de 30% durant
cette transition.
Je reste persuadé qu'il est encore possible, cette année, d'augmenter
de 10% ce salaire des fonctionnaires.
Et puisque nous avons mis en place un gouvernement d'union nationale,
basé sur le partage des responsabilités, je me tourne vers vous,
Monsieur le Premier ministre et Messieurs les ministres concernés, pour
que vous vous penchiez sur le meilleur moyen de mettre en pratique cette
augmentation.
Par ailleurs, puisque cela est une coutume, en cette période de
l'année, certains concitoyens qui ont dévié du droit chemin et qui ont été emprisonnés, bénéficieront d'une grâce.
Ainsi, les condamnés à moins de 5 ans qui ne l'ont pas été pour crime
grave, bénéficieront d'une remise de peine comprise entre deux et six
mois.
Pour les prisonniers âgés de 70 ans et plus, n'ayant commis aucun crime
grave, je demande au tribunal de les libérer sans conditions pour qu'ils
retournent auprès de leur famille respective.
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Nous sommes tous prêts pour la réalisation des élections qui auront
lieu cette année.
Cela signifie que la Transition arrive à son terme et que nous allons
parachever la mise en place des institutions de notre IVè république.
Déjà, je remercie tous les responsables à tous les niveaux, tous les
citoyens sans exclusive, qui se sont donné et vont encore se donner la
main pour l'organisation de ces élections soit impeccable.
Je suis persuadé et demeure confiant qu'un avenir radieux s'offre à nous et que tout ce qu'il a de meilleur nous attend.
Que cette nouvelle année 2013 soit l'Année de l'Unité!
Que la Volonté de Dieu soit faite.
La Patrie est sacrée.
Misaotra Tompokolahy, Mankasitraka Tompokovavy!
MESSAGE A LA NATION DE M. ANDRY RAJOELINA
PRESIDENT DE LA TRANSITION DE MADAGASCAR
Lundi 31 décembre 2012
TRADUCTION LIBRE
Malagasy mes Amis à travers toute l'île,
Dans quelques heures, l'année 2012 va s'achever. Beaucoup de choses se sont passées durant cette année qui arrive à son terme.
Il y a eu ce que nous avons pu constater de visu et que nous avons inauguré malgré les embûches semées tout le long cette année écoulée.
Des embûches qui se dressent jusqu'au jour d'aujourd'hui.
Néanmoins, c'est drapés de Courage, de Volonté et d'une Foi inébranlable que nous avons pu réaliser tous les défis que nous avions relevé.
Nous avions effectivement relever des défis, et c'est sans ambages que nous pouvons affirmer que les objectifs sont atteints, parce qu'actuellement, nous commençons à récolter les fruits des bons grains que nous avons semés, si nous ne parlons que des nombreuses infrastructures à vocation sociale qui ont été érigées.
Malagasy mes Amis,
Il est désormais prouvé que le développement régional n'est pas un vain mot, car:
Nous avons pu construire et faire fonctionner huit (08) hôpitaux aux normes internationales à travers Madagascar,
Des centaines de villas mises en location-vente (“Trano Mora”) ont été construites à travers la Grande île,
Il en est de même pour toutes les universités, dotées chacune de nouvelles cités (“Trano be Fonenan'ny Mpianatra”),
Le monde entier est, à présent, informé que le Coliseum de Madagascar, à Antsonjombe, n'est pas resté une promesse sans lendemain, mais est devenue une réalité: la plus grande infrastructure socio-culturelle de l'Afrique australe et de cette région sud-ouest de l'océan Indien,
Mais le Temple du rugby baptisé “Kianja Makis”, construit à Andohatapenaka, n'est pas en reste,
Dans notre démarche de montrer la voie aux dirigeants pour un redressement drastique de notre compagnie aérienne nationale, nous avons concentré nos efforts pour doter Air Madagascar de deux Airbus A-340.
En résumé:
Nous avons déployé beaucoup d'efforts,
Nous avons construit et bâti,
Et nous avons laissé un héritage durable aux générations futures.
Tout cela, dans une période difficile, comme une transition, et sans l'aide de financements extérieurs.
Mesdames et Messieurs,
Toutefois, la perfection n'étant pas de ce monde, il y a des lacunes que nous devrons combler ensemble.
Ainsi de :
L'abus de pouvoir qui transparaît toujours de la part de certains responsables au niveau de chaque échelon,
Notre impossibilité de nous être fixés sur la création d'emplois en raison de la définition même de ce qu'est une période transitoire.
Période temporaire que nous vivons encore,
La corruption dont nous devrons extirper les racines profondes,
Le manque de transparence en matière de concours administratifs.
Tout cela demande des efforts fournis et continus.
Dans le domaine de la sécurité, les Dahalo ont démontré une forme nouvelle de terrorisme, particulièrement dans le Sud.
En effet, les populations ont été réellement terrorisées. Beaucoup ont perdu tous leurs biens si d'autres y ont laissé la vie. Toutefois, nous pouvons affirmer que, dans le Sud, la vie a repris son cours normal à l'heure actuelle.
Ici, je tiens à féliciter personnellement les éléments des forces de l'ordre qui ne se sont pas ménagés pour assumer leurs devoirs et accomplir la mission que leur a confiée les instances gouvernementales de la Transition.
Ils ont laissé femmes et enfants des mois durant et, malheureusement, certains d'entre eux sont morts en service commandé.
Si nous nous sentons vraiment Malagasy, nous devons encourager ces éléments de nos forces de l'ordre au lieu de les blâmer comme le font certains hauts responsables dont les propos ne font qu'envenimer la situation et donner un coup de fouet aux actes de banditisme, actuellement.
Mesdames et Messieurs,
L'Etre humain se trouve toujours face à des choix :
Union ou désunion ?
Haine ou Amour ?
Poings serrés ou main dans la main ?
Détruire et ruiner ou bâtir et construire ?
Reculer ou avancer ?
A l'aube de la nouvelle année 2013, moi, vous, nous tous ensemble, avons besoin de nous concentrer sur tous ces choix et leurs conséquences.
Et c'est justement en ce dernier jour de l'année qu'arrivent le moment de l'introspection et l'heure du bilan.
Aussi, j'appelle tout un chacun, sans exception, à se pencher consciencieusement sur tout ce qu'il a ou n'a pas accompli durant l'année écoulée et à prendre des résolutions pour l'année à venir.
Nous Malagasy, avons notre savoir-faire et également la Foi et la Confiance en Dieu.
Et c'est pour cette raison que j'ai la foi et la confiance que cette nouvelle année 2013 sera accueillie par des Malagasy qui s'aiment mutuellement, des Malagasy unis, des Malagasy qui se donnent la main pour bâtir un nouveau Madagascar dans un environnement social tout aussi neuf.
Malagasy, mes Amis,
Je ne saurais clore ce message sans me tourner vers :
Ceux qui se sentent seuls, isolés,
Les orphelins,
Ceux qui ne sont pas en bonne santé,
Ceux sans défense, livrés à eux-mêmes,
Vous, mes Amis Malagasy, qui vivez dans l'anxiété et la souffrance pour diverses raisons.
A travers ce message simultanément télévisé et radiodiffusé, je viens dans chacun de vos foyers pour vous souhaiter une fin d'année sereine et emplie de confiance en l'Avenir. Que cette année nouvelle nous apporte, à tous, des lendemains irradiés de joie, de bonne santé et de réussite.
Enfin, en cette veille du nouvel an 2013, je souhaite tout le bonheur possible à chacun d'entre vous, ainsi qu'à toutes vos familles respectives.
Que la miséricorde de Dieu soit sur nous tous et qu'Il nous protège.
LA PATRIE EST SACREE !
Misaotra Tompokolahy, Mankasitraka Tompokovavy !
Jeudi 20 Décembre 2012: Interview du Président RAJOELINA sur RFI
DISCOURS DU PRESIDENT DE LA TRANSITION SEM ANDRY NIRINA RAJOELINA CELEBRATION DU DEBUT DE LA PRODUCTION ET DE L'EXPORTATION DE NICKEL ET DE COBALT D'AMBATOVY Toamasina - Vendredi 05 Octobre 2012
Excellences, Honorable assistance, Mesdames et Messieurs,
Cette journée est à marquer d'une pierre blanche, elle marque le démarrage de la première exploitation et de la première production de minerais d'Ambatovy, dans notre pays.
Ce projet d'exploitation du Groupe SHERITT est certes, une fierté pour ses actionnaires et ses employés, mais aussi et surtout, une fierté pour la Nation malgache, car Madagascar sera le deuxième pays producteur mondial de NICKEL & de COBALT.
Dieu nous a doté de ressources naturelles, ainsi que d'autres richesses minières, marines et souterraines, et le début de cette extraction en est la preuve.
Malgré le contexte difficile que traverse le pays, le Groupe SHERITT a continué d'investir et faire confiance à Madagascar.
Ma présence ici aujourd'hui confirme que la Transition/ l'Etat Malagasy, soutient et accompagne pleinement ce projet. Mais il est de notre devoir de veiller à l'intérêt de Madagascar, de son peuple, et surtout d'assurer un avenir plus prometteur pour la génération future.
Les exploitations devraient générer des bénéfices et des impacts positifs pour le pays dans la création d'une économie forte à travers nos potentiels.
Nous recherchons ainsi des formes de coopérations innovantes et de partenariat gagnant-gagnant permettant ainsi à un réel résultat pour un développement durable.
Le peuple malgache est un peuple patient, mais c'est un peuple qui n'a que trop attendu, trop souffert, mais qui continue d'espérer, qui continue au fond d'eux de vouloir voir ce pays se développer.
Le rêve d'un pays prospère devrait être accessible pour chaque citoyen.
Il est de ce fait primordial de relever le défi, comme je l'avais toujours dit, de créer notre richesse, à travers nos propres richesses car ce projet devrait contribuer à réduire la pauvreté, d'apporter des solutions par rapport aux attentes de la population, sans oublier de préserver l'environnement.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
J'en appelle donc à tous les Responsables Etatiques de faire en sorte de servir, et de ne servir, que les intérêts communs, et d'agir pour le bien de la Nation.
Je tiens à préciser que l'Etat Malagasy est la avant tout pour défendre les intérêts nationaux, et non des intérêts personnels. J'exhorte quiconque d'avoir le courage de dénoncer ceux qui auraient perpétrés des actes de corruption en usant ou en abusant de leurs fonctions et prérogatives.
Au nom de la transparence, je voudrai annoncer au peuple malgache qu'en ce début d'exploitation, le Groupe SHERITT a octroyé 25 Millions de dollars, que nous pourrons investir dans des actions touchant directement la population, notamment et en priorité, l'amélioration des infrastructures, la santé, l'éducation et l'agriculture.
Par ailleurs, un dépôt de 50 Millions de dollars a été mis en réserve par le Groupe SHERITT, comme garantie, pour pallier à toutes éventuelles dégradations environnementales.
Sur le long terme, des retombées financières avantageuses devraient nous permettre d'atteindre nos objectifs pour le bien être de la population, à savoir entre autres :
L'accessibilité aux soins de base dans les hôpitaux publics. Nous considérons qu'il n'y a pas plus importante que la vie, c'est une philosophie mais c'est aussi ma vision, nous devrions faire en sorte donc que les soins soient à la portée de tous car j'ai vu, j'ai entendu souvent, très souvent, qu'on meurt dans nos hôpitaux quand on n'a pas les moyens,
L'auto-suffisance alimentaire est une priorité d'où l'agriculture intensive en assurant la promotion de la filière « riz » en particulier.
Madagascar est un pays en construction.
Nous sommes des bâtisseurs et nous allons bâtir ensemble le nouveau Madagascar.
Je salue ce projet qui nous permet à tous d'aller de l'avant.
Longue vie à Sheritt, Masina ny Tanindrazana.
Je vous remercie de votre aimable attention.
26 SEPTEMBRE 2012: DISCOURS DU PRESIDENT ANDRY
RAJOELINA A L'ONU
CONFERENCE DES NATIONS UNIES SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE 20-22 JUIN 2012, RIO DE JANEIRO, BRESIL ------------------------
DISCOURS DE SON EXELLENCE MONSIEUR ANDRY NIRINA RAJOELINA, PRESIDENT DE LA TRANSITION A LA SEANCE PLENIERE DU 21 JUIN 2012
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Excellence Madame la Présidente de la République Fédérale du Brésil, Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernements, Monsieur Le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Le Président de l'Assemblée Générale, Monsieur Le Président de la Conférence, Distingués Dignitaires, et Représentants des pays Amis et Frères,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
D'emblée, je dois avouer que le Brésil est non seulement le champion du monde du football, mais également un vrai champion de la qualité et la chaleur de l'accueil et de l'hospitalité.
Mes premiers mots vont donc à l'endroit de cette terre d'accueil qu'est le Brésil, de son Peuple et de toutes les Autorités brésiliennes pour vos engagements et générosité mais aussi à la ville de Rio de Janeiro, aujourd'hui, devenue la Capitale de nos projections communes pour un monde plus juste, le bien être et la prospérité de la génération future.
Au nom du Peuple Malagasy, je tiens à vous féliciter de votre persévérance en vue de faire de ce Sommet, une réussite.
Auguste Assemblée,
Les résolutions et les attentes de Rio+20 représentent le plus grand défi face aux enjeux majeurs mondiaux actuels. L'humanité est à un moment crucial devant les multiplications des crises économiques et financières, face à la crise de l'énergie et les conséquences des changements climatiques.
Le monde dont va hériter la génération future est au centre des préoccupations mondiales et celles des Dirigeants.
Beaucoup de questions ont été posées au sujet des efforts et engagements des Etats :
Comment, en effet, palier au déséquilibre économique ?
Comment répondre à la crise alimentaire et mettre en priorité une vraie politique pour nourrir son peuple ?
Comment appuyer les politiques énergétiques nouvelles ?
Quelles mesures et attitudes responsables à adopter pour préserver l'environnement ?
Rio+20 devrait être la conférence de tous les espoirs, des vrais défis pour des engagements solidaires, autant pour les pays développés, qu'émergents et en développement.
Il nous est donné une part de rêve dans un monde qui semble être en pleine turbulence et dont les pas ne sont pas de la même cadence.
Le rêve de nourrir son Peuple devrait être accessible pour tous les pays.
La création d'une économie forte autour des potentiels de chaque pays, de chaque Etat est possible.
L'inventaire respectif de nos états environnementaux et de nos ressources devrait être prioritaire.
Cette part de rêve doit être accessible pour toutes les Nations en renforçant nos solidarités à travers des assistances, et en développant des formes de coopération innovantes permettant ainsi un réel travail sur l'équilibre mondial.
Le développement durable, tel que nous le préconisons, est en effet une création et un entretien d'une économie inventive de la politique de prévention sociale et de la gestion équitable et visionnaire des ressources naturelles et environnementales.
Il est de ce fait indispensable, selon les principes et l'esprit de la gouvernance mondiale, de mettre la priorité sur l'établissement de la bonne gouvernance, de la mise en place des institutions fortes, efficaces et
capables de créer des richesses
capables de contribuer à réduire la pauvreté
capables d'apporter des solutions sur les questions de l'Energie et des matières premières
capables de préserver l'environnement
Nous avons le devoir d'interagir à trouver les moyens de mettre en œuvre tous nos engagements en faveur du développement durable mais aussi d'accélérer son application. Chaque Etat est individuellement engagé pour une politique globale et une approche spécifique.
Néanmoins, toutes les démarches devraient être entamées afin de renforcer la cohérence et la coordination entre les pays, les Nations Unies et les Institutions financières.
Ce cadre institutionnel spécialisé et autonome aura pour seul mandat la promotion des objectifs la mise en application et le suivi de la mise en œuvre des différentes décisions.
Il s'agit également de lui doter d'un outil d'évaluation des plans et programmes ; il devrait répondre aux vrais défis mondiaux pour atteindre le développement durable.
Les pays du Sud feront face à plusieurs enjeux politiques, socio-économiques qui seront différents des préoccupations des pays du Nord.
Mais les efforts conjugués selon ces diversités permettront d'atteindre nos objectifs communs selon les spécificités de chaque pays.
Car, si certains disposent des ressources et potentialités pour répondre facilement à la création d'une nouvelle économie, d'autres sont prédisposés pour des assistances et renforcement de capacités et bénéficieraient des plus valus en économie de partage.
Si d'autres Nations ont des avantages certains en matière de préservation de l'environnement, d'autres devront par contre bénéficier d'expertises pour répondre à la nécessité d'une gestion pérenne et la valorisation de leurs ressources.
Une vraie politique de coopération Sud-Sud devrait donc être un levier pour répondre aux attentes pour le développement durable dans les pays émergents et en développement.
Une vraie politique axée sur la stabilité régionale, voire continentale, axée sur l'économie verte avec la préoccupation particulière concernant la sécurité alimentaire et l'optimisation des ressources minières, halieutiques, énergétiques, et forestières au profit de la population sont plus que des engagements : ce sont des devoirs.
Les Objectifs du Millénaire préconisent une dynamique mondiale pour éradiquer les fléaux de la pauvreté et des inégalités. Rio+20 est un nouveau souffle pour réduire encore et davantage les écarts en matière de gouvernance et équilibrer le développement mondial.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Madagascar attache une valeur particulière à l'aspect humain du développement. Nous sommes aussi sensibles aux questions de la sécurité alimentaire mais la préoccupation majeure est au sujet de la gestion durable de l'environnement, de l'optimisation de l'eau et du lancement d'une politique nouvelle d'énergies renouvelables.
Les hommes, femmes et citoyens sont les principaux facteurs du développement durable, ce qui suppose d'agir dans le respect des droits, de stimuler la fierté nationale, la mobilisation pour une cause commune et avoir comme impératif : « une vision commune et à long terme pour le bien-être de tout un chacun et l'avenir des générations futures ».
Les agriculteurs constituent 80% de la population Malagasy, mais c'est également une population jeune dont 70% ont moins de 30 ans. L'éducation joue donc un rôle majeur pour atteindre les Objectifs du Développement Durable.
Les citoyens responsables sont les vrais moteurs du progrès. Ils doivent être sensibilisés sur les enjeux des déforestations, des gaspillages de l'énergie et les dangers d'une dilapidation de nos ressources.
En ce qui concerne Madagascar, le maintien d'un climat social favorable à la production passe forcément par la stabilité politique. C'est la raison de la nécessité absolue d'organiser, en priorité, les élections libres et transparentes dans les meilleurs délais qui reflètent l'aspiration du Peuple Malagasy.
Pendant cette période de Transition, l'accessibilité à l'alimentation de la population la plus vulnérable est une préoccupation permanente.
L'Etat assure son rôle de prévention en octroyant des subventions pour le riz et les produits de premières nécessités au profit des franges ciblées de la population sur le court terme.
Notre objectif, notre vision, notre ambition : « Que Madagascar soit capable de nourrir son Peuple et de reprendre sa place en matière agricole comme dans les années 60/70 et devenir le grenier de la Région de l'Océan Indien et du Continent Africain » en optant aujourd'hui sur le modèle de l'économie verte et l'agriculture intensive.
Le Brésil a montré la voie pour ce nouveau siècle dont je salue le courage et la persévérance.
L'Afrique, en général, et Madagascar en particulier, traduit sa prise de conscience sur la nécessité de promouvoir l'agriculture comme un des facteurs de réduction de la pauvreté afin d'atteindre les Objectifs du Développement Durable.
Nous devrons relever les défis face aux réalités de la déforestation, les feux de brousse, l'érosion côtière et les catastrophes naturelles dont les passages de cyclones d'où la nécessité de l'appui à la gestion durable des forêts, la sécurisation des aires protégées à travers une application effective et efficace de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le changement climatique.
Madagascar dispose d'un « Capital Nature ». Il est classé parmi les pays à méga diversité. « Ce Capital Nature » représente un réservoir immense de ressources et d'energies renouvelables.
En effet, le potentiel en hydro énergie recensé à Madagascar est de l'ordre de 7000 mégawatts mais seulement exploité à1%.
L'exploitation de ce potentiel serait une réponse à l'attente de la population de réduire les coûts de l'électricité. Ce qui permettra à chaque ménage d'y avoir accès. Tel est notre défi dans les cinq à dix années à venir et que les besoins en énergie de Madagascar seront couverts intégralement par les énergies renouvelables.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Rio+20 est le Sommet de tous les espoirs dont les enjeux sont planétaires.
La seule réponse à nos préoccupations serait de bâtir l'avenir sur les valeurs de respect, de partage et de solidarité.
Avant de terminer, j'aimerais poser une question à cette Auguste assemblée : combien d'entre vous ont vu le film Madagascar 1 2 ou Madagascar 3 récemment sortie? (qui soit dit en passant est une merveilleuse réalisation cinématographique à succès planétaire)
Oui, des millions de personnes ont pu rêver d'un lieu paradisiaque, d'un pays, d'un endroit sans y être allé à travers les personnages hilarants de ce film. Les enfants malgaches comme tous les enfants du monde seraient émerveillés et auraient les yeux qui brillent en regardant cette fiction.
Mais entre fiction et réalité, Madagascar existe, avec ses spécificités, sa diversité, ses engagements, et ses aspirations au développement durable tournées vers la recherche d'un environnement plus juste, plus sain pour la génération future.
Les Résolutions de Rio+20 ne devraient pas être seulement des scénarios où chaque pays a juste écrit sa propre histoire : Ensemble, nous devrions les réaliser et les concrétiser.
Rio+20 est un rendez-vous avec l'humanité et avec nous même. L'avenir de nos générations futures dépend de nos actions et déterminations.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie de votre aimable attention.
22 Mai 2012: Déclarations de SEM Andry RAJOELINA Président de la Transition de Madagascar
Malgaches, mes compatriotes,
Chers parents et aînés,
Sœurs et Frères à travers la Grande île,
Aujourd'hui, le pays amorce un tournant, beaucoup de questions se posent et nous avons tous l'esprit rempli d'inquiétude. C'est pour cette raison que je me fais le devoir de venir dans chaque foyer pour vous parler des affaires nationales.
Nous avons lutté pour le changement des structures dans la manière de diriger le pays.
La nouvelle Constitution a été adoptée par voie référendaire, la Feuille de route a été signée, laquelle nous mènera vers les Institutions de la IVème République. Bien que ce chemin soit semé d'embûches, et c'est bien le seul chemin, le Gouvernement d'Union Nationale exigé par les divers Partis politiques a pu être instauré.
Les Institutions de la Transition qui ont été mises en place, traduisent la volonté du pouvoir d'aller de l'avant, bien que la cohabitation ne soit pas aisée. Nous en sommes actuellement à la dernière étape de cette Transition, qui est, la préparation et l'organisation des élections tant attendues par tous les Malgaches.
En effet, ces élections sont très attendues par nos compatriotes de toute la Grande Ile car elles signifient la sortie de crise politique qui n'a que trop duré. Ces élections traduisent également le choix du peuple pour ceux qui vont diriger la Nation.
Nous savons pertinemment que c'est dans cette IVème République que sera érigé un nouveau Madagascar qui amènera le développement en toute sérénité et en toute liberté.
Il est très clair que cette dernière étape de la transition est cruciale. Pourtant, certains s'efforcent encore à semer des troubles. D'autres passent leur temps à chercher la petite bête à travers des mensonges inimaginables, allant jusqu'à un lavage de cerveau qui désorientent l'esprit de nos concitoyens.
Les Malgaches ne méritent pas une autre crise dans l'actuelle crise qui dure depuis trois années ; les Malgaches ne méritent pas que la Nation revive une autre période de troubles.
Des questions pleines d'inquiétude taraude l'esprit du grand nombre, telles que :
L'année scolaire s'achèvera-t-elle dans de bonnes conditions et les examens de nos enfants auront-ils lieu dans les délais impartis, si jamais les enseignants persistent à faire la grève ?
Qu'adviendra-t-il des malades si les aides-soignants se remettent en grève ?
Aussi, j'en appelle à la conscience de tous les responsables sans exception.
Soyez honnêtes envers vous-mêmes en reconnaissant que ce n'est pas dans cette période difficile qu'il faut presser la Nation, pour satisfaire à tous les desiderata qui n'ont jamais été entendus depuis de nombreuses années. Faites une priorité du volet sociale du peuple malgache. Ne pensez qu'aux intérêts du grand nombre et ceux de la Nation. Ayons une vision commune pour le bien de nos compatriotes.
La Nation a grand besoin de la sagesse de tout un chacun.
Le vrai patriotisme consiste en la volonté de tous à mettre un terme à cette Transition, à travers des élections libres et transparentes.
Je lance un appel à toutes les personnes de bonne volonté pour se donner la main, dans la préparation de ces élections, depuis la Présidence jusqu'au plus petit Fokontany, en étroite collaboration avec la CENIT.
Pour ma part, je ne cesse d'œuvrer dans ce sens pour relever ce défi d'arriver ensemble à organiser es élections.
Je viens d'avoir une séance de travail avec le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban-Ki-Moon. Il m'a reçu en toute fraternité, malgré son emploi du temps chargé et les grands problèmes qui l'accaparent. Mais j'ai pu lui expliquer clairement la volonté des Malgaches d'aller vers les élections. De son côté, il a fait montre d'une volonté à nous aider dans ce sens.
Il en est de même du côté de la SADC qui est actuellement en train de se pencher sur les meilleurs moyens de nous appuyer dans cette démarche vers les élections. D'ailleurs, je vais incessamment rencontre le Président de la SADC.
Malgaches mes Compatriotes,
Le travail qui nous attend tous, a grand besoin de sérénité et de volonté. Nous avons besoin de solutions politiques. Et ce travail requiert un grand Patriotisme que vous avez au fond de l'âme.
N'avons pas traversé des périodes dures que nous avons surmonté ?
Aussi, Malgaches saisissez-vous ! Œuvrons main dans la main, Forces Vives de la Nation !
Avec vos lueurs, la lumière jaillira sur nous !
Notre Grande île resplendira ! Notre Nation Madagascar devra aller vers un réel développement !
Peuple malgache,
Je ne vous laisserai pas seuls et je suis prêts, à accomplir jusqu'au bout les lourdes responsabilités qui m'incombent.
La Patrie est sacrée !
Misaotra Tompokolahy, Mankasitraka Tompokovavy.
Question-Réponse (Conférence de presse du Président de la Transition)
La déclaration du Président de la Transition, SEM Andry RAJOELINA, qui s'est tenue cet après-midi, au Palais d'Etat d'Ambohitsorohitra, a été suivie d'une conférence de presse au cours de laquelle le Chef de l'Etat a apporté des précisions ayant trait aux points chauds de l'actualité. Des questions relatives à la déclaration du Président de la Transition lors de sa mission auprès des Nations Unies concernant l'éventuel accord politique avec l'ancien Président, Marc Ravalomanana, ont été soulevées.
Vous avez déclaré au cours de votre mission auprès des Nation Unies que vous restez ouvert au dialogue. Pour ce qui en est du retour de l'ancien Président, peut-on espérer, prochainement, un dialogue entre vous et l'ancien Président Marc Ravalomanana et si c'est le cas, ce sera quand ? :
« Je tiens à préciser qu'aucune convention ni négociation n'a eu lieu jusque là. Toute affirmation contraire à cela n'est que de pure invention et de rumeur. Toutefois, cela n'empêche pas le dialogue afin de trouver une solution qui permettrait peut-être de sortir Madagascar de cette impasse ».
Est-il possible de tenir une élection dans ces conditions où les foyers de tension ne cessent de déstabiliser ?
« Les élections sont les raisons d'être de la cohabitation. Selon les experts des Nations Unies, nous avons besoin de huit mois pour les préparations nécessaires aux élections, soit en Janvier 2013. L'essentiel dans tout cela c'est la volonté d'aller de l'avant dans la perspective d'une sortie de crise à travers les élections et mettre un terme à la Transition. Le seul problème c'est que ce mois de Janvier est encore en pleine période de pluie. La question qui se pose réside dans la possibilité de réduire ce délai de huit mois ou les acteurs politiques vont-ils se mettre d'accord pour tenir les élections à cette date ? Les experts électoraux et les membres de la CENIT devront travailler d'arrache-pied pour ce faire ».
La cohabitation est-elle effective et l'Exécutif assure-t-il davantage les affaires courantes ?
« Je réitère encore une fois que la cohabitation n'est pas chose facile mais elle est un passage obligatoire et l'unique voie qui nous mènent vers la sortie de crise, les élections. L'affaire nationale ne peut pas attendre. Il y en a ceux qui ont adhéré à ce processus et ceux qui en sont sortis, mais il y a également ceux qui n'ont même pas adhéré et ceux qui ont exigé cette cohabitation mais cherchent actuellement une Nouvelle Transition. Personnellement, je condamne le fait de prendre en otage le Peuple malgache. Heureusement, la Communauté Internationale, avec le Peuple malgache, est consciente de l'utilité de terminer dans les plus brefs délais la Transition. Ainsi, nous n'allons plus attendre les financements extérieurs pour l'organisation des élections. A partir de ce mois de Juin, nous donnerons à la CENIT les moyens nécessaires pour pouvoir avancer vers les élections qui se tiendront dans quelques mois ».
Possibilité d'organiser les élections dans un contexte tendu, comment remettre à l'ordre ces différentes déstabilisations ?
« Je trouve que les différentes manifestations que nous apercevons actuellement ont été semées expressément. La majorité du Peuple malgache ne veut plus aucuns troubles ni déstabilisations dans leur quotidien. Leur seul souhait est de procéder aux élections. Raison pour laquelle le Régime transitoire ne ménage pas d'efforts pour ce faire. Pour ce qui en est de ma candidature, aucune contrainte ne m'empêche de me porter candidat ou pas. Toutefois, je suis prêt à considérer plusieurs paramètres relatifs à l'intérêt supérieur de la Nation. Et ma décision en dépendra ».
En ce qui concerne la déclaration de la FFKM visant à critiquer le Régime transitoire : Le Président de la Transition a invité tout un chacun à étudier la teneur de cette déclaration de la FFKM et d'analyser ce qui est vrai, ce qui est faux et ce qui doit être corrigé.
Pour ce qui en est de la Place de la démocratie.
« Ce que nous voyons actuellement est la preuve tangible d'une liberté d'expression totale. Toutefois, il ne faut pas confondre la liberté et la déstabilisation. La sagesse, que le Peuple attend des politiques malgache, est le respect du peu de paix qu'il jouit actuellement Cela signifie que le Peuple ne veut plus de déstabilisation. Durant les campagnes électorales, les meetings seront libres et point n'est besoin de formuler une demande d'autorisation pendant cette période. Tous les candidats aux élections, tant législatives que présidentielles, sont autorisés à tenir des réunions populaires sur tout le territoire malgache. Mais pour l'heure, je lance un appel à tout un chacun à faire preuve de responsabilité afin que nous puissions redresser et sortir le pays de cette crise ».
Quelles seront donc les mesures à prendre si les manifestants insistent à investir la Place de la démocratie ?
« Le fait d'insister à investir la Place de la démocratie nous mènera-t-il à la sorite de crise ? Ou aux élections ? Ou encore, cela aidera les prétendants aux différentes élections à réussir leur coup à des fins politiques ? Je profite de cette occasion pour encourager les Forces de l'ordre à prendre leurs responsabilités, à maintenir l'ordre pour la paix sociale et la sérénité du Peuple malgache. Et sans pitié pour les personnes qui tentent de semer le trouble ».
Ambohitsorohitra, le 22 Mai 2012
7 février 2011: Ambohitsorohitra, discours
du PrésidentAndry Rajoelina
Mon cœur frissonne en vous voyant aussi nombreux, aujourd'hui.
7 février 2009 - 7 février 2012
Nous voici réunis à Ambohitsorohitra, en ce jour. Lieu de souvenir à nos compatriotes qui y ont perdu la vie. Ils étaient 48, pères, mères, enfants, ainsi que de nombreux blessés et/ou disparus. J'ai une pensée particulière aux 200 d'entre eux, qui portent encore les séquelles de cette tragédie humaines.
Si nous faisons allusion au 7 février, les échos de cris, le visage des ces jeunes tombés sous les balles, en ces lieux, nous reviennent en mémoire dans notre esprit. Ce qui s'y est passé relève de la bestialité et de l'assassinat de personnes de même sang que nous, des compatriotes.
Le passé ne doit pas tomber dans l'oubli. Et sifflent encore dans nos oreilles, les mots de défi : « Mesurez d'abord votre force, avant de vous mesurer à moi » (Ndlr : Marc Ravalomanana à Andohatapenaka). Et nous avons pu constater qu'effectivement qu'il a mis en application toutes les forces armées qui étaient en son pouvoir. Sans pitié, sans pardon. Il faut une pierre à la place du cœur pour avoir permis ce massacre de compatriotes malgaches, quelles que soient les divergences d'idées.
A l'heure où je vous parle, je suis de tout cœur avec tous les survivants ainsi qu'à leur famille. Mais ceux qui ont été tués, qui ont donné leur vie pour leur patrie, sont libres aujourd'hui.
Car nous croyons que, morts physiquement, ils sont désormais au côté du Seigneur pour l'Eternité. Tandis que ceux qui ont commandité ce massacre et ceux qui ont tiré sont des morts-vivants sur terre, hantés par le fantôme de leurs victimes et du sang montant de la Terre-des-Ancêtres. Ce ne sont plus des dirigeants ; ce ne sont plus des politiciens. Ce sont des assassins tout simplement.
"La vie appartient à Dieu et non aux hommes". Il est extrêmement difficile à notre esprit que des Malgaches de père et de mère aient pu massacrer d'autres Malgaches. Les jeunes martyrs qui ont perdu la vie en ce lieu, s'étaient dressés vaillamment pour hurler :
NON A LA DICTATURE,
NON AU MEPRIS POUR LE PEUPLE,
NON A L'EGOISME ET L'EGOCENTRISME SANS LIMITES,
NON A LA VOLONTE DE S'ACCROCHER ETERNELLEMENT AU POUVOIR.
Oui, ce sont des cris qui demeureront dans nos cœurs, dans nos esprits, même si ces martyres ne sont plus parmi nous.
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Nous avons un devoir devant ce combat, et le devoir n'est l'affaire d'un individu, mais de tous nous.
Malgaches, mes amis, ne vous laissez pas distraire par celles et ceux qui passent leur temps à diffuser des mensonges ici et là ; nous ne luttons pas contre des personnes ou des groupes de personnes mais nous luttons contre la pauvreté. Notre ennemi est le chômage ; notre ennemi est la malnutrition ; nos ennemis sont les maladies et autres innombrables problèmes socio-économiques !
Dans notre patrie commune, il existe des personnes irresponsables, anti patriotiques, qui n'ont qu'une idée: saccager et ravager. Ce ne sont pas des bâtisseurs mais des destructeurs.
Personnellement, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour laisser un bel héritage pour nos descendants et pour faire en sorte que les Malgaches ne s'entretuent plus jamais, surtout pour des raisons politiques.
Des milliers de Malgaches étaient venus les mains nues, prenant leurs responsabilités pour exprimer leur patriotisme. Mais, dans l'Histoire de Madagascar, combien sont-ils morts en vain pour lutter contre les excès des dirigeants qui abusaient de leurs pouvoirs ?
Pourtant, on ose encore chanter: "Non, je ne regrette rien". C'est aussi affligeant que pitoyable.
N'avions-nous pas eu, tous, la chair de poule, lorsque le massacre du 7 février 2009 a été perpétré en ce lieu ? Pourtant, sans aucun remord, on entend encore dire : « Je n'ai rien fait de mal dans mon pays ». Ne sont donc que des cauchemars que ces tirs nourris à balles réelles et sans sommation ; ces cris s'étant élevés de toutes parts ; ces fuites éperdues pour recevoir une balle dans le dos ? Cauchemars aussi que ces orphelins et ces handicapés qui n'ont pu courir entre les balles meurtrières ?
Il s'agit, là, d'une vue d'esprit inconcevable. A présent, on veut à tout prix détourner l'Histoire? Rendre noir ce qui est blanc, rendre sale ce qui est propre ? Nous avons tous été témoins de ce qui s'est passé. Et la vérité ne meurt jamais.
Nous ferons en sorte que nos pères, mères, frères, sœurs, enfants ne soient pas morts en vain. Nous n'accepterons jamais le règne de l'impunité dans notre pays.
Que ceux qui croient toujours le contraire se détrompent: le peuple malgache n'est pas un enfant à qui on peut toujours faire avaler des couleuvres. Il n'acceptera plus que leur Patrie soit un perpétuel champ de bataille et de désordre.
Malgaches, mes amis, notre lutte remonte à trois ans déjà. Certains ont quitté les rangs, d'autres sont devenus des traîtres à la cause et il y en a qui ne songent qu'à la détruire jusqu'à ses racines, ses origines. Nous ne l'accepterons jamais !
Moi, Andry Rajoelina, je me dresse et je ne dévierais jamais d'un iota des idéaux que nous avons énumérés sur la Place du 13-Mai, qui nous mèneront vers le changement pour lequel nous avons lutté.
ACTES DE TERRORISME, SANG VERSE, DESORDRE : CELA SUFFIT !
Nous devons cependant demeurer vigilants face à des individus qui planifient de dresser les Malgaches contre d'autres Malgaches ; qui ont l'intention de tuer des Malgaches comme eux, dans le but unique de conserver et de s'accrocher au pouvoir.
Tompokolahy sy Tompokovavy,
Nous ne sommes pas ici pour une simple commémoration. Nous sommes ici pour raffermir la lutte pour laquelle des martyres ont versé leur sang afin que les anciens dirigeants qui ont été à l'origine de ce massacre ne reviennent plus jamais au pouvoir.
C'est à travers toute l'île que les coeurs battent à l'unisson en ce moment de recueillement. Particulièrement du côté de Farafangana et Ambositra. « L'inattention pour un homme prévenant ne lui assure pas une longue vie », dit un adage. Nous devons demeurer vigilants.
Nous devons nous unir, nous devons œuvrer comme un seul homme car la lutte n'est pas terminée; nous ne devons pas baisser les bras, même s'il existe toujours des descendants de Judas.
Malgaches, mes nombreux compagnons de lutte :
Tant qu'il y aura des politiciens qui ne songeront qu'à s'accrocher éternellement au pouvoir, il y aura toujours du sang versé ;
Tant qu'il y aura des abus de pouvoir, la vie des Malgaches sera toujours sens dessus-dessous ;
Tant qu'il y aura utilisation d'armes de guerres contre le peuple, le nombre des victimes innocentes ne cessera d'augmenter.
NON A L'EGOISME ET L'EGOCENTRISME SANS FIN
NON A L'AMOUR DU POUVOIR SANS LIMITE
NON AUX TUERIES AU SERVICE D'UN POUVOIR DICTATORIAL
NON AU MEPRIS DU PEUPLE MALGACHE
Donnons-nous la main pour aller de l'avant, afin d'élever notre Patrie commune. Que le Patriotisme remplisse nos cœurs et guide nos actions.
La Patrie est sacrée!
Misaotra Tompokolahy, Mankasitraka Tompokovavy.
Andry Rajoelina, 31 décembre 2011. Discours à la Nation malagasy
Ry Malagasy namana manerana ny Nosy,
Afaka ora vitsy dia hivalona ny taona 2011.
Nisedra olana maro ny isan-tokan-trano tamin'iny taona iny.
Nandalo fasahiranana ny teo anivon'ny fiaraha-monina.
Niatrika ady sarotra ny Firenena.
Nizara ny hevitry ny mpanao politika,
Sahirana ny fianakaviambe iraisam-pirenena nanelanelana
Nibahan-toerana ny adilahy politika sy ny ady varotra isan-karazany,
Nahazo vahana ny mpanao politika.
Fa nangina sy nanindry fo ary nandefitra ny Vahoaka malagasy.
Nitaintaina sy very hevitra ny maro, satria rivotra maloto no niainana sy nampiainan'ny sasany ny Vahoaka Malagasy :
Rivotra maloton'ny ady seza,
Setro-dratsin'ny fitiavan-tena,
Fandrehetana afo etsy sy eroa manginy fotsiny,
Be ny fotoana very tamin'ny fitadiavana vaha-olana. Noho izany, maro no lasa nanana ahiahy. Tao ny velom-panontaniana ny amin'ny ho avin'ny tondro-zotra sy ny ho avin'ny Firenena mihitsy. Ny mpanatsatso sy ny mpamingana rahateo namampy trotraka ary nanao izay ho afany.
Kanefa niara-nitraka,nitafy herim-po, nisikina herin-tsaina ary niara-niatrika ny lalan-tsarotra isika ka niroso hatrany tamin'ny famahana olana ka tsy maintsy ho tojo fahombiazana.
Ny adidiko dia nitady ny vaha-olana ho famahana ny krizy politika sy nanao ny ezaka rehetra hampahomby ny Tetezamita, na tao aza ireo niezaka nisintona nidina, isaky ny mahavita dingana iray miakatra isika, ry Malagasy Namako.
Na teo aza izany rehetra izany dia niezaka hatrany ny fitondrana tetezamita nanamaivana ny fiainan'ny mponina andavanandro mba tsy hiakaran'ny vidim-piainana, ka nofehezina ny vidin-tsolika tamin'ny fomba rehetra mba ho zakan'ny be sy ny maro ny vidiny, eny hatramin'ny fidiran'ny Fanjakana an-tsehatra tamin'ny alalan'ny “subvention” aza.
Teo ihany koa ny fanafarana sy ny fanaparitahana ny vary mora mba ho zakan'ny fahefaham-bidin'ny rehetra.
Ry MALAGASY NAMANA
Nifantoka tamin'ny tondro-zotra ny taona 2011 manontolo, nahatsapa ihany ny mpanao politika maro tamin'ny farany, fa tsy azo atao takalon'aina ny Vahoaka Malagasy.
Koa dia :
Vita soaman-tsara ny fanaovan-tsonia,
Tanteraka ny fampiharana ny tondro-zotra,
Tafajoro ireo andrim-panjakan'ny Tetezamita,
Hita taratra ny fankatoavana,
Ary eo ambonin'ny latabatra amin'izay no tokony ho entina ny dinika rehetra fa tsy eny andalam-be intsony
Koa tokony hifarana hatreo ny disadisa rehetra, fa ny tombon-tso ambony ny firenena no tokony hasandratra hatrany sy hibaiko ny asa rehetra, satria rafitra iombonana no efa iaraha-miasa ankehitriny.
Tompokolaly sy tompokovavy
Nisy ny tsy nanana finoana fa ho ankatoavin'ny vondrona iraisam-pirenena ny tondro-zotra kanefa dia tanteraka soamatsara izany ankehitriny.
Fa misy ny fitenenana manao hoe : “izay tongasoa ihany no arabaina”.
Koa miarahaba anao aho androany ry Vahoaka Malagasy, mankasitraka anao satria nivoaka ho Mpandresy ianao, Mpandresy noho ny faharetana sy ny fahendrena anananao ary ny firaisan-kina tandrovanao.
Mafy izay niainantsika izay satria be tokoa ny sakan-dàlana. Saingy tsy nitarain-tana-miepaka isika, tsy nirona tany amin'ny fiantsiana na herisetra samihafa.
Vokany nankasitrahan'ny fianakaviam-be iraisam-pirenena ny dingana vita rehetra.
Ary dia mazava ankehitriny ny làlana izorantsika mankany amin'ny fanatanterahana ny fifidianana madio sy mangarahara, ary dia ianao amin'izay ry vahoaka malagasy no hiteny ary hisafidy ny Mpitondran'ny Repoblika faha-efatra najorontsika.
Ry Malagasy namana,
Fantatro sy tsapako fa miandrandra rivo-baovao sy masoandro mibaliaka ianao ! Koa amin'io taona vaovao 2012 io àry, dia ho tohizantsika ireo ezaka efa natomboka, ary ho tanterahintsika ireo fanamby nifanarahana.
Amin'ny fotoana hifampiarahabana amin'ny asaramanitra moa no hanaovantsika jery todika ny taona 2011. Ary amin'izay ihany koa no hanambarana ny fikasàna sy ny fepetra rehetra ho amin'ny taona 2012.
Izany rehetra izany no tanteraka dia noho ny fitahian'Andriamanitra, satria Izy no nitantana ny diantsika tao anatin'ny sarotra. Efa napetraka eo am-pelantanany ny fiainantsika Malagasy manontolo koa matoky isika !
Ry Malagasy namana Mpiray Tanindrazana,
Ankehitriny, amin'izao fotoana itenenako izao, dia mahatsiaro manokana
ireo fianakaviana rehetra ao anatin'ny tsy fisiana ny tenako,
ho lasan'izay anie ny ratsy rehetra ka ny soa sy ny tsara indray no mba hirotsaka aminareo tsirairay avy amin'io taona vaovao hisandratra io !
Mahatsiaro manokana ihany koa an'ireo tsy salama, ireo kamboty, ireo tsy misy mpiahy, ka mba ho fahasalamana sy fifaliana, ary fiainam-baovao, no hiandry anareo amin'io taona vaovao ho avy io.
Hitsena ny taona vaovao 2012 ao anatin'ny fifankatiavana sy ny firaisan-kina tanteraka anie ny isam-batan'olona sy ny ankohonana tsirairay avy manerana an'i Madagasikara !
Ho tanteraka anie ny sitrapon'Andriamanitra ! Masina ny tanindrazana ! Misaotra Tompokolahy, Mankasitraka Tompokovavy !
8 Décembre 2011: Le Président Andry Rajoelina sur France24
Palais d'Iavoloha, le 21 novembre 2011.
Déclaration du Président Andry Rajoelina à l'issue de la publication officielle
du nom des membres du gouvernement d'Union nationale
du Premier Ministre Jean Omer Beriziky
Malgaches mes amis de toute la Grande île, Vous, les représentants de toutes les Institutions, Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique et des Organismes Spécialisés, Vous, les Autorités civiles et militaires,
Mesdames et Messieurs
Comme je l'ai déclaré le 19 novembre dernier, nous sommes en plein dans l'application de la Feuille de route actuellement et nous nous trouvons à la seconde étape qui est la mise en place du Gouvernement d'Union nationale.
J'avais lancé un appel à tous les politiciens et toutes les entités politiques afin qu'ils mettent de côté leur ambitions personnelles pour ne se consacrer uniquement qu'aux intérêts des 20 millions de Malgaches.
Nous avons le devoir d'avancer car les affaires de l'Etat ne peuvent attendre.
Aussi, c'est avec joie que je déclare, ici, la mise en place effective de ce Gouvernement d'Union nationale, grâce à la ténacité et la volonté de tout un chacun.
Ici, je m'adresse particulièrement à la Communauté internationale, plus précisément à la Troïka dont le représentant au pays, SEM l'Ambassadeur d'Afrique du Sud, est présent parmi nous. Ambassadeur qui n'a pas ménagé ses efforts, de jour comme de nuit, pour apporter son appui et ses suggestions afin que cette seconde étape soit une réussite.
Mille remerciements à la Troïka pour tout ce qu'elle a déjà accompli.
Et nous souhaitons tous qu'elle poursuive son appui pour les prochaines étapes à franchir.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais vous faire partager le fait qu'à chaque fois que nous nous réunissons, le Premier ministre et moi-même, cela s'est toujours fait dans une atmosphère de sérénité, de profonde objectivité en mettant sans cesse en avant les intérêts du peuple malgache.
Cependant, la perfection n'est pas de ce monde, particulièrement dans le contexte politique que nous vivons actuellement.
Tous ne seront pas satisfaits non plus car c'est le consensus qui a dicté toutes les prises de décisions.
C'est pourquoi je lance un appel à tous les ministres qui viennent d'être nommés pour former ce nouveau gouvernement : gardez toujours à l'esprit l'intérêt supérieur de la Nation et ceux des 20 millions de Malgaches.
Je dois souligner aujourd'hui que le premier objectif, et doit être considéré comme le plus important, demeure le terme de cette transition avec la mise en place, dans le plus bref des délais, de toutes les Institutions de la IVème République.
Ce qui signifie qu'à ce moment-là, c'est le peuple malgache qui pourra donner son avis à travers des élections libres et transparentes, et qu'il puisse ainsi choisir ceux qu'ils considèrent comme capables et aptes à les représenter et à diriger ce pays.
Nous ne pouvons attendre cela plus longtemps encore. Aussi, il importe de prendre chacun nos responsabilités et de nous donner la main.
L'autre défi de ce gouvernement consistera à alléger les problèmes quotidiens de la population et à redonner confiance aux bailleurs de fonds pour qu'ils puissent aider la Nation malgache.
Enfin, le peuple malgache croit et espère que nous, en qui il a donné sa confiance, nous œuvrerons pour son bien dans la crainte de Dieu.
Si les dirigeants ne feront jamais que passer, le Peuple et la Nation, eux, demeurent.
Malgaches mes amis,
Certes, le chemin que nous allons parcourir est encore parsemé d'embûches en tous genres, mais ne vous découragez pas un instant !
Madagascar a devant elle un avenir brillant et prometteur. Nous, Malgaches, nous avons foi en cela. Aussi, il importe nous nous aidons mutuellement et que nous nous faisons confiance les uns les autres.
Que la volonté de Dieu soit faite !
La Patrie est sacrée !
Misaotra Tompokolahy, Mankasitraka Tompokovavy !
Andry RAJOELINA Président de la Transition de Madagascar
Palais d'Etat d'Iavoloha, le 21 novembre 2011
Le Président Andry Rajoelina à la TVM,
le 19 novembre 2011
Peuple malgache issu des quatre coins de la Grande île !
Nous sommes actuellement en plein dans l'application de la feuille de route et nous en sommes à la seconde étape, qui est la mise en place du gouvernement d'union nationale. Selon ce qui a été convenu, ce gouvernement d'union nationale aurait du être mis en place vendredi dernier. Comme son nom l'indique, ce devrait être un gouvernement qui unit le pays tout entier, à travers les entités politiques signataires de la feuille de route. Et non pas un gouvernement facteur de division et de zizanie émanant des manigances de certains politiciens.
Il est de notoriété universelle que le peuple malgache tout entier souhaite vraiment que le pays sorte de cette crise le plus rapidement possible. Je m'adresse aux entités politiques : le destin de la nation est entre les mains des politiciens. Il est donc de leur devoir de trouver une solution pour sortir de cette crise qui a des impacts très néfastes sur la population malgache. L'article 6 de la feuille de route est clair comme de l'eau de roche au sujet de la mise en place du gouvernement d'union nationale. Et pour éviter de vivre les mêmes mésaventures qui se sont produites dans un passé récent, nulle part il n'est stipulé que les entités signataires peuvent choisir tel ou tel ministère ; que cette mise en place serait une bataille de chaise ou encore qu'il était permis de mettre à jour une certaine mentalité de dénigrement systématique et une démarche dictatoriale qui ne dit pas son nom.
Le Président de la Transition et le Premier ministre ont le droit et le pouvoir de nommer ceux qu'ils jugent honorablement aptes à diriger un ministère, selon une liste établie par chaque entité politique. Nous allons effectuer une répartition juste et équitable en respectant la feuille de route stricto sensu. Dans ce contexte, le souhait du peuple malgache est que cesse cette bataille de chaises et les Malgaches espèrent croire encore en la sagesse ancestrale des politiciens. Pour l'instant, les enfants en bas-âge écarquillent leurs yeux avec un regard fuyant ; les jeunes sont glacés de désespoir ; les adultes et parents vivent dans la crainte qu'aucun politicien ne donnera le bon exemple aux générations malgaches futures. La grande majorité des Malgaches de Madagascar est écœurée et se sent piégée face à l'inconscience et l'inconsistance des politiciens.
Or, la mise en place de ce gouvernement d'union nationale est le devoir et la responsabilité qui nous incombent à nous, Malgaches. Cependant, nous ne savons pas nous respecter mutuellement ; nous ne savons pas bâtir quelque chose de positif ensemble. Et ce sont des étrangers au pays qui viennent nous rappeler que notre peuple souffre depuis trop longtemps. Chacun devrait tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de faire des déclarations inconvenantes, car nous serons tous responsables devant le tribunal de l'Histoire. Avoir une mentalité d'individu retors et démontrer un esprit sans cesse batailleur n'est pas plus viable, pour un vrai développement, qu'être destructeur plutôt que bâtisseur.
Je m'oppose énergiquement à toutes ces menées subversives contraires à mon état d'esprit et ne correspondant pas du tout aux attitudes nobles et droites dont le pays a grand besoin. Les politiciens ont un devoir envers la nation. Aussi, que chacun reprenne conscience. Ici, je réitère l'appel que je n'ai eu cesse de répéter : c'est le patriotisme qui doit dicter la conduite de tous. Il n'est pas permis de laisser la nation aller à l'agonie en agissant de manière antipatriotique comme la prise en otage de 20 millions de Malgaches. Cela, nous ne le tolérerons jamais. Le devoir des politiciens et de leur chef de file est de démontrer de l'humilité pour arriver à un consensus qui constitue la pierre angulaire de l'identité culturelle malgache.
Mais je reste confiant du fait que chacun obéira à la voix de sa conscience et non pas à des sursauts d'orgueil mal placés. Car c'est l'avenir du peuple malgache qui doit être pris en considération et non pas l'avenir des entités politiques. Le destin de Madagascar est entre nos mains. Ne donnez pas le mauvais exemple dénué de toute honte à nos enfants, nos frères, sœurs, aînés, parents à travers la Grande île. Le monde entier nous regarde et nous juge.
Malgaches, mes amis de toute la Grande île !
Ne vivez pas dans la peur car nous sortirons de cette impasse passagère quoi qu'il arrive. Et pour cela, nous respecterons ce qui est stipulé noir sur blanc dans la feuille de route, à commencer par la mise en place du gouvernement d'union nationale dans le plus bref des délais.
Que la volonté de Dieu soit faite,
La Patrie est sacrée,
Misaotra Tompokolahy, mankasitraka Tompokovavy.
Andry RAJOELINA Président de la Transition de Madagascar
TVM-RNM, le 19 novembre 2011
Andry Rajoelina interviewé par Gaëlle Gonthier : souhaits d'élections en mai 2012
Mercredi 16 novembre 2011, Le Quotidien de La Réunion. Notre consœur, Gaëlle Gonthier, a interviewé le Président de la Transition de Madagascar qui souhaite des élections en mai 2012. Questions-réponses.
Gaëlle Gonthier : Vous travaillez avec le Premier ministre, Omer Beriziky, à la formation d'un gouvernement de consensus. Où en sont vos travaux ?
Andry Rajoelina : Il n'est pas toujours facile de former un gouvernement d'union nationale, comme on dit, parce que toutes forces politiques devraient être représentées dans ce gouvernement. Il y a des extrêmistes… mais si c'est pour sortir le pays de cette crise, il faut former et mettre en place ce gouvernement.
G.. : Depuis la nomination du Premier ministre, les différents groupes politiques s'entre-déchirent, y compris à l'intérieur des mouvances pour obtenir des postes au sein du futur gouvernement. Face à toutes ces pressions, pourrez-vous tenir le calendrier fixé ?
A.R. : Les politiciens ont une très grande responsabilité. Nous avons entre nos mains l'avenir de tout un peuple, de tout un pays qui est Madagascar. La SADC nous a aidé en mettant en place un cadre avec cette feuille de route pour pouvoir organiser les prochaines et futures élections à venir afin qu'il y ait une égalité des chances entre les politiciens malgaches. Il est de notre devoir d'honorer aussi notre engagement, c'est-à-dire la mise en place de ce gouvernement avant le 17 novembre prochain. Ce n'est pas évident car le Premier ministre vient de l'opposition. On essaie de rejoindre nos idées et nos valeurs par rapport à l'intégrité pour mettre en place ce gouvernement.
G.G. : Quels sont les pouvoirs de ce Premier ministre, présenté par beaucoup comme un homme « intègre » ?
A.R. : Tout est décrit dans la feuille de route. En ce qui concerne la formation du gouvernement d'union nationale, c'est le Premier ministre qui a lancé l'appel aux forces politiques signataires de la feuille de route, qui a collecté le nom des futurs ministres. Il forme lui-même le gouvernement et me le soumet afin que je le nomme ou que je le rectifie s'il le faut.
G.G. : Voilà deux ans et demi que le régime de transition est en place à Madagascar. Lors de votre arrivée au pouvoir en mars 2009, vous aviez promis des élections dans les 24 mois… Comment expliquez-vous ce retard ?
A.R. : Notre volonté est de ramener un changement dans ce pays. Le changement souvent réclamé par les forces politiques à Madagascar, c'est la façon d'organiser les élections. Jusqu'ici les éléments n'étaient pas rassemblés parce plusieurs conditions ont été posées dont la reconnaissance par la communauté internationale : reconnaissance du gouvernement et des élections à venir. Nous n'avons pas pu trouver d'accord durant deux ans et demi. Je crois que la feuille de route qui a été signée le 16 septembre dernier devrait nous amener à la concrétisation de l'organisation (du scrutin) qui est l'objectif final de cette sortie de crise.
G.G. : Quand les élections pourront-elles se tenir ?
A.R. : Nous ne pouvons pas tenir d'élections pendant la saison des pluies, c'est-à-dire du mois de novembre jusque fin avril. Donc, à partir de début mai, on peut organiser des scrutins. Après la mise en place de ce gouvernement d'union nationale, les Nations Unies et l'ensemble de la communauté internationale veilleront à aider Madagascar à la préparation de ces élections. Des experts vont venir immédiatement à Madagascar pour évaluer les besoins électoraux malgaches. A mon avis, les élections se tiendront pour sûr l'année prochaine. Mon souhait personnel est que cela se passe le plus tôt possible, c'est-à-dire début mai. Mais cela dépendra de l'aide et de l'évaluation de la communauté internationale.
G.G. : Vous confirmez que vous serez candidat ?
A.R. : Ce qui est prioritaire pour moi, c'est la mise en œuvre de la feuille de route. Beaucoup d'efforts ont déjà été déployés, mais beaucoup reste encore à faire. Actuellement, on essaie de former ce gouvernement d'union nationale. Chaque chose en son temps. Vous serez informés au moment opportun…
G.G. : Vous y pensez en tout cas…
A.R. : Ce qui est important, ce n'est pas d'être président ou d'être candidat. Ce qui importe c'est de réussir sa mission. Il y a beaucoup de paramètres en jeu. Ce sont les évènements qui dictent les décisions. On verra donc, en fonction des évènements à venir.
G.G. : La feuille de route préconise aussi le retour sans conditions des exilés politiques. Marc Ravalomanana et Didier Ratsiraka pour ne pas les nommer ne sont toujours pas rentrés. Prévoyez-vous une amnistie ?
A.R. : Il y a des étapes à franchir. La feuille de route prévoit qu'avant les prochaines élections, on devrait procéder à l'amnistie. Je suis prêt à mettre en œuvre cette feuille de route. Cela dit, il y a des cas qui ne sont pas amnistiables selon les normes internationales comme les crimes de sang et les crimes de guerre. Je crois que c'est pour cette raison que les exilés politiques touchés par telles ou telles condamnations ne sont pas encore retournés au pays jusqu'à présent.
G.G. : Combien de prisonniers politiques sont détenus à Madagascar ? Envisagez-vous à court terme de les libérer ?
A.R. : Il n'y a pas de prisonniers politiques à Madagascar. Il y a eu de la délinquance politique, des gens ont détruit des biens d'autrui, ont perpétré des coups d'état au moment du referendum… Je peux vous assurer que nous voulons tourner la page. Il faut que les politiques se mettent autour d'une table. Une fois que les institutions de la transition et les élargissements seront mis en place, les politiciens eux-mêmes discuteront des cas qui se sont produits pendant la crise politique à Madagascar.
G.G. : Quel rôle joue la France dans le processus de sortie de crise à Madagascar ?
A.R. : C'est la SADC qui a joué le rôle de médiateur à Madagascar. Aujourd'hui, la Troïka (Afrique du Sud, Tanzanie, Zambie, Ndlr) nous accompagne dans la mise en œuvre de la feuille de route. Ce sont ces organisations régionales qui jouent un rôle important dans la résolution de la crise malgache. Il existe un lien étroit, historique, entre la France et Madagascar. La France pourrait beaucoup nous aider concernant l'organisation des élections par exemple à travers l'Organisation internationale de la Francophonie. Paris a envoyé à plusieurs reprises des experts qui nous ont aidés à faire en sorte que les élections soient vraiment transparentes. La France est là en tant qu'appui pour l'avenir de ce grand pays.
G.G. : Quelles sont vos relations avec la France depuis votre arrivée au pouvoir, sachant que Paris ne reconnaît pas la HAT ?
A.R. : Je ne dirais pas que la France ne reconnaît pas la HAT. Bien au contraire la France aide beaucoup Madagascar et la Transition. Elle a toujours aidé le pays à travers les financements de l'AFD (Agence française de développement, Ndlr) ou d'autres organisations en matière sociale. La France comprend bien et mieux la situation à Madagascar.
Gaëlle Gonthier
29 OCTOBRE 2011: LE PRESIDENT ANDRY RAJOELINA
INTERVIEWE PAR LA BBC
Antananarivo, le 29 octobre 2011.
Monsieur le Président, merci d'accueillir BBC Afrique à Madagascar. Merci d'accepter de répondre aux questions des auditeurs de BBC Afrique qui sont partout sur le continent africain mais aussi, qui écoutent la BBC Afrique ici à Madagascar en FM, à Tanà, à Toamasina et aussi à Fianarantsoa.
Monsieur le Président, vous venez de passer deux ans et demi au pouvoir. Quel est votre bilan ?
Comme vous l'avez dit, cela fait deux et demi que je suis à la tête de ce pays. Malheureusement, ça n'a pas du tout été facile parce que nous sommes dans un « contexte exceptionnel », comme on dit. Nous sommes dans la Transition, à la recherche d'une sortie de crise. Je peux dire qu'on a pu, quand même, tenir le pays malgré les restrictions internationales. Pour conclure, on n'a pas eu d'aides budgétaires et/ou de financements extérieurs. Bien au contraire, on a pu honorer notre dette et faire fonctionner normalement et comme il faut ce grand pays.
Et qu'est-ce qui vous a permis de tenir malgré la difficulté et le parcours qui pesaient contre Madagascar ?
Diriger un pays, premièrement, réclame beaucoup de choses : critères et qualités. Donc, il faut avoir la foi, la conviction. Mais j'ai des collaborateurs, des ministres qui sont à la hauteur de l'attente du peuple malgache, pour n'en citer que le Ministre des Finances qui a bien su gérer, comme il faut, les finances publiques. Ce sont tous ces atouts qui font qu'on a pu tenir.
Alors Monsieur le Président, actualités obligent. Après plusieurs mois de négociations, la Feuille de route de sortie de crise est plus ou moins respectée. Vous avez procédé, hier, à la nomination d'un Premier Ministre, Omer Beriziky, parmi plusieurs candidats. Dites-nous : pensez-vous que c'est l'homme de la situation ?
La nomination du Premier Ministre a été clairement précisée dans la Feuille de route ainsi que les critères : le Premier Ministre ne devrait pas provenir de la même province que le Président de la Transition ; le Premier Ministre ne devrait pas être de la plate-forme qui soutient le Président. Ce sont les critères qui dictaient la nomination de ce nouveau Premier Ministre.
Justement Monsieur le Président, sans vous couper la parole, la Mouvance Ravalomanana a déjà annoncé qu'elle n'acceptait pas le Premier Ministre que vous avez nommé. Bien évidemment, ils sont ouverts aux discussions mais ils estiment qu'il appartient à un parti de la plate-forme de la mouvance présidentielle.
Si on lit la Feuille de route, ce n'est inscrit nulle part que le Premier Ministre devrait appartenir à telle ou telle mouvance. Il y est inscrit qu'il faut un Premier Ministre de consensus. En plus, j'ai moi-même, rajouté un Premier Ministre neutre. Et je pense que le Premier Ministre que je viens de nommer, Omer Beriziky, remplit complètement ces conditions.
Un Premier Ministre qui remplit toutes les conditions. Il y en a d'autres qui ont été recalés. Quels sont les grands défauts que vous avez trouvé chez les candidats que vous n'avez choisi ?
Moi, je trouve que chacun a vraiment la volonté de participer au développement de ce pays. Je ne peux pas citer leurs défauts. Par contre, en ce qui concerne le Premier Ministre que j'ai nommé, je peux citer ses qualités entre autres, sa droiture, c'est quelqu'un d'intègre. Je pense qu'il n'a jamais été mêlé dans la mauvaise gestion ou impliqué dans des « dossiers sales », comme on dit. C'est un Premier Ministre qui correspond, et je le pense aussi, à l'attente du peuple malgache et de la Communauté Internationale. Nommer un Premier Ministre venant de l'opposition n'a pas du tout été facile pour moi. Mais si c'est pour mettre fin à la crise que traverse le pays, il faut faire un choix, il faut avancer. Et c'est pour cette raison que je l'ai nommé.
Et puisqu'on parle du processus de sortie de crise, cela dure depuis plusieurs années, deux (02) ans. Monsieur le Président, vous avez refusé d'aller à Maputo, à Addis-Abeba, à Pretoria, finalement vous y êtes allé. Avez-vous le sentiment d'avoir été forcé ? Madagascar est malade, partout dans le monde, là où il faut chercher des médicaments pour soigner le pays, je suis prêt à y aller ».
C'est pour cette raison que je n'ai pas hésité à participer à ces réunions pour trouver un accord, pour guérir Madagascar et pour le peuple malgache, pour résoudre les problèmes.
Et où va-t-on à partir d'aujourd'hui ? Quel est l'avenir de Madagascar ?
Pendant plus de deux ans et demi, comme vous l'avez dit tout à l'heure, on a perdu beaucoup trop de temps pour arriver à un accord afin de mettre fin à la crise politique malgache. A l'heure actuelle, je pense que les choses ont beaucoup évolué parce que la Feuille de route est soutenue par la Communauté Internationale, en général. Elle a été entérinée et validée par les Nations Unies, l'Union Africaine et l'ensemble des pays membres de cette Communauté Internationale. Donc, l'application de cette Feuille de route nous mènera sûrement vers l'organisation d'élections libres et transparentes. Et c'est l'attente du peuple malgache.
Monsieur le Président, comme je l'ai dit au début de cette émission, nous avons beaucoup de questions de la part des auditeurs. Il y a un auditeur de Guinée, Boubakar Ba, qui se demande ce qui retarde les élections dans la mesure où vous ne comptez pas vous présenter. N'est-ce pas une manière de garder le pouvoir ?
Pas du tout. Depuis le début de la crise politique, depuis le début de la Transition, j'ai annoncé qu'il serait mieux et bien pour Madagascar d'écourter cette Transition. J'ai évoqué à plusieurs reprises ma volonté de mettre fin à la crise en organisant des élections. Mais votre question a été, pourquoi on n'a pas pu organiser ces élections ? Ce n'est pas pour qu'on reste plus longtemps au pouvoir, bien au contraire, mais nous voulons que les élections soient acceptées pas tous. J'entends par « acceptées par tous », par le peuple malgache, par la Communauté Internationale et aussi par les acteurs politiques, choses qu'on n'a pas pu avoir jusqu'ici. Et à l'heure actuelle, avec la Feuille de route, cela nous permet d'organiser des élections. Donc, à partir de maintenant, nous avons des objectifs bien précis et de missions bien claires, c'est-à-dire qu'on va organiser les élections le plus tôt possible.
Donc, selon vous, avec l'application de cette Feuille de route, Madagascar revient sur la scène internationale. Mais, Monsieur le Président, peut-on tout attendre de la Communauté Internationale ?
On ne peut pas organiser les élections si elles ne sont pas cautionnées par la Communauté Internationale. Comment voulez-vous qu'un Président soit élu et que la Communauté Internationale ne reconnaisse pas ce Président ? Je dirais que ça ne résout pas le problème. Ce que nous attendons de la Communauté Internationale, c'est un accompagnement. Maintenant, je pense que les éléments sont rassemblés. Et notre attente, par rapport à la Communauté Internationale, c'est aussi qu'elle aide le peuple malgache pour atteindre les objectifs du millénaire. On a besoin d'accompagnement et d'aides tant techniques que financières.
Monsieur le Président, si vous le permettez, on va revenir sur ce que vous faites pour le peuple malgache depuis deux ans et demi. Mais dernière question, peut-être sur la Feuille de route qui est en train de se mettre en application. Quel sera le rôle des militaires dans la gestion de la Transition ?
Les militaires, pas tout simplement dans la Transition, servent à protéger le peuple malgache et la souveraineté nationale. Donc, les militaires sont là pour accompagner. Les militaires, je tiens à préciser, ne font pas de politique mais ils peuvent servir comme balises. Les militaires peuvent bien accompagner le processus.
Et les anciens Chefs d'Etat malgaches, vont-ils, tous, participer à ces élections ?
Si la loi le permet pourquoi pas ? C'est leur décision.
Une question d'un auditeur du Cameroun. Monsieur le Chef de l'Etat, ne pensez-vous pas que laisser participer l'ancien Chef de l'Etat Marc Ravalomanana est un premier signe de votre volonté de sortir de la crise ?
Moi, personnellement, j'ai toujours prouvé ma volonté et surtout ma bonne foi et ma bonne volonté pour ce grand pays et pour le peuple malgache. En ce qui concerne l'ancien Président, vous savez autant que moi, qu'il est condamné et que des gestes irresponsables peuvent coûter chers. Vous savez que le 7 février 2009, une cinquantaine de jeunes innocents ont été tués froidement. Je ne parlerais pas des malversations et des détournements que l'ancien Président a perpétrés durant son mandat. Mais en gros, l'ancien Président est condamné par la Justice malgache. Ce n'est pas moi qui l'empêche de se présenter aux élections, mais c'est la loi et la Justice.
Parlons maintenant de ce que vous avez fait pour le peuple malgache et je commence par une question d'un auditeur, toujours du Cameroun. Depuis votre accession au pouvoir, qu'est-ce que vous avez fait pour le peuple malgache sur le plan économique et social ?
En tant que dirigeant, il est de notre devoir de soutenir et d'accompagner le peuple malgache pour résoudre ses problèmes quotidiens. Il existe plusieurs programmes -bien que nous soyons dans une transition et dans la crise- pour soulager la vie de tous les jours. Je ne citerais que la mise en place de ce qu'on appelle « tsena mora »dans les quartiers les plus vulnérables. Il s'agit d'une centrale d'achat où les couches vulnérables peuvent acheter des produits de premières nécessités (PPN) à bas prix : du riz, de l'huile, du sucre, etc. Cela, c'est important. Par ailleurs, vous savez autant que moi qu'à Madagascar, le taux de chômage est très élevé. Donc, il faut vraiment alléger les souffrances de mon peuple.
Et vous pensez vraiment que permettre aux Malgaches d'acheter des produits de premières nécessités à bas prix va aérer l'inflation ?
C'est mieux que rien. Aujourd'hui, je pense qu'il faut surtout créer de l'emploi mais on ne peut pas le faire immédiatement. Il y a des choses qu'on peut résoudre immédiatement et il y a des choses qu'on ne peut pas réaliser tout de suite. C'est pour cette raison que nous avons mis en place des grands projets, comme la construction des hôpitaux. Vous savez qu'à Madagascar, les premiers hôpitaux ont été construits vers les années 1924 jusqu'en 1960. Or, il est crucial que les Malgaches se soignent normalement. C'est seulement maintenant que nous avons construit des hôpitaux dans les grandes villes de Madagascar. Actuellement 90% des travaux sont en phase de finition. Nous avons aussi mis en place, un programme en cours, la construction de salles de classe un peu partout à Madagascar pour que les jeunes puissent accéder à l'éducation.
Et puisque vous parlez de l'école. Monsieur le Président, en discutant avec des Malgaches en arrivant à Tanà, on m'a informé d'un phénomène, qui est la déscolarisation. Apparemment, les écoles malgaches se vident. Que se passe-t-il ?
C'est vrai, actuellement les signaux sur le plan social sont au rouge. Les écoles, surtout à la campagne, se vident comme vous l'avez dit, parce qu'il y a un problème de chômage comme je l'ai dit. Les gens n'ont plus les moyens d'envoyer leurs enfants à l'école. Parce qu'ils ne mangent plus qu'une fois par jour, le matin. Par ailleurs, leurs enfants doivent faire plusieurs kilomètres (3, 4 et même 5 km) avant d'arriver dans les salles de classe. C'est pour cette raison que nous envisageons d'instaurer des cantines scolaires.Et pourtant, cela nécessite beaucoup de financements que l'Etat malgache ne pourra pas mettre en place sans l'aide de la Communauté Internationale. Donc, ce phénomène est du à ce problème de manque de moyens et de ressources financières pour la majorité des foyers à Madagascar.
Et tout à l'heure, Monsieur le Président, vous évoquiez la construction d'hôpitaux à travers le pays. Le budget alloué au secteur de la santé a été réduit de presque 30%. Comment remédier à cette situation ?
Non. Bien au contraire. Justement, je viens d'en parler au Ministre de la Santé. Mais on y a intégré les investissements, parce qu'il y avait eu des priorités que nous avons mis en place, dont la construction des infrastructures et l'équipement des hôpitaux. Cela signifie qu'en termes de budget, nous sommes dans les normes internationales et nous avons même atteint l'objectif par rapport à ce qui est imposé par les Nations Unies. Mais tout ce qui est fonctionnement, effectivement, là, ca n'a pas du tout bougé.
Monsieur le Président, vous avez un potentiel touristique énorme dans ce pays. Au niveau de la formation, les écoles manquent. Comment relancer l'économie sans lui donner des frais et taxes ?
Madagascar est un grand pays qui a beaucoup de potentiels. C'est vrai. Maintenant, beaucoup d'efforts restent à faire pour le développer en passant par la formation de la jeunesse, et aussi l'ouverture de Madagascar aux investisseurs. Dans le domaine du tourisme, depuis tout le temps, il y a de rideau de fer à Madagascar parce qu'on n'a pas du tout facilité l'accessibilité de ces investisseurs à venir investir à Madagascar. Prenons juste un exemple : si un investisseur vient à Madagascar pour investir dans le secteur touristique, il doit payer les taxes qui montent jusqu'à 40% actuellement (20% de TVA et 20% de droit de douanes). Comment voulez-vous que les investisseurs viennent à Madagascar pour y investir ? Ils vont investir ailleurs, là où il y a plus d'ouverture ou plus d'allègement fiscal. C'est pour cette raison que nous avons mis en place un grand projet. Malheureusement, on ne peut pas le réaliser maintenant, pendant cette Transition. Il s'agit du projet « Résidence des résidents ». C'est-à-dire construire en un an et demi plus de 20 000 habitations de luxe où les étrangers pourront vivre et acheter des biens à Madagascar exemptes de taxes. Cela une chose. Par ailleurs, Madagascar est composé de jeunes. 70% de la population malgache ont moins de 35 ans. Mais ces jeunes n'ont pas du tout été accompagnés. Cela signifie qu'il y a un réel besoin de formations et d'accompagnement pour le développement de ce pays.
Et puisque nous parlons d'économie et c'est vous qui le dites, il faut absolument que Madagascar puisse accueillir beaucoup d'investisseurs. Et je crois savoir, Monsieur le Président, que vous avez décidé, du moins pour le moment, de bloquer les permis d'exploitation minière. Pourquoi avez-vous pris cette décision ?
Le peuple malgache est très attaché, je dirais, à la richesse qui lui appartient. Et justement, il faut mettre en place des règles qui puissent créer des richesses, par notre propre richesse. Ainsi, j'ai personnellement donné l'ordre de stopper l'autorisation d'exploitation dans le secteur minier à Madagascar, pour enrayer toute cette gabegie où les règles du jeu ne sont pas du tout claires. Vous savez, avec uniquement nos richesses naturelles, nous pourrions changer ce pays, le développer effectivement. Dans le monde entier, les règles internationales précisent que les investisseurs doivent payer entre 5 et 10 dollars par tonne, selon la variation et la valeur de chaque produit minier. Mais à Madagascar, ce n'était pas encore le cas et ce n'est toujours pas le cas. Donc, nous sommes en train d'élaborer un cadre juridique afin que les investisseurs puissent investir en toute transparence vis-à-vis du peuple malgache, de l'Etat et d'eux-mêmes. Je suis convaincu, je suis persuadé qu'en partant sur de bonnes bases en ce qui concerne ces investissements, ce pays décollera et nous pouvons vraiment réduire la pauvreté à Madagascar.
Mais l'arrivée de cette mesure ce sera pour quand ?
Dans la Feuille de route, il est stipulé que tout ce qui est octroi de licence est suspendu jusqu'à la fin de la Transition. Je pense qu'après les élections présidentielles, après l'instauration d'un nouveau Gouvernement, tout cela sera levé et Madagascar va s'ouvrir aux investisseurs internationaux et qu'ils puissent investir tranquillement dans ce beau pays.
Puisque nous parlons d'économie, parlons de ce bois précieux de Madagascar. Le bois de rose s'exploite de façon sauvage et les écologistes dénoncent cet état de fait. Monsieur le Président, qu'en savez-vous aujourd'hui ?
C'est vrai qu'on parle beaucoup de nos bois précieux. Je peux vous dire que depuis des années, l'exploitation a été autorisée par les régimes qui se sont succédés. Mais nous, dans la Transition -moi personnellement-, nous avons pris la décision en Conseil des Ministres l'interdiction de coupe, d'exploitation et d'exportation de bois de rose à Madagascar. Je suis contre la destruction de l'environnement. Bien au contraire, il faut reboiser et protéger cette richesse. La presse, la radio partout dans le monde font allusion à des traffics. On en parle beaucoup, bien évidemment, parce que c'est interdit. Certes, certains font du trafic et c'est donc un combat de longue haleine. Mais je peux vous dire que nous avons pu quand même saisir plus de 20 000 rondins à l'heure actuelle. 10 à 30% ont été exportés illicitement. Il faut donc revoir les règles dans ce domaine. Actuellement, l'Etat a déjà annoncé que tous les bois précieux saisis appartiennent au peuple malgache. Nous allons donc les mettre en vente au compte de l'Etat.
Justement, vous allez les vendre pour le compte de l'Etat et je pense que vous avez déjà lancé le décret national de mise en vente. Pourquoi vendre ces bois précieux aux étrangers alors que les malgaches en ont, peut-être besoin ?
Les Malgaches n'en ont pas besoin. Les Malgaches ont besoin de financements pour construire des infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, etc.).Ce qui est malheureux, c'est qu'on doit protéger notre patrimoine que d'autres s'amusent à détruire. On n'a pas les moyens de transformer ces bois en meubles ou autres.
Vous n'avez pas le moyen de faire venir des exploitants étrangers pour aider l'artisanat malgache à transformer ces bois, ici, sur place ?
C'est envisageable. Mais ce sont des choses qu'on ne pourra pas mettre en place dans l'immédiat.
Monsieur le Président, une autre question d'un auditeur. A l'instant même, vous avez parlé des élections à venir pour mettre fin à cette Transition qui a duré longtemps. Un auditeur qui nous écoute ici à Madagascar, Alain Hugues Rabarijaona, demande pourquoi y a-t-il toujours des prisonniers politiques à Madagascar. La Feuille de route stipule, je le cite « le retour sans condition de Ravalomanana ». C'est une question qui revient encore. Mais parlons tout d'abord de ces prisonniers politiques ici à Madagascar.
Il ne faut pas confondre « prisonnier politique » et « délinquant politique ». Je m'exprime. On respecte la loi et je pense que les gens qui ont concocté des coups d'Etat ne sont pas des prisonniers politiques. Des gens qui ont essayé de détruire les biens d'autrui en manifestant leurs idées politiques ne sont pas des prisonniers politiques. Moi je suis pour la démocratie. Depuis maintenant deux ans et demi que je suis à la tête du pays, c'est pour la première fois, à Madagascar, que les journalistes peuvent critiquer ouvertement un Président de la République. Depuis la Transition, le nombre des supports de la presse écrite a augmenté de 50%. Cela en l'espace de deux ans et demi seulement.
Et la presse radio a aussi augmenté, bien évidemment. A quoi est due cette floraison de radio et de journaux ?
C'est le prix et le revers à payer de la démocratie parce que maintenant, tout le monde dit ce qu'il veut et dit ce qu'il pense et parfois ça passe au-delà de la démocratie. Mais nous sommes prêts à encaisser les critiques et aussi à écouter l'opinion des autres.
Est-il permis aujourd'hui à tout le monde d'ouvrir un journal ou une radio et obtenir une licence le lendemain du dépôt de la demande ?
Je pense qu'en matière d'audiovisuelle, c'est règlementé parce qu'il y a trop de radios et de télévisions. Mais la presse écrite est libre. Si vous voulez créer BBC journal, par exemple, vous pourrez avoir l'autorisation même dans quelques jours. Par ailleurs, je peux vous dire que c'est l'opposition qui a beaucoup plus de supports de presse écrite que nous, au pouvoir.
Monsieur le Président, je sais que vous avez un programme chargé, mais il y a une question d'un auditeur de Guinée. Monsieur le Président, vous prônez la Démocratie mais vous ne voulez pas la participation de vos prédécesseurs aux élections. Et la prochaine question, allez-vous vous présenter aux prochaines élections ?
Concernant l'ancien Président, j'ai déjà répondu tout à l'heure, comme quoi, il était condamné par la Justice et ce n'est pas moi qui l'empêche de se présenter mais c'est la Justice qui l'en empêche. Concernant ma candidature, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Chaque chose en son temps. Actuellement, ce qui est important et primordial pour moi c'est d'aller au chevet des plus faibles et surtout, à l'heure actuelle, c'est de mettre en place les institutions stipulées dans la Feuille de route. En gros, la priorité est l'application de la Feuille de route.
A quoi ressemblera le prochain Gouvernement qui sera mis en place par le Premier Ministre, Omer Beriziky ?
Tout est stipulé dans la Feuille de route. Je pense que ce Gouvernement appelé « Gouvernement d'Union Nationale » devrait avoir la participation des parties prenantes signataires de la Feuille de route et il y aura aussi le partage de postes équitablement à travers les signataires. Nous allons demander aux signataires de présenter une liste de personnalités à partir de laquelle le Premier Ministre et moi-même, nous allons former ce nouveau Gouvernement qui va emmener vers des élections libres et transparentes.
Une dernière question d'un auditeur de Cameroun. Monsieur le Président, que pensez-vous de la situation en Lybie et la mort du Colonel Kadhafi ?
La mort de Kadhafi a été une triste fin car c'était un grand homme, un grand leader. Il ne méritait pas, à mon avis personnel, d'avoir fini sa vie ainsi. Mois je suis pour la Justice. Je suis pour la Justice judiciaire mais je suis contre la Justice des armes. La question que je me pose : « est-ce qu'il n'y avait pas d'autres moyens ? ». C'est ce que je peux dire. Comme je l'ai toujours dit, je suis contre l'utilisation d'armes venant de qui que ce soit. Je pense que l'erreur de ce grand leader a été d'avoir tiré sur son peuple. Mais la question qui se pose aussi à la Communauté Internationale est : « n'y avait-il pas d'autres moyens que de le laisser tuer ainsi ? Est-ce qu'il n'y avait pas un moyen de le juger et de négocier afin qu'il soit jugé et emmené devant la Justice ? ».
Une dernière question Monsieur le Président. Avec la mise en application de la Feuille de route de sortie de crise, je suppose que vous envisagez de sortir de Madagascar et d'aller à la rencontre du monde. Quelle sera votre prochaine destination ? Quel est le prochain pays que vous allez visiter ?
Je pense qu'actuellement, on va surtout se rapprocher des bailleurs de fonds pour pouvoir déloquer les fonds nécessaires. Dans mon programme figure la rencontre avec des responsables du FMI, de la Banque Mondiale, de l'AFD, de l'Union Européenne. Nous sommes en tractation actuellement et nous aurons la réponse d'ici quelques jours.
Il n'y a que deux ans et demi que vous êtes au pouvoir. Qu'est ce qui vous a plus plu ?
Nous avons vécu des moments très difficiles... Nous avons prôné le changement. Ce changement a été matérialisé par l'expression du peuple malgache à travers le Référendum. Ce qui restera gravé dans mon cœur, c'est le jour du 11 décembre 2010 où nous avons promulgué la nouvelle Constitution de la Quatrième République. Cela veut dire que nous avons atteint notre objectif de mettre en place une nouvelle République à Madagascar.
Merci Monsieur le Président !
Merci !
Appel du Président de la Haute Autorité de la Transition Monsieur Andry Nirina RAJOELINA Ce 17 octobre 2011
Malgaches, mes compatriotes à travers toute l'île,
Entités et partis politiques qui avez signé la feuille de route,
Mesdames et Messieurs !
Comme nous le savons tous, la Feuille de route a été signée le 17 septembre dernier.
Comme il l'est stipulé dans le cadre de mise en œuvre, la nomination du Premier ministre devra avoir lieu le 1er novembre qui vient.
Vous, entités et partis politiques, êtes tombés d'accord et avez également signé le cadre de la mise en œuvre de cette Feuille de route le 14 octobre dernier.
L'article 5 de la Feuille de route stipule que ce sont les entités et partis politiques qui ont signé la feuille de route, qui proposeront au Président de la Haute Autorité de la Transition, une liste de noms de Premiers ministrables consensuels.
Malgaches mes amis,
Suite à la lettre envoyée par la SADC ce jour, et pour respecter le délai imparti, je lance le présent appel solennel pour vous informer que cette liste de premiers ministrables consensuels, émanant des entités politiques signataires, sera recevable le mercredi 19 octobre 2011, à partir de 10h jusqu'à 17h.
Ce que nous attendons de ce Premier ministre de consensus repose sur les critères suivants :
- Un Premier ministre digne, ayant la volonté d'achever la période de transition pour aller vers les élections,
- Un Premier ministre capable de maîtriser la paix et la sécurité,
- Un Premier ministre possédant une forte capacité de négociation vis-à-vis des bailleurs de fonds pour que ceux-ci reprennent leur confiance en nous,
- Un Premier ministre capable gérer les problèmes sociaux de la population,
- Un Premier ministre qui inspire la confiance et en qui la population a confiance,
- Enfin, une personnalité qui a la crainte de Dieu et un citoyen véritablement patriote!
Que la volonté de Dieu soit faite !
La Patrie est sacrée
Mesdames et Messieurs, je vous remercie !
DISCOURS SEM RAJOELINA ANDRY
Président de la Haute Autorité de la Transition
66ème Session de l'Assemblée Générale des Nations Unies
New York - 23 Septembre 2011
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Mesdames et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Honorables Délégués, Mesdames et Messieurs,
Après trois ans de crise politique et après trois ans d'absence, Madagascar est aujourd'hui fier de retrouver sa place, ici parmi vous, dans le concert des Nations.
Au nom de mes compatriotes, je suis particulièrement honoré de participer à ce débat général, axé sur « le rôle de la médiation dans le règlement des différends par des moyens pacifiques ». En effet, les crises qui se sont succédé à travers le monde, et tout récemment dans le Nord de l'Afrique, démontrent l'importance et l'actualité de ce thème !
Madagascar en a traversé, qui vient de connaître justement une étape décisive, grâce au concours de la médiation internationale, qui a permis aux Malgaches de trouver entre eux un consensus porteur d'espoir.
Aussi, permettez-moi tout d'abord de rendre un vibrant hommage à Son Excellence, feu Dag HAMMARSKJÖLD, ancien Secrétaire Général de cette grande organisation, pionnier de la diplomatie préventive et architecte du concept de maintien de la paix, dont nous venons de célébrer le 50ème anniversaire de sa disparition tragique.
Durant son mandat, il n'a cessé d'oeuvrer pour renforcer la légitimité de l'Organisation des Nations-Unies dans la résolution pacifique des différends internationaux. Et maintenant encore, nous lui devons en grande partie, la reconnaissance universelle des vertus de la médiation pour résoudre les tensions, voire les conflits.
Nous venons de commémorer les évènements tragiques du 11 septembre 2001 qui ont ébranlé cette ville de New York et même le monde entier. Nous sommes aussi à dix ans de l' « Année des Nations Unies pour le dialogue entre les civilisations », une année durant laquelle le dialogue des cultures et la culture du dialogue ont été promus sur la scène internationale afin de combattre le choc des civilisations.
Mais quand on parle de « conflits », on se réfère à deux idéologies différentes qui ne défendent pas les mêmes valeurs. Cela peut concerner deux pays, ou deux régions, ou encore un Gouvernant et son peuple.
Dans ce dernier cas, lorsque l'un ne respecte plus l'autre, cela engendre un soulèvement populaire qui aboutit à un conflit, conduisant à une crise, d'où l'importance du rôle de la médiation pour régler les différends par des moyens pacifiques.
C'est en ce sens que toute médiation devrait recueillir les informations à leurs sources, et constater de visu, les réalités prévalant sur le terrain du conflit, avant de proposer une solution qui serait durable et acceptable par tous.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
L'histoire nous a montré que des actes démesurés d'un Dirigeant, en utilisant la force, engendrent des conséquences graves à son pays, qui peuvent le ramener au chaos, et coûter la vie à des dizaines, des centaines, voire des milliers d'innocents. Et c'est tout un peuple qui en subit malheureusement les graves conséquences.
Pourquoi ? Souvent, l'apport de vraies solutions se fait trop attendre, ce qui fait plonger une grande partie de l'humanité dans la pauvreté. Car aux souffrances, à l'angoisse, au désespoir, nous devons avoir une réponse. Nous voulons changer et nous allons changer !
Afin de mieux illustrer mes propos, permettez-moi de vous parler du cas de mon pays : Madagascar.
Vous savez tous, autant que moi, que la Grande île de l'océan Indien a vécu, depuis la fin de l'année 2008, une crise politique.
Le peuple malgache s'est soulevé avec détermination pour rompre avec un passé caractérisé par une mauvaise gouvernance, le non-respect des principes démocratiques, des droits de l'homme et de l'état de droit - engendrant une paupérisation généralisée, une misère sociale insoutenable au quotidien et une frustration grandissante ressentie par la majorité de mes compatriotes.
C'est ainsi que le peuple malgache a revendiqué une vie meilleure et la mise en place d'un véritable changement tout en se confortant au respect des principes universels.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
A un moment où la recherche d'une sortie de crise passe par les principes d'une gestion consensuelle et inclusive d'une Transition, et au moment où ce consensus s'avère difficile à obtenir, des efforts louables de médiation entre les protagonistes malgaches ont été déployés, aussi bien par des organisations de la société civile malgache que par des partenaires bilatéraux et régionaux de la Grande Ile ainsi que, par la Communauté Internationale.
Je me permets de citer ici et de saluer fortement les efforts inlassables et patients de l'équipe de médiation de la Communauté de Développement de l'Afrique Australe (dite la « SADC »), structure régionale mandatée par l'Union Africaine ; et également les initiatives sans relâche, effectuées par d'autres entités telles que l'Organisation des Nations Unies, l'Organisation Internationale de la Francophonie et la Commission de l'Océan Indien.
L'implication de tous les acteurs concernés dans la médiation a été indispensable, afin de répondre à une logique d'efficacité et de pragmatisme, c'est-à-dire être à la hauteur de l'urgence ainsi que des impératifs vitaux de la population, et de l'économie malgache qui aurait été fragilisée, si la crise et les négociations perduraient encore.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Le Peuple Malgache a été patient et a fait preuve d'un courage sans pareil dans la résolution pacifique de la crise politique, et ce, d'une manière exemplaire, malgré toutes les restrictions économiques et sociales, ainsi que l'absence d'aide internationale dont il a souffert durant ces trois dernières années.
La feuille de route de sortie de crise pour Madagascar proposée par la SADC, paraphée le 9 Mars 2011, a été signée par les Groupements Politiques, constituant la grande majorité des parties prenantes malgaches, le 17 Septembre dernier.
La grande famille politique malgache est désormais résolue à aller de l'avant et à s'engager à oeuvrer de concert dans l'intérêt supérieur de la Nation, pour le bien-être, la paix et la sérénité du peuple dans son ensemble.
Une étape extrêmement importante vient d'être franchie. Mais les efforts à entreprendre et qui suivent restent nombreux. Il convient, dès lors, de les concentrer en premier lieu vers la mise en application des dispositions de la feuille de route, par pur respect des premières aspirations populaires, menant vers l'organisation d'élections libres, crédibles, justes et transparentes – seule issue définitive à la crise et au retour à la normalité constitutionnelle.
Nous sommes parvenus à trouver finalement un accord consensuel, reflété par le sens du compromis dont nous sommes particulièrement fiers en raison de la culture profonde du « Fihavanana », un concept de vie en société qui anime les Malgaches depuis la nuit des temps, qu'on pourrait résumer aux principes de : « Fraternité, Solidarité, Respect mutuel, Tolérance, et Sagesse ». Ainsi, nous exprimons notre détermination à aller vers la reconstruction et le développement de notre société.
Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort et ferai tout mon possible pour que les actions aboutissent pleinement aux résultats attendus et qu'elles soient rapidement couronnées de succès.
Dès lors, je lance un appel solennel à la Communauté Internationale, à apporter sa contribution individuelle et/ou regroupée, nécessaire à leur mise en oeuvre.
J'attire particulièrement l'attention des Nations Unies sur l'action qu'elle doit entreprendre dans l'évaluation des besoins électoraux de Madagascar, afin qu'un calendrier électoral établi dans un cadre crédible, neutre, transparent et indépendant, fondé sur le respect des droits fondamentaux et des normes internationales, puisse être fixé dans les meilleurs délais possibles.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
L'histoire nous enseigne que même après l'usage de la force, toute guerre et tout conflit se terminent toujours autour d'une table. Cela démontre clairement que la médiation peut être choisie comme une alternative aux armes.
Nous sommes contre l'utilisation de toute forme de répression quelle qu'elle soit. Il est tout-à-fait possible de résoudre des différends par des moyens pacifiques comme c'est le cas de Madagascar, en recourant à un procédé plus efficace comme le dialogue.
Le monde évolue, le monde change, et nous tous dirigeants ici voulons un monde meilleur pour nos peuples respectifs ! Oui, Mesdames et Messieurs, c'est possible et nous pouvons le réaliser !
Je vous remercie de votre aimable attention.
18 septembre 2011: Message à la Nation du Président Andry Rajoelina
TRADUCTION EN FRANÇAIS
Chers Compatriotes,
Pendant six mois nous avons attendu la signature de la Feuille de route que la SADC avait élaborée. Toutes les entités politiques se sont mobilisées autour d'un même état d'esprit dans l'objectif de sortir la Nation des problèmes politiques. C'est ainsi que la cérémonie officielle de signature de la feuille de route a pu se tenir le 17 septembre 2011.
Cette Feuille de route qui a bénéficié de l'adhésion de la majorité, constitue la seule et unique voie que nous devons suivre pour la tenue d'élections libres, transparentes, acceptées par tous et reconnues par la Communauté internationale.
Cette signature signifie, d'une part, le retour de Madagascar dans le concert des Nations, et d'autre part, elle va nous permettre de nous concentrer davantage sur le développement économique et social.
Malgré le long chemin de calvaire que nous avons parcouru, nous n'avons jamais perdu espoir. Actuellement, étant donné que les obstacles ont été surmontés, nous pouvons, désormais, avancer sereinement. Nous remercions particulièrement la Sadc et l'Equipe de médiation pour leur dévouement dans la recherche de solutions à la crise qu'a vécu Madagascar.
Il est indéniable que les pourparlers, et l'humilité dont les malgaches ont su faire, ont été positifs, et que la voie de la sortie de crise est tracée. Toutefois, la poursuite de la mise en œuvre de cette Feuille de route requiert de la part chacun de nous, le sens de la dignité et du patriotisme.
Aussi, je lance un appel solennel à toutes les entités politiques car je crois et j'espère qu'en tant que responsables aux yeux des 20 millions de Malgaches, chacun saura faire primer l'esprit de notre Sagesse, après cette signature.
Chers Compatriotes,
Au nom de l'intérêt supérieur de la Nation, j'accepte et j'avalise l'accord qui a été signé afin que nous puissions procéder à la mise en place de toutes les institutions de la Quatrième République, dans un climat de calme et de sérénité.
Amis Malgaches de toute l'île,
Je ressens vos craintes. Néanmoins, soyez confiants car je ne vous entrainerai jamais sur une voie sinueuse et sans lendemain.
Nous devons faire face ; nous devons nous donner la main, et nous devons nous faire confiance mutuellement car notre force réside dans notre union.
Je remercie particulièrement les Forces armées ainsi que les responsables de l'Ordre et de la sécurité publique qui ont su démontrer que Madagascar est un pays souverain. Ils méritent notre reconnaissance en particulier.
Que ce soit hier, aujourd'hui ou demain, je n'ai pas hésité et je n'hésiterai jamais à prendre mes responsabilités, ni à accomplir mes devoirs pour défendre la fierté nationale, qui a toujours guidé mes actions.
Il n'y a pas de sacrifice plus grand que celui de se dépasser pour servir son pays, tout en gardant sa foi, son patriotisme et ses valeurs.
Vive notre Patrie, Madagascar !
Que la Volonté de Dieu soit faite !
La Patrie est sacrée !
Mesdames et Messieurs, je vous remercie !
Andry Nirina Rajoelina, Président de la Transition de Madagascar
Ambohitsorohitra, le 18 septembre 2011
Andry Rajoelina : signature de la feuille de
route amendée
« Malgré le deuil qui frappe le pays, suite à la disparition tragique de la Ministre de la Population et des Affaires sociales ainsi que certains de ses proches collaborateurs, le rendez-vous que l'on s'est fixé aujourd'hui se doit d'être honoré.
Je me dois de rappeler que l'illustre disparue figure parmi les premiers qui m'ont rejoint sur la Place de la Démocratie. Aussi, permettez-moi, avant toute chose, de lui rendre brièvement hommage à travers quelques mots.
La ministre de la Population était une femme courageuse, n'ayant pas peur d'affronter les problèmes et n'hésitant pas à prendre, d'elle-même, ses responsabilités. Défenseur des vulnérables et des moins nantis, elle aimait le contact avec le Peuple. Elle nous a quittés, mais ses actions et réalisations resteront à jamais vivaces dans nos cœurs.
Chers Compatriotes,
Beaucoup d'entre vous attendent impatiemment la décision que va prendre l'Etat, ainsi que moi-même en tant que Président de la Transition, suite à l'expiration du délai imparti à la SADC pour la fixation de la date de signature de la Feuille de route.
Voilà maintenant 6 mois, depuis le paraphe de cette Feuille de route le 9 mars 2011 au Centre de Conférences Internationales d'Ivato, que nous avons attendu l'annonce de cette date de signature. On nous a fait attendre et nous avons d'ailleurs continué à attendre jusqu'à aujourd'hui. A chacune de ses réunions, les yeux des 20 millions de Malgaches étaient tournés vers la SADC, espérant l'imminence d'une sortie de crise.
Cependant, nous ne pouvons plus patienter davantage car cela fait deux ans et demi que le Peuple attend les résultats des négociations et de la médiation. J'ai accédé au principe d'une Feuille de route, bien que les Malgaches aient déjà exprimé leur choix, à travers l'adoption d'une nouvelle Constitution, lors du Référendum de Novembre 2010.
J'ai accepté les négociations et la médiation, persuadé que ce sont les voies et moyens qui nous permettront de sortir de l'impasse politique et dans ce cadre, on a déjà fait beaucoup de concessions. Je constate cependant que les manœuvres dilatoires observées jusqu'ici ont eu de très lourdes conséquences sur le plan économique et social. Je suis parfaitement conscient des difficultés quotidiennes endurées, aussi bien par les opérateurs économiques que par les simples citoyens. Il a des limites à la patience et à la tolérance, la Nation malagasy ayant, par ailleurs, sa Souveraineté.
Comme il apparaît que les acteurs politiques ayant déjà paraphé la Feuille de route s'en tiennent à celle-ci, le pouvoir de Transition et moi même, pour préserver la paix, instaurer l'apaisement et surtout dans l'intérêt supérieur de la Nation, avons décidé de procéder à la signature, entre Malgaches, de la Feuille de route amendée selon les précisions du Secrétaire exécutif de la Sadc. Je lance officiellement un appel à toutes les Forces politiques sans exception, pour adhérer à cette démarche, afin que cette cérémonie se tienne dans les meilleurs délais.
Après sa signature, on continuera immédiatement la mise en œuvre de toutes les dispositions de cette Feuille de route amendée. C'est cette cérémonie qui clôturera les dialogues politiques dans le pays, et on se consacrera désormais aux futures élections.
Je suis persuadé que seules les élections mettront fin à cette crise politique. Pour cela, il faut qu'elles soient acceptées par tous, justes, transparentes et crédibles. Ce à quoi la CENI s'attèle déjà.
Ce sont les signataires de la Feuille de route amendée qui détermineront tout ce qui concerne les élections à faire.
Mesdames et Messieurs,
C'est dans le calme et dans la sérénité que nous avons pris cette décision et avons défini d'un commun accord la voie à suivre pour une solution pérenne et durable.
Persuadé pouvoir compter sur la maturité et l'unité des Malgaches dans cette ultime étape que nous allons aborder,
Que la Volonté de Dieu soit faite ».
Andry RAJOELINA, Président de la Transition de Madagascar
Ambohitsorohitra, le 31 août 2011
26 juin 2011: Les discours du Président Andry Rajoelina à Iavoloha
Traduction intégrale en français du discours en malgache :
" Peuple malgache à travers toute l'île.
26 juin 2011 !
L'Indépendance de Madagascar a 51 ans aujourd'hui.
Ce qui signifie que nous entrons dans le second demi-siècle de l'Histoire de notre pays et celle des Forces armées toutes entières.
Dans ce contexte :
Félicitations et meilleurs vœux à tous les Malgaches, « sous les cieux », d'avoir pu vivre cet évènement !
Et pour démontrer notre joie et symboliser les poignées de mains, nous allons tous applaudir à l'unisson. Cela, pour féliciter également tous nos compatriotes des quatre points cardinaux ! Félicitations ! Congratulations, Mesdames et Messieurs !
Félicitations aussi à nos Forces armées, « cornes protégeant nos épaules ».
Mais surtout : félicitations à la Nation malgache, à notre Patrie bien-aimée !
Et c'est également avec amour et joie que je présente mes salutations à chaque foyer malgache, sans exclusive !
Mesdames et Messieurs,
L'Indépendance est quelque chose de très rare et précieux car elle ne s'acquiert pas facilement. Nos ancêtres ont lutté âprement et certains ont même payé de leur vie dans l'espoir de la posséder.
Cette lutte -qui a débuté depuis les « Menalamba », les « Sadiavahy », en passant par le « Vvs »- a été menée par Jean Ralaimongo. Elle a abouti au refus des « envahisseurs » en 1947, pour défendre la Nation commune, avec comme leitmotiv : Indépendance. Nos aïeux ont fait don de leur vie sur son autel car ils ont considéré que l'Indépendance constituera un avantage certain pour la Patrie et leurs descendants qui s'y succèderont.
Qui de nous, prétendrait ignorer, dans notre Histoire, le fait que les Malgaches sont très jaloux de leur souveraineté nationale et ont toujours préféré la mort plutôt que l'asservissement ?
Ces aïeux n'ont jamais combattu pour leurs intérêts personnels mais pour libérer Madagascar et c'est leur patriotisme enfoui au fond de leur cœur qui les a poussés à lutter. Et c'est ce même patriotisme qui, actuellement, nous amène à poursuivre leur combat afin de parvenir à un meilleur mieux-être au quotidien.
Malgaches, mes Amis,
Force nous est de constater que le chemin que nous longeons est très tortueux et semé d'embûches en tous genres. Sur la terre ferme, il est très glissant et comporte de nombreux virages. En mer, les vagues sont profondément creuses, le tonnerre gronde et les ouragans ne cessent de s'y abattre.
Mais tout cela ne doit pas nous décourager, outre mesure. Il ne s'agira là que d'états passagers, d'étapes passagères.
Et cela nous rappelle le chapitre 8, versets 23 à 27 de Matthieu dans la Bible, lorsque Jésus apaisa une tempête : « Seigneur, sauve-nous, nous allons mourir ». Jésus leur répondit : « Pourquoi avez-vous si peur ? Comme votre foi est petite ». Alors il se leva, parla sévèrement aux vents et à l'eau du lac, et il se fit un grand calme.
Voilà ce que les Malgaches vivent de nos jours.
Je suis conscient de votre inquiétude, de vos tourments, de vos doutes. Et vous êtes au bord de perdre toute confiance, face à la situation du moment.
Certains se demandent même si le bateau ne va pas finir par couler :
Serons-nous saufs ou noyés ?
Ayez confiance, prenez patience : nous arriverons à bon port. Cependant, notre situation requiert solidarité et actions communes et convergentes vers les mêmes objectifs.
Le développement de notre pays demande de la persévérance et, plus particulièrement, une notion forte de patriotisme. C'est d'ailleurs dans cette optique qu'a été choisi le slogan de ce 51è anniversaire du retour de notre Indépendance : PATRIOTISME ET DEVELOPPEMENT.
Malgache, mes Amis,
Qui n'avance pas recule. Nous irons donc de l'avant. Surtout que nous sommes, actuellement, de plain pied dans la IVème République. La priorité, pour sortir définitivement de cette crise politique, repose sur des élections bien organisées, respectant les textes en vigueur, claires et transparentes, exemptes de malversations. Elles nous permettront la mise en place d'institutions composées d'élus au suffrage universel. Ce qui garantira une alternance pérenne.
Aussi, j'exhorte tous les citoyens malgaches, dans chaque foyer, chaque quartier, chaque région à travers la Grande île, de se donner la main dans la confection de listes électorales sans faille, sans omission.
Malgaches, mes Compatriotes,
Puisque ce jour marque la fête de tous les citoyens malgaches et celle des Forces armées toutes entières, c'est avec une joie non dissimulée que je vous énumère, ici, les décisions suivantes que j'ai prises :
- Tout élément des forces de l'ordre -armées, gendarmerie, police- puni dans le cadre de leur corps respectif, bénéficiera d'une remise de peine de
15 jours ;
- Tous les condamnés de droit commun bénéficieront d'une remise de peine de trois mois ;
- Tous les condamnés âgés de plus de 65 ans bénéficieront d'une grâce, à l'exception de ceux qui ont commis des crimes impardonnables, particulièrement des crimes de sang ;
- En guise de remerciements à tous les éléments des Forces de l'ordre qui ont participé à la grande parade de ce matin, à travers toutes les régions de l'île, ils bénéficieront d'un jour de repos, demain.
Citoyens malgaches, mes amis,
Que le feu du patriotisme qui consume nos cœurs puisse nous guider et éclairer le chemin traversé actuellement par la Nation malgache.
Que la volonté de Dieu soit faite !
La Patrie est sacrée !
Mesdames et Messieurs, je vous remercie ".
Le Président de la Transition de Madagascar, Andry Rajoelina
Palais d'Etat d'Iavoloha, le 26 juin 2011
Le Président de la Haute Autorité de la Transition, Andry Rajoelina
Salon International des Mines et Hydrocarbures (SIMH) - 6 mai 2011
« Dans la Grande Ile, avant de décider d'une éventuelle concrétisation des affaires, des partenariats et des ventes. Toutefois, les appels d'offre doivent être tenus en toute transparence afin de confier les activités aux professionnels pour éviter les spéculations en tout genre. Actuellement, il est évident que Madagascar peut s'enrichir à travers ses propres richesses. De son côté, le régime transitoire a décidé de suspendre la délivrance des licences d'exploitation tout en étudiant la prospection pour l'avenir. Madagascar est déterminé à changer la manière d'agir et de faire pour que ses habitants puissent vivre dans les meilleures conditions. Madagascar ne doit plus être un simple spectateur mais peut jouer un rôle de premier plan. Madagascar doit être la vitrine de l'Océan Indien ».
Réponses du Président Andry Rajoelina aux questions des journalistes.
Avancement des travaux de construction du théâtre et centre d'exposition d'Antsonjombe :
« Les travaux de construction du théâtre et centre d'exposition d'Antsonjombe vont bon train. Les problèmes internes des ouvriers n'affectent en rien l'avancement des travaux ».
Bois de rose :
Le Président Andry RAJOELINA admet que : « certes, beaucoup de nos richesses sont exploitées et exportées illicitement faute de contrôle. Cependant, très prochainement, une structure chargée du contrôle de nos richesses sera mise en place».
Déplacement en Turquie :
« Mon déplacement en Turquie entre dans le cadre du quatrième sommet des Nations Unies sur le Pays Moins Avancés (PMA). D'ailleurs, aucun Chef d'Etat ne pose plus aucune condition sur notre présence à ce sommet. Par ailleurs, en marge de ce sommet, beaucoup de Chefs d'Etat sont prêts à me recevoir en audience. Je prévois également de rencontrer d'autres hautes personnalités lors de mon bref passage en France ». [Le président Andry Rajoelina quitte Madagascar pour la Turquie, dans la soirée de ce 6 mai 2011]
Echo du déplacement du Premier Ministre :
« La délégation conduite par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, est arrivée au pays ce matin. Les résultats sont positifs ».
Elections :
« Nous allons déployer beaucoup d'efforts afin de tenir les élections cette année 2011. La CENI travaille d'arrache-pied sur les côtés techniques. Toutefois, il faut unir nos forces afin de trouver une sortie de crise dans les meilleurs délais et ce, à travers les élections ».
Déclarations du Président Andry Rajoelina, à Iavoloha, le 13 avril 2011
Concernant les élections
« il revient au Peuple et aux dirigeants malgaches de décider du sort de leur pays. La Francophonie nous aide dans le processus électoral pour que les élections puissent se tenir dans les meilleures conditions afin d'éviter les éventuels problèmes liés aux élections ».
Rencontre avec les différentes délégations internationales :
« Madagascar a franchi une nouvelle étape. En ce moment, Madagascar a une Constitution. Les dispositions transitoires stipulent clairement que jusqu'à l'investiture du nouveau Président de la Quatrième République, l'actuel Président de la Haute Autorité de la Transition continue d'exercer les fonctions de Chef de l'Etat. Ainsi, je tiens à préciser que les Institutions et Organes ainsi que la Constitution de la Quatrième République sont déjà mis en place. La prochaine étape consiste à l'installation des institutions parlementaires et présidentielles de la Quatrième République et ce, à travers le scrutin. Pour que les élections puissent se tenir dans les meilleures conditions mais surtout afin d'éviter les éventuels problèmes liés aux élections, nous avons accepté d'adhérer à la feuille de route proposée par la Communauté Internationale ».
Sur le « rapport » des USA à propos du non respect des Droits de l'Homme à Madagascar :
« En ce qui concerne ce rapport des USA, on voit bien que, géographiquement, Madagascar se trouve à des kilomètres et des kilomètres des Etats-Unis parce que, apparemment, leur rapport est loin de la réalité qui prévaut à Madagascar. En parlant de Démocratie et de liberté de presse, vous êtes tous témoins que pendant cette période transitoire, il n'a pas eu aucune censure à Madagascar. Nous avons de nombreuses questions à poser aux Etats-Unis et nous les convions à venir à Madagascar afin de constater de visu la réalité sur place ».
Sur la date des élections :
« Nous sollicitons la Communauté Internationale d'observer et de contrôler le processus électoral à Madagascar pour qu'il y ait des élections libres, crédibles et transparentes à Madagascar. Comme je l'ai dit au délégué aux Droits de l'Homme, à la Démocratie et à la Paix de l'OIF, puisque les aides financières requièrent toujours des contreparties, nous sommes ainsi, prêts à prendre en charge toutes les dépenses nécessaires à l'organisation des élections. Dès demain, je rencontrerai les membres de la CENI afin de fournir à cette commission électorale les moyens matériels et financiers nécessaires pour la tenue de vraies élections libres, crédibles et transparentes. Quant à la date des élections, il revient à la CENI de se proclamer par rapport à la proposition de calendrier électoral ».
Concernant la lettre du Professeur Zafy Albert
« C'est vraiment regrettable de penser qu'un Raiamandreny et non moins ancien Président de la République puisse se comporter comme tel. Je ne suis pas du genre à répondre aux allégations ignobles mais je trouve que ces propos ne sont pas dignes d'un Raiamandreny ».
De l'élargissement des Institutions parlementaires de la Transition :
« Les présidents du Conseil Supérieur de la Transition et du Congrès de la Transition doivent programmer une réunion avec les acteurs politiques afin d'étudier les possibilités d'élargissements des deux Chambres parlementaires. A mon avis, toutes les forces vives de la Nation sont déjà représentées dans ces Institutions ».
Sur les relations avec les pays anglophones :
« Il est vrai que les pays anglophones ne sont pas au courant des aspirations du Peuple malgache et ne connaissent pas la réalité à Madagascar. Des séries d'actions diplomatiques vont être menées dans les pays anglophones afin d'expliquer l'évolution de la situation politique à Madagascar ».
29 mars 2011: Discours du Président Andry Rajoelina à Moramanga
TRADUCTION EN FRANCAIS
Malgaches, mes amis compatriotes,
Vous, les derniers rescapés présents ici et à travers la Grande île, témoins de la lutte sans merci de 1947,
Vous mes amis ici, à Moramanga, descendants de ces vaillants patriotes,
Mesdames et Messieurs,
Nous sommes à la veille de la célébration des 51 ans de l'Indépendance de Madagascar. Une Indépendance qui nous a coûté cher et qui nous est précieuse. En effet, il y a 64 ans, nos aïeux qui avaient le patriotisme dans le sang se sont dressés contre l'armée des colons. Comme nous le savons tous, cette lutte a occasionné de nombreuses pertes humaines. Tous les patriotes que comptait la Grande île se sont levés pour endiguer cette vague d'envahisseurs. Tuerie, bestialité inouïes ont été commises sur des innocents, particulièrement dans cette région de l'Est de l'île.
Nous n'avons pas le droit d'oublier tout cela et nous ne pourrons jamais l'effacer de notre cœur, de notre esprit jusqu'à la fin des temps. La question qui se pose aujourd'hui est : combien y-a-t-il de Malgaches réellement patriotes ? Combien de Malgaches possèdent-ils en eux cette flamme jamais éteinte du patriotisme ? C'est cela qui nous a amenés à choisir le slogan de la commémoration de cette année. Qui est : « Renouvelons la flamme du patriotisme pour que cette lutte ne demeure pas qu'une simple histoire ». Lutte menée par nos grands-parents et nos aïeux.
Le patriotisme peut s'expliquer et s'appliquer partout : à l'école pour les enfants ; au travail ; dans les champs ; à la campagne comme à la ville. Car toutes les responsabilités qui incombent à chaque Malgache devraient être accomplies avec amour et pour la patrie, afin de pouvoir participer pleinement au développement du pays. Le patriotisme commence par le courage de réagir et la volonté d'apporter sa contribution dans le développement du pays.
Mais l'Histoire doit être connue, comme doit être connue l'origine même du mot « Tanindrazana ». Ce mot signifie littéralement la terre d'où sont sortis nos aïeux communs. Aïeux qui ont lutté de toutes leurs forces. Et c'est grâce à leur lutte que nous avons retrouvé notre Indépendance est qu'est née la Première République. Et c'est cette flamme du patriotisme qui est parvenue jusqu'à nous, jeunes d'aujourd'hui. Flamme que nous avons aussi le devoir de transmettre à nos descendants. En l'époque actuelle, elle nous a permis de mettre en place la IVè République. Mais celle-ci n'aurait jamais vu le jour s'il n'y avait eu en nous la foi, l'espérance et l'amour lors de la lutte de l'année 2009, Mesdames et Messieurs.
Tant que les couleurs du drapeau national malgache seront le vert, le blanc et le rouge, nous devrons nous lever, nous devrons avancer ensemble pour la sauvegarde de la patrie, Mesdames et Messieurs.
Malgaches mes amis innombrables,
Il l'a été prouvé le 26 mars dernier, et nous l'avons montré au monde entier : les Malgaches sont des gens du dialogue et des échanges d'idées ; les Malgaches sont des gens du consensus et de la solidarité. Je suis persuadé que les nouveaux dirigeants qui viennent d'être nommés, au terme de l'actuelle transition, seront éclairés et guidés par cette flamme du patriotisme mais qu'ils n'iront pas poignarder dans le dos les 20 millions de Malgaches qui portent tous leurs espoirs sur nous.
J'espère que la commémoration en souvenir de ces patriotes, aujourd'hui 29 mars, constituera un exemple à suivre et sera le turbo qui nous poussera, nous les dirigeants sans exception de cette transition, à bien nous conduire et nous permettra de prouver que nous serons ce flambeau qui éclairera la voie du peuple malgache vers la mise en place de toutes les institutions de la IVè République. Cela, dans l'humilité, l'amour et la solidarité que chacun de nous démontrera. Ce patriotisme constituera un flambeau qui devra se transmettre de générations en générations, sans qu'il y ait de marchandage d'aucune sorte. Ce patriotisme devra être respecté sinon être considéré comme sacré.
Le message que je voudrais transmettre à tous les jeunes est d'avoir la volonté et le courage d'affronter les difficultés avec cette flamme du patriotisme comme arme, tel que l'ont démontré nos grands-parents et qui est parvenu en chacun de nous. Ne soyez jamais envahi par le désespoir, quoi qu'il arrive et surtout face aux actuelles manœuvres tentées par certains pour saboter purement et simplement l'avenir de Madagascar et l'avenir de la majorité des Malgaches, leurs propres compatriotes. Mon souhait venant du fond de mon cœur est qu'ensemble nous nous levions tous comme un seul homme pour défendre nos acquis -surtout à l'heure actuelle- et pour parvenir à mettre en place toutes les institutions de la IVè République. Cela, dans la sérénité, l'amour mutuel et la solidarité.
J'ai prouvé et je le répète encore : je ne renierai jamais la parole donnée et je ne reculerai jamais; nous ne reculerons jamais. Nous poursuivrons la route qui nous mènera au but que nous nous sommes fixés afin que Madagascar soit sauvegardé et mette le cap sur le vrai développement.
Que la Volonté de Dieu soit faite,
Misaotra Tompokolahy, mankasitraka Tompokovavy.
ENGLISH TRADUCTION
Malagasy, my friends compatriots,
You, the last present survivors here and across the Big island, witnesses of the merciless conflict of 1947,
You my friends here, in Moramanga, descendants of these courageous patriots,
Mesdames and Misters,
We are on the eve of the celebration of the 51 years of the Independence of Madagascar. An Independence which cost to us dear and that we precious. In effect, 64 years ago, our ancestors with patriotism in blood stood against the army of the settlers. As we know it all, this conflict caused numerous human losses. All patriots whom counted the Big island got up to confine this invaders' wave. Prodigious killing off, barbarism were made on innocent, particularly in this region from the east of the island.
We do not have the right to forget all that and shall not never be able to us erase it of our heart, our mind till the end of time. The question which settles today is: how much is there Malagasy indeed patriotic? How much of Malagasy have they in them this flame ever put out by patriotism? It is it that has us lead to choose the slogan of the commemoration of this year. Which is: “ Let us renew the flame of patriotism so that this conflict does not reside that a simple history ”. Conflict led by our grandparents and our ancestors.
Patriotism can explain and be applied everywhere: at the school for the children; at job; in fields; in the campaign as in the city. Because all responsibilities which fall to every Malagasy should be fulfilled with love and for fatherland, to be able to participate entirely in the development of the country. Patriotism begins with courage to react and will to contribute in the development of the country.
But History must be known, as must be known the origin of word " Tanindrazana ". This word means the earth literally where from went out our common ancestors. Ancestors who struggled of all their force. And it is thanks to their conflict that we found our Independence is that the First republic was born. And it is this flame of patriotism that reached until us, today's young persons. Flame that we also have duty to transmit to our descendants. In actual epoch, she allowed us to set up IVè Republic. But this one would never have come into the world if there had been in us no creed, no hope and love during the conflict of year 2009, Mesdames and Misters.
As long as the colours of the malagasy national flag will be the green, the white and the red, we shall have to get up, we shall have to advance together for the maintenance of fatherland, Mesdames and Misters.
Malagasy my countless friends,
It was proved to it on March 26th of this year, and we showed it in the whole world: the Malagasy are people of dialogue and exchanges of ideas; the Malagasy are people of general agreement and solidarity. I am persuade that the new leaders who have just been named, at the end of actual transition, will be lit and will be guided by this flame of patriotism but that they will not go to stab in the back the 20 millions of Malagasy which carry all their hopes on us.
I hope that the commemoration in memory of these patriots, today March 29th, will constitute an example to be followed and be the turbo which will encourage us, us the leaders without exclusive of this transition, to drive us well and will allow us to prove that we shall be this torchlight which will light the way of the malagasy people towards the installation of all institutions of IVè Republic. It, in humility, love and solidarity which each of us will show. This patriotism will constitute a torchlight which will have to be passed on of generations in generations, without there being negotiation of any kind. This patriotism will have to be respected otherwise considered as blessed.
The message, which I would like to transmit to all young persons, is to have will and courage to confront difficulties with this flame of patriotism as weapon, such as showed it our grandparents and that reached in each of us. N e be never pervaded by the despair, whatever happens and especially facing actual maneuvers attracted by some to sabotage purely and simply the future of Madagascar and the future of the majority of the Malagasy, their own compatriots. My wish from the bottom of my heart is that together we all get up as the single man to defend our knowledges - especially at the actual hour and to manage to set up all institutions of IVè Republic. It, in calmness, mutual love and solidarity.
I proved and I still repeat it: I shall never disavow given word and I shall never stand back; we shall never stand back. We shall follow the road which will lead us to purpose that we settled so that Madagascar is safeguarded and heads for true development.
That the Will of God is made,
Misaotra Tompokolahy, mankasitraka Tompokovavy.