50 ans du retour de l’Indépendance

«  La République de Madagascar n’entend pas renier son appartenance à la grande famille internationale tout comme elle ne peut pas faire fi de l’interdépendance au sein de notre village planétaire.
En cette année de la célébration du cinquantenaire de notre Indépendance recouvrée, les véritables aspirations populaires nous intiment à refuser toute compromission contre la volonté populaire et la souveraineté nationale ne sont pas négociables tout comme elles ne peuvent pas être confinées dans la sphère des calculs politiques, voire du chantage.
La détermination du peuple malgache, qui s’est manifestée dans toutes les régions du pays, a abouti à la mise en place de la Haute Autorité de la Transition.
Nous avons pris la lourde responsabilité de conduire la mise en œuvre des véritables aspirations du peuple, tout en maintenant le dialogue avec la Communauté internationale. A présent, ayant la ferme volonté d’achever cette période de transition, avant le 26 juin 2011, nous misons sur toutes les forces vives de la Nation -et surtout les jeunes- pour prendre en main l’avenir du pays, afin de léguer un héritage digne de la génération future ».

Andry Nirina RAJOELINA
Président de la Transition de Madagascar



50 ans d’existence :
leur histoire


Mialy RAJOELINA
La Première Dame de l'Etat

Logo Fitia
DISCOURS
au Sénat et à l’Assemblée Nationale Française

De

Son Excellence Monsieur RAJOELINA Andry

Président de la Haute Autorité de la Transition

République de Madagascar

- 02 Février 2010 -

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Honorables invités,

C’est à la fois un grand privilège et un honneur pour ma délégation de pouvoir nous exprimer devant cette auguste assemblée, pour vous expliquer de vive voix la situation politique qui prévaut actuellement à Madagascar.

L’instauration d’un régime de Transition à Madagascar a été le résultat d’un vaste mouvement populaire, à dimension nationale. Malgré une répression très dure, dirigée par des mercenaires étrangers et marquée le 07 Février 2009 par le massacre sanglant et sans sommation de plusieurs dizaines de combattants de la liberté sans arme, l’ancien Président a quitté ses fonctions, en conférant de son plein gré les pleins pouvoirs à un Directoire Militaire le 17 Mars 2009, et qui à son tour, m’a transféré lesdits pouvoirs par la voie d’une ordonnance, dont les dispositions ont été déclarées « valides » par la Haute Cour Constitutionnelle.

Les causes de ce mouvement populaire étaient :

  • les dérives démocratiques de l’ancien régime, avec des violations manifestes des droits de l’homme, notamment de la liberté d’expression, de la liberté de réunion et même de la liberté du culte
  • la monopolisation des médias publics
  • l’exercice monopolistique du pouvoir, avec des Assemblées parlementaires monocolores et des municipalités dirigées par des maires appartenant presque unanimement au Parti de l’ancien Président
  • la monopolisation des activités économiques
  • l’utilisation des prérogatives de puissance publique, pour la défense d’intérêts personnels

Mais les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase sont :

  • L’achat d’un second avion présidentiel, facturé à 60 millions de dollars, sous prétexte que le premier avion du même type (un Boeing 737) n’avait pas un rayon d’action suffisant
  • Le projet de conclusion d’un bail emphytéotique de 99 ans, pour des terrains d’une superficie d’un million d’hectares avec une Société Sud-Coréenne

Depuis le 17 Mars 2009 et pendant les dix mois où le régime transitoire était en place, on a tout fait pour le déstabiliser. Toutefois, malgré ces actions de déstabilisation, le régime de Transition continue jusqu’à ce jour, à exercer l’effectivité du pouvoir :

  • Sur tout le territoire de la République
  • Sur les Forces de l’ordre
  • Sur l’Administration Centrale et Territoriale
  • Sur les Collectivités publiques
  • L’Administration fonctionne normalement,
  • les forces de l’ordre assurent la paix civile,
  • la population vaque à ses occupations quotidiennes,
  • l’activité économique a repris,
  • les salaires des Agents de l’Etat, malgré la cessation des aides budgétaires, ont été payés régulièrement comme par le passé
  • il n’y a pas de guerre civile à Madagascar, il n’y a pas d’affrontements armés,
  • la vie dans les provinces est à la normale

Malgré cette effectivité du pouvoir, nous n’avons pas ménagé nos efforts pour essayer de trouver une solution consensuelle de sortie de crise par la voie du dialogue.

Malheureusement, toutes les tentatives ont rencontré un échec et la mise en œuvre des accords n’a pas abouti. En effet, sous l’égide de l’Union Africaine, de la SADC, des Nations Unies et de l’O.I.F, dans l’intérêt supérieur de la Nation, nous n’avons pas hésité à signer en toute bonne foi l’Accord de Maputo (signé les 08 et 09 Août 2009) et l’Acte Additionnel d’Addis Abéba (signé le 06 Novembre 2009), dont le principal objectif que la Communauté Internationale avait jugé être le retour rapide à l’ordre constitutionnel, était de mettre en place un Gouvernement d’Union Nationale et des Institutions inclusives et consensuelles pendant toute la période de 15 mois de la Transition.

Tous les efforts que nous avons entrepris et toutes les concessions que nous avons acceptées, n’ont pas porté les fruits que le peuple malgache avait espérés. Les autres Chefs de file n’ont cessé de remettre en cause les résultats de négociations.

Les propos, comportements et actes à la fois irresponsables et irréfléchis de certains Chefs de file ou de délégation n’ont pas permis l’application de ces accords et ont surtout rendu toute cohabitation au sein même de l’exécutif extrêmement difficile, voire impossible. Les négociations ont duré voici presqu’une année.

Dans ce processus, nous sommes entrain de perdre notre âme, nous avons été mandatés par le peuple pour un changement radical et nous sommes aujourd’hui empêtré. Nous ne voulons plus et ne pouvons plus prolonger cette crise qui a assez perduré.

C’est pour ces raisons que nous avons décidé de recourir le plus vite possible à des élections. En effet, nous sommes profondément convaincus que la seule voie incontournable, pour sortir Madagascar de la crise actuelle, est la tenue d’élections libres, régulières, et transparentes dans les meilleurs délais.

L’élection est l’expression par excellence de la démocratie, elle est le seul mécanisme qui permet au peuple d’exercer son pouvoir souverain de choisir ses gouvernants. Il est nécessaire de rendre la parole au peuple. Il ne faut pas avoir peur du suffrage universel. Nous acceptons le principe que ces élections doivent être consensuelles.

Nous acceptons que la date des élections, que nous avons fixée au 20 Mars prochain, soit reportée et fixée d’un commun accord afin qu’on puisse mettre en place ce Gouvernement d’Union. A cette fin, nous proposons la tenue d’élections législatives dans les plus brefs délais pour les raisons suivantes :

  • les élections législatives constituent la consultation populaire de proximité, la plus à même de permettre de mesurer le poids et la confiance que le peuple accorde à tel ou tel Parti, ou groupement de Partis politiques. Le Parti ou Groupe de Parti politique qui a le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée Nationale propose le nom du Premier Ministre qui formera à son tour, le Gouvernement d’Union Nationale selon le pourcentage des sièges des élus
  • les élections législatives vont être la base de la formation d’un véritable gouvernement d’Union Nationale, dont la légalité et la légitimité ne sauraient être contestées

Le Gouvernement d’Union Nationale aura la charge d’organiser la Conférence Nationale, sous l’égide et la direction de la société civile, qui déterminera les grandes lignes de la Constitution de la Quatrième République – et de faciliter ainsi la tenue des élections présidentielles.

Nous nous engageons à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections consensuelles, inclusives, régulières et transparentes.

Le fond du problème et les raisons profondes du soulèvement populaire à Madagascar, sont que les élections ont toujours été truquées et que la voix des urnes ne correspondait pas à la réalité. C’est pour cela que nous voulons tracer un nouveau départ pour Madagascar et rompre avec le passé, car auparavant, c’est le Gouvernement même qui avait organisé les élections, ce qui a favorisé ainsi les fraudes. A cet égard, nous voulons mettre en place ce que les Partis politiques ont réclamé depuis des années, à savoir :

  • la création d’une Commission Electorale Nationale Indépendantes (dite C.E.N.I), neutre, consensuelle, impartiale et majoritairement composée de représentants désignés par la société civile. La C.E.N.I aura les plus larges pouvoirs d’organisation et de supervision des élections
  • la révision du Code électoral, demandée par l’ensemble de la classe politique depuis 1998.
  • l’utilisation du bulletin unique, qui aura pour effet, l’impossibilité de continuer la pratique de l’achat des bulletins de vote des autres candidats concurrents à la sortie des bureaux de vote
  • la mise à jour du fichier électoral, afin d’assurer sa fiabilité et sa transparence
  • l’accessibilité de toutes les parties concernées à la liste électorale
  • etc…

Avant la tenue des élections législatives, qui se tiendront dans 2-3 mois, nous proposons le schéma institutionnel suivant :

D’une part,

  • Le maintien en fonction de l’organe exécutif actuel et de ses membres dans les conditions suivantes :
    • Les pouvoirs du gouvernement sont limités à la gestion des missions des pouvoirs publics, au fonctionnement quotidien de la machine administrative jusqu’à la mise en place du gouvernement d’union nationale issu des élections législatives.
    • Interdiction de faire des investissements qui ne requièrent pas une urgence absolue ou de prendre des engagements concernant des projets à long terme
  • Les restrictions suivantes seront imposées aux membres de l’exécutif :
    • Les membres du gouvernement qui se portent candidats aux élections législatives seront systématiquement relevés de leur fonction dès l’acceptation de leur candidature
    • Le Président de la Haute Autorité de la Transition et les autres membres du gouvernement ne peuvent en aucune manière participer à la campagne électorale pour soutenir un candidat.

D’autre part,

  • La mise en place d’un Conseil Supérieur de Contrôle de la Transition (C.S.C.T) qui sera le contre-pouvoir de l’exécutif pendant la période préélectorale. Son Président et ses deux Vice-présidents seront proposés par la « Mouvance Madagascar », c’est-à-dire l’opposition, qui détiendra également la majorité des sièges.
  • Ce Conseil Supérieur de Contrôle de la Transition aura une double attribution :
    • Une attribution législative, à savoir la ratification des ordonnances adoptées par le Conseil des ministres.
    • Un rôle de contrôle des activités du gouvernement, de la CENI, et de l’Administration en général.

Nous estimons qu’avec un tel schéma, l’esprit de la Charte de Maputo sera sauvegardé, à savoir l’exercice consensuel et inclusif du pouvoir.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Madagascar va fêter cette année, le cinquantième anniversaire de son indépendance. En 50 ans, le peuple malgache s’est levé quatre fois pour combattre l’injustice, les abus du pouvoir, l’arbitraire et la mauvaise gouvernance.

Nous sommes décidés à extirper les racines du mal politique malgache. Nous nous sommes engagés à apporter tous les changements nécessaires sur le plan institutionnel ou sur le plan des règles du jeu politique.

C’est dans cette optique que nous voulons fonder une nouvelle République, que nous sommes déterminés à instaurer une véritable démocratie, un Etat de droit au quotidien, une bonne gouvernance effective, et un réel respect des droits de l’homme.

Nous voulons rendre au peuple malgache, sa liberté et sa fierté. C’est à cette nouvelle vision de la vie politique malgache, c’est à cette juste et noble entreprise, que nous vous demandons d’apporter votre soutien et votre appui, en tant que représentants d’un peuple qui a combattu à diverses époques pour sa liberté, et dont Madagascar partage pleinement les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Je vous remercie de votre aimable attention.


DISCOURS  DE SEM LE PRESIDENT DE LA HAUTE AUTORITE DE LA TRANSTION
A L’OCCASION DE LA CEREMONIE  DE PRESENTATION DES VŒUX

IAVOLOHA O8 JANVIER 2010

 

Honorables invités,

Mesdames et messieurs,

En cette occasion solennelle nous tenons à vous renouveler tous nos vœux de santé, de réussite et de prospérité.

Ensemble nous allons faire de l’année 2010, qui est l’année du 50ème anniversaire de l’indépendance de Madagascar, une année de changement véritable.

Au peuple Malagasy, Nous tenons à assurer que nous allons assumer pleinement les responsabilités que vous nous avez confiées.

Ensemble, grâce à la confiance réciproque, nous allons avancer d’un élan commun vers la quatrième République.

A tous les acteurs économiques de ce pays,

La Haute Autorité de la Transition, tout en gérant la Transition politique, doit aussi assumer son devoir pour la relance de l’économie nationale.

Ce faisant, elle assumera pleinement son rôle de facilitateur et régulateur. Mais elle veillera aussi à maintenir un dialogue permanent avec tous les secteurs d’activités économiques.

C’est dans cet esprit que les acteurs de l’économie de Madagascar contribueront d’une manière efficace à la refondation du pays.

A la Communauté Internationale, nous réitérons solennellement la que la République de Madagascar n’a aucune velléités d’isolationnisme.

Nous avons décidé en toute souveraineté de confier le libre choix du chemin de la refondation au peuple.

Il s’agit d’un droit inaliénable qui doit répondre aux aspirations de la lutte populaire ainsi qu’aux impératifs de la mondialisation.

Nous réitérons que nous allons organiser les élections libres transparentes et démocratiques.

En vous renouvelant nos souhaits de bonne et heureuse année,

Vive Le peuple Malagasy !

Vive Madagascar !


Remise de drapeaux  aux généraux places en position de retraite et aux généraux promus et nommés années 2009
mercredi 23 décembre 2009 - Ceremony building Iavoloha

 

DISCOURS DE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA HAT

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,


Permettez que je m’exprime en quelques mots dans la langue de Molière, en cette occasion solennelle, pour vous remercier de tout cœur, à l’honneur que vous faites, par votre présence, non seulement à ma personne, mais et surtout au peuple Malgache souverain.

Votre présence effective, Excellence Mesdames et Messieurs, apporte également une touche d’honneur à la double cérémonie que nous allons assister et qui consistera à la remise de drapeaux aux généraux placés en position de retraite et aux généraux promus et nommés pour l’année 2009.

Les Forces Armées Malagasy ont toujours cherché à exceller dans le domaine des coopérations bilatérales prônant avec les pays partenaires la coopération mutuellement avantageuse. Et nul doute les représentants des pays amis ici présents s’y reconnaîtront sans aucune ambiguïté.

Je souhaite donc les vœux les meilleurs pour  que cette forme de coopération se développe davantage  dans un cadre de fraternité d’armes animée d’une volonté commune de promouvoir la paix et le développement dans le monde.

Vivent les coopérations bilatérales militaires!

Longue vie à la fraternité d’armes !

Je vous remercie.


FANAMBARAN’NY FILOHAN’NY FAHEFANA AVON’NY
TETEZAMITA 04/09/2009


Ry zoky Raiamandreny, ry anabavy, ry rahalahy,
Ry malagasy mpiray tanindrazana,
49 taona izao no nahazoantsika fahaleovan-tena.
Rehefa manao jery todika isika dia azo lazaina fa nisy fomba fitantanana izay nanakana ny tena fampandrosoana tamin’ny fitondrana nifandimby teto amin’ny firenena.


Izany no nahatonga anay nijoro mba hitondra fomba fijery vaovao, mba hitondra ny anjara biriky amin’ny fampandrosoana ity firenena ity. Izany ihany koa no nahatonga ny vahoaka malagasy maro an’isa nandray ny andraikiny ka nijoro mba tsy hamela izany hanjaka eto Madagasikara intsony. Izay ihany koa no nanosika anay ho any Maputo. Izany dia midika fa manana ny finiavana hifandinika sy hijery koa ny ho avin’ity firenena ity mba hitsinjovana ny tombotsoa ambonin’ny firenena ka nanosika anay nanao sonia ny satan’ny Maputo I tamin’ny 09 aogositra lasa teo. Ankehitriny anefa raha nangataka fe- potoana tamin’ny GIC mba ahafahana mifandinika amin’ny vahoaka malagasy tsy vaky volo satria ho avin’ny firenena no hodinihana sy hotapahana ka tsy afaka hanapaka izany irery ny tenanay satria ny hevitry ny maro mahataka-davitra. Koa nihaino ny feon’ny Malagasy rehetra isam-paritra sy ny ankolafin-kery tsy ankanavaka ny tenanay. Reko ny hevitry ny antoko politika sy ny vondron’olona maro samihafa. Ary vao omaly ny omaly dia reko ihany koa ny fanirian’ireo ankolafy telo amin’ny fametrahana ny fitantanana ny firenana amin’ny miaramila izay nolavin’ny fianakaviamben’ny tafika ampahibemaso izany hevitra izany noho izy ireo iray tsy mivaky sy tsy manaiky atao fitaovana politika. Aminay izany dia midika fiantsiana sy fanaovana tsinotsinona ny vahoaka malagasy koa toherinay amin’ny herinay iray manontolo ny fikasana hamboly fanakorontanana, fampizarazarana ny tafika sy ny samy Malagasy, ka tsy ekena ary melohina amin’ny herinay manontolo.

Isika anefa dia tsy maintsy miroso. Ny fangatahan’ny Groupe International de contact dia ny hanaganana ny governementa iarahana mitantana. Nampiseho ny fahavononana sy ny fandeferanay izahay noho ny tombotsoam-pirenena. Koa ankehitriny dia tsy afaka atao kilalao sy takalon’aina ny fianinam-pirenena sy ny fiainan’ny vahoaka Malagasy tsirairay avy monina ao aminy. Koa vonona hanatanteraka ny sata nosoniavina tany Maputo ny tenanay. Ka miantso ny hery velona rehetra tsy ankanavaka na mpikambana ao amin’ny antoko na tsia, na olon-tsotra manana ny fahavononana. Vonona hiara-hiasa amin’ny olona rehetra tsara sitra-po ny tenanay, manana ny traikefa entanin’ny fitiavantanindrazana dia manao antso avo amin’izy ireo mba ahafahana governemanta hiaraha-mitantana mba hampandroso ity firenena ity ary mba ahafahantsika mipaka any amin’ny repoblika faha-efatra. Ka noho izany dia manome toromarika ny Praiministra Monja Roindefo ny tenako handray andraikitra amin’izany governemanta iaraha-mitantana izany, misokatra amin’ny ankolafin-kery rehetra ao anaty 72 ora. Koa manasa ny Malagsy rehetra vonona hiara-hiasa satria ny hetahetam-bahoaka sy ny maro an’isa mba ahatongavana amin’izany tanjona izany dia ao anaty ny fanovana tanteraka. Aleo mba olombaovao tanteraka no hitantana ity governemanta tetezamita ity ary mangataka ny tso-dranon’ireo raiamandreny rehetra izahay amin’ny fanatanterahanay tanora ankehitriny izay rehetra tsy vitanareo. Ary mino aho fa amin’ny maha raiamandreny azy ireo, dia tsy ho izy ireo indray no sanatria hiady seza ka ho sakana amin’ny fampandrosoana amin’ny ho avin’ny taranaka faramandimby.
Hametraka ihany koa isika ny andri-mpanjakana rehetra voalaza tao anaty ny sata. Eto aho dia manao antso avo amin’ny Praiministra Monja Roindefo handray ny fepetre rehetra ahafana mampandroso ity governemanta tetezamita ity. Koa raha misy ny mpiara-miasa tsy mahomby amin’ny tetik’ady tokony hatao mba ahafahantsika manamafy orina ny fifandraisana amin’ny any ivelany, ka tsy vitantsika ao anaty volana vitsy izany dia tsy maintsy maka ny fepetra mifandraika amin’izany koa ny Filohan’ny Tetezamita ankehitriny. Fanamby lehibe no hapetratsika ho an’ny vahoaka malagasy, fanamby iaraha-mametraka, ary manana ny finoana sy ny fanantenana isika ary tsy maintsy atao amin’ny fomba rehetra izay hanavotana ity firenena ity. Isika malagasy
no tompon’andraikitra voalohany eo amin’ny fampandrosoana sy ny fanajariana ny harenantsika. Mila miray hina isika noho izany mba hiaro sy hampiroborobo ny harem-pirenentsika. Fampandrosoana ho lovan-jafy no kasaina hapetraka ka mba tsy hitsanga-menatra amin’ny mahaizy azy ny Malagasy tsy vaky volo.

Masina ny Tanindrazana


 

DISCOURS DU PRESIDENT DE LA HAUTE AUTORITE DE LA TRANSITION à L’OCCASION DU 49è ANNIVERSAIRE DE L’INDEPENDANCE


Honorables invités,


Je suis particulièrement heureux aujourd’hui de pouvoir vous adresser mes meilleurs vœux pour le 49è anniversaire de l’indépendance de  notre pays. Particulièrement heureux  parce qu’il s’agit d’un rendez-vous spécial,  un rendez-vous de la Nation avec elle-même et un rendez-vous de tout le peuple malgache. La fête de l’indépendance est en effet  la fête de tous les Malgaches sans exception, qu’ils soient du nord, du  sud, de l’est ou de l’ouest. Fête de tous les Malgaches parce que nous formons un peuple uni et Madagascar est notre pays à tous, sans distinction d’origine, de race, de religion ou encore de conviction.
La fierté d’appartenir au peuple de cette grande ile commande à toutes et à tous, à l’intérieur comme à l’extérieur, quelque soit leur tendance et leur sensibilité ; de faire preuve de patriotisme au service de la nation, de persévérer son intégrité et de garder Madagascar constamment présente dans leur cœur et dans leur esprit.
L’histoire nous rappelle que Madagascar avait été un pays souverain avant sa colonisation


Heureusement que nos ainés n’avaient jamais accepté le fait colonial dès la fin du 19è siècle, les Menalamba, le VVS ainsi que la lutte nationaliste de 1947 constituent autant de  références historiques quant à la force et la vivacité du patriotisme malgache.
Nous exprimons d’abord notre profonde considération aux générations de l’indépendance qui homme et femme, ont apporté leur contribution à la mise en place des fondements de l’Etat  moderne et accompli, à leur tour des actions tendant à sortir le pays du sous-développement  en faisant preuve d’esprit militant et de détermination à vaincre les difficultés.


Nous saluons les efforts qu’ils ont fourni au service de la patrie, ils constituent des modèles pour nos jeunes générations, la fidélité aux réalisations accomplies  par nos ainées ne peut  se réaliser qu’en enrichissant ces réalisations en les consolidant.


L’indépendance est un acquis qui se transmet d’une génération à l’autre, nous  avons pris sur nous l’engagement de réaliser le changement du 26 juin 1960 par fidélité et pour préserver la dignité de la patrie, pour sauver le pays de la situation de faiblesse et de dépérissement dans laquelle il se trouve, et des dangers qui le guettent et d’emporte ces acquis et de l’exposer de nouveau dans toute sorte de menaces.


Cela fait 49ans que nous avons eu l’indépendance, nous devons regarder un instant en arrière pour un  bilan de tout ce que notre pays a réussi et de tout ce qu’il a raté, tirons les leçons du passé et projetons ensemble l’avenir.


2009 est un changement pour Madagascar, pour la souveraineté de son peuple et pour la promotion  qui répond aux aspirations du peuple et ses  espérances. Madagascar est aujourd’hui à un nouveau tournant de son histoire, nos parents ont lutté pour l’indépendance  de notre pays, il nous appartient aujourd’hui de lutter pour l’indépendance de chaque malgache.


Nous devons ainsi nous à rappeler que si nos parents ont lutté pour l’indépendance, ils ont lutté pour toute la Nation, pour les intérêts de tout le peuple malgache  et non pour les intérêts d’une seule  personne ou d’un groupe de personnes, d’un parti politique, ou encore d’une petite frange de la population. Nous avons déjà pris nos responsabilités, nous n’avons de cesse de déployer nos efforts pour redresser notre pays. Et nous n’accepterons que jamais que quelques détruisent ces efforts et font tout pour  freiner nos élans.


Mes chers concitoyens,


Je mesure pleinement vos attentes et vos espoirs, je connais les aspirations du peuple malgache et ma récente tournée dans les différentes régions de l’île m’a permis d’être à l’écoute de la population et de comprendre vos messages, il y a des revendications saines et légitimes de votre part, et je crois que ces revendications portent le rêve et les ambitions de chaque malgache, je vous promets ainsi d’en tenir compte et de travailler davantage, de faire encore plus et mieux dans le développement de notre pays.


Aujourd’hui plus que jamais, je reste convaincu que chaque malgache doit être  utile à lui-même, à sa famille, à sa communauté et sa Nation. L’indépendance doit être une indépendance de chacun d’entre nous, de chaque famille, de chaque foyer, de chaque commune, de chaque district et de chaque région. Nous allons adopter une nouvelle manière de développer notre pays, nous allons bannir le système d’assistanat, nous allons inculquer en chaque malgache l’envie et le désir de prendre en main sa vie, nous n’allons plus donner des poissons à ceux qui ont faim, nous allons plutôt apprendre à pécher. Le combat pour la vraie indépendance est un combat de tous les jours, aux bureaux, à l’école, en ville et dans la campagne.


J’encourage ainsi tous les malgaches à prendre en main leur avenir et l’avenir de notre pays, travaillons de concert et réalisons ensemble des projets. Il nous faut veiller à l’amélioration de la qualité de vie de chaque citoyen, nous avons des projets, nous avons un programme, je suis heureux de vous annoncer par exemple le début très prochain  d’un projet d’allocation par l’Etat des terrains de 20 hectares aux paysans de Nosy-be,  Nosy-be a toujours importé des légumes mais nous allons changer cet état des choses, parce que l’indépendance du pays signifie aussi indépendance alimentaire. Nous avons fait appel à des partenaires français pour dispenser des formations techniques à nos paysans, pour que dans l’avenir, Nosy-be ne sera plus importateur de légumes. Ce n’est que le début, parce que ce projet sera attendu dans tout Madagascar, particulièrement dans la riziculture. Avec le même système, nous pourrons augmenter la production et parvenir à l’autosuffisance en riz. Nous attendons beaucoup aussi du gisement de pétroles pour bientôt.


Nous avons ouvert la voie à toutes les composantes de la société civile pour l’organisation des conférences régionales qui auront lieu du 30 juin au 03 juillet prochain, nous souhaitons la participation de tous les malgaches, que personne ne se sente exclu de ce grand rendez-vous, je voudrais que ce soit une plate-forme d’échanges et de débats enrichissants pour tous, société civile, société politique, opérateurs économiques comme simples citoyens.


La jeunesse est l’espoir, le garant du développement et le symbole de l’avenir de notre pays.  Je voudrais que nos jeunes soient au cœur de nos actions et que conscients de ces enjeux, ils doivent être aptes à faire face à l’avenir, capables de participer avec compétence et aux compétitions aussi bien dans les moments les plus faciles que les plus difficiles. La transition accompagnera la jeunesse dans le domaine de la culture, des arts, de la créativité, du sport et dans tous les volets de l’entreprenariat. Nous restons attentifs à leurs préoccupations, et leur avons donné l’opportunité de s’exprimer et de présenter leurs recommandations et leurs suggestions afin que nous puissions élaborer et réaliser leurs projets.


La création d’emploi pour ces jeunes reste une grande priorité pour le pouvoir de la transition, c’est ainsi que je m’adresse à tous les opérateurs économiques et à tous les investisseurs. Je suis confiant que de nouvelles perspectives vont s’ouvrir. L’Etat s’engage à faciliter vos investissements et je vous promets d’être à vos côtés pour que nous puissions bâtir ensemble.


Mes chers compatriotes,


Je peux vous assurer que nous travaillons d’arrache-pied pour le bien de notre Nation et de son peuple. Je suis convaincu que les malgaches méritent de vivre dans la paix et dans la sérénité, c’est la seule voie pour consolider notre indépendance. Tous les malgaches, pouvoir et opposition, doivent ainsi se remettre au travail à présent donnons une chance à notre pays de se développer, concentrons-nous désormais au travail pour que, grâce à nos efforts d’aujourd’hui, nos enfants et les générations futures vivront dans de meilleures conditions, et surtout pour qu’ils soient fiers de ce que nous aurons pu réaliser pour eux.


Nous avons une ferme volonté et une détermination inflexible, nous continueront sur cette voie avec assurance avec la conviction que la démocratie signifie respect, fidélité et diversité des approches.


Dans l’accomplissement de cette mission, nul obstacle ne saurait nous détourner de notre devoir sur le chemin du progrès. Ka aleo hery ary, fa tsy adidiko zaho samirery, fa adidiko zaho sy ianareo.

 

Palais d’Etat d’Iavoloha, le 26 juin 2009



KABARY ATAON’NY FILOHAN’NY FAHEFANA AVON’NY TETEZAMITA
FIKAONANDOHAM-PIRENENA MIARAMILA

Andriamatoa Praiministra
Andriamatoa minisitry ny Foloalindahy
Andriamatoa Filohan’ny Vaomieram-pirenena sy ny Filaminana
Ianareo Manamboninahitra Jeneraly na ny misotro ronono na ny amperin’asa
Ianareo Manamboninahitra
Ianareo Manamboninahitra Lefitra
Ianareo Zandary
Ianareo vata miaramila

Tompokolahy  sy Tompokovavy,

Fotoan-dehibe ny andro anio ka isaorantsika Andriamanitra noho ny fitahiany sy fitiavany antsika lalandava.

Vory eto tokoa mantsy ianareo foloalindahy tsy ankanavaka izay tandroka aron’ny vozona, vonona hikaon-doha mba hananganana rafitra  mahomby eo amin’ny fitantanana ara-miaramila ahafahan’ny tsirairay ary mivelatra sy mba hahavitanareo antsakany sy andavany ny adidinareo eo amin’ny tanindrazana.

Koa dia arabaiko manokana sahady ianareo amin’izao finiavana lehibe sy fampisehoana firaisan-kina izao.
Ianareo tokoa mantsy no vovonana iadian’ny lohany eo amin’ny fiarovam-pirenena  sy miantoka ny fisian’ny fandriampahalemana. Adidy lehibe izany ka ilàna rafitra sy lamina maty paika.

Mila fanavaozana ny rafitra mba hanaraka ny fenitra takian’izany atao hoe tena fiarovana  sy filaminana marina. Tonga izao ny fotoana ahafahanareo mijery ny olana fototra, tonga koa ny fotoana ahafahanareo mifanakalo hevitra, mifandinika, ka manainga anareo aho handray anjara feno sy mavitrika, ho an’ny tombotsoan’ny firenena sy ny Tanindrazana.

Katsaho mandrakariva ny soso-kevitra hahasoa ny firenena ary aoka mba atao ao anatin’ny fifanajana tanteraka sy fahaizana mifampihaino izany.

Aoka mba hampiseho ohatra tsara eo imason’ny taranaka ankehitriny isika sy eo imason’izao tontolo izao fa mpirahalahy, zoky, zandry afaka sy mahay miady hevitra ary vonona hikatsaka ny mahasoa ny be sy ny maro.

Ry Foloalindahy,
Mitodika aty aminareo ny mason’ny Malagasy, iankinan’ny hoavin’ny firenena ny volalavolan-kevitra arosonareo rehefa vita ity fikaonandohan’ny Tafika ity, satria dia anisan’ny tsy maintsy entina handrafetana ny lalam-panorenana vaovao sy ny lalàna maro mifehy ny firenena  izany. 
Koa inoako fa ny fanapahan-kevitra rehetra hivoaka eto dia hifanaraka amin’ny fiaraha-monina tiantsiaka  hajoro, izany hoe fiaraha-monina tony sy mirindra ao anatin’ny fanajana ny sata repoblikana.
Araka izany dia mitsodrano anareo aho mba ahatontosananreo antsakany sy andavany ny adidy sy asa miandry anareo.

 Ambarako amin’ny fomba ofisialy ary fa misokatra ny Fikaonandoham-pirenena miaramila eto amin’ny ivon-toerana eto Ivato.

 


Le Président Andry Nirina Rajoelina
Discours intégral du 21 mars 2009

Il s’agit de son premier discours officiel qui a été prononcé en français lors de la cérémonie officielle d’installation qui a eu lieu dans le stade municipal de Mahamasina, le 21 mars 2009

 

« Honorables invités, Mesdames et Messieurs,
Mes premiers mots sont des mots de remerciements, c’est un grand plaisir pour moi d’exprimer ma profonde gratitude et mon infinie reconnaissance au peuple malagasy, pour le courage soutenu qu’il a manifesté pendant ces longues semaines de lutte et, parfois, de dures souffrances. Le peuple malgache a encore une fois marqué sa volonté de changement, cette volonté est inébranlable, indestructible. Je suis ici, devant vous aujourd’hui, conscient de l’ampleur de la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m’avez témoignée et conscient des sacrifices que vous avez consentis, pour que nous puissions ensemble atteindre nos objectifs. Nous sommes réunis aujourd’hui, car nous avons vaincu la peur, nous avons l’espoir et la volonté de travailler main dans la main pour donner une nouvelle chance à notre pays de marcher enfin un véritable développement. Nous proclamons aujourd’hui la fin de la dictature, de la gabegie dans la gestion des affaires d’Etat, des mensonges et des fausses promesses, des exclusions et de la pensée unique qui ont, pendant, longtemps étouffé notre vie politique. Nous avons parcouru ensemble un long chemin, qui n’a jamais été un parcours pour les craintifs, mais pour les hommes et les femmes déterminés à réaffirmer la grandeur de notre Nation, parce que nous sommes convaincus que cette grandeur n’est jamais donnée, elle se mérite. Et nous savons, chers compatriotes, que nous la méritons. Nous avons pris des risques, parce qu’il faut oser prendre des risques pour atteindre nos objectifs, et pour arriver au bout du chemin qui nous a mené vers la liberté. Je sais pertinemment que nous nous sommes battus, nous nous sommes sacrifiés, nous avons travaillé sans relâche pour mener une vie meilleure. Nous avons franchi une étape importante, mais le plus dur reste à faire, à partir d’aujourd’hui, nous devons nous relever, et reprendre la tâche de la refondation de Madagascar.
Honorables invités, chers concitoyens,
 La principale mission que doit accomplir le pouvoir de transition est de réaliser, en vingt-quatre mois, au maximum l’élaboration d’une nouvelle Constitution, d’un Code électoral avec l’instauration du système de bulletin unique et la mise en place d’une commission électorale complètement indépendante, d’un statut de l’opposition, d’une nouvelle loi sur la communication et de fixer les échéances électorales. Ces nouvelles législations sont nécessaires pour répondre aux attentes du peuple qui aspirent à des changements permettant d’instaurer une véritable démocratie, un réel Etat de droit, une bonne gouvernance effective, un vrai respect des libertés publiques et des droits de l’homme, mais aussi une vraie réconciliation nationale. Le calendrier de l’exécution des travaux, l’élaboration des textes, de la tenue des différentes élections sera arrêté d’un commun accord, au cours d’une concertation nationale où seront représentées les différentes composantes de la nation concernées (acteurs politiques, société civile, organisations de promotion et de protection des droits de l’homme, secteur privé, syndicats et d’autres encore…). Je sais qu’il y a des gens qui s’interrogent sur l’ampleur de nos ambitions, et qui pensent que nous serons capables de faire face à trop de grands projets à la fois. Mais je me permets de leur rafraîchir la mémoire. Il ne faut pas oublier ce que des hommes et des femmes malgaches, assoiffés de liberté, ont déjà fait ; et ce que des hommes et des femmes désormais libres peut réaliser quand l’imagination sert un objectif commun et que le courage s’allie à la nécessité. Nous gèrerons les deniers publics avec sagesse, en pleine lumière et en toute transparence ; nous changerons les mauvaises habitudes. C’est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l’indispensable confiance entre un peuple et son gouvernement. A tous les peuples et les gouvernants de nos pays amis et partenaires, bailleurs de fonds résidant à Madagascar ou ailleurs, qui nous regardent aujourd’hui : sachez que nous voulons le changement dans la façon de gérer notre pays avec une nouvelle vision, et que nous sommes déterminés à appliquer les principes et les règles de bonne gouvernance, et que nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle afin qu’il y ait une alliance solide et durable avec tous nos partenaires. A ce titre, nous allons travailler inlassablement pour assainir les finances publiques par une politique rigoureuse d’austérité et le respect des règles de l’orthodoxie financière. Nous combattrons sans merci la gabegie et le gaspillage. Les soldes dégagés seront utilisés aux actions sociales et à l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires et autres agents de l’Etat. La préoccupation primordiale du pouvoir de transition est le rétablissement de la sécurité afin que soit préservée la protection des biens et des personnes. Sur ce point, mes remerciements nourris vont aux forces de l’ordre qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour assurer la tranquillité publique. Nous ne transigerons pas à l’égard des fauteurs de trouble, des acteurs d’actes de vandalisme que nous ne pouvons, en aucun cas, tolérer. Le peuple malgache aspire à vivre enfin dans la paix. Aux habitants des zones rurales, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos cultures prospèrent, que l’élevage de vos bétails soit sécurisé, et qu’il n’y ait plus de paysans affamés et sans eau potable. Par ailleurs, je veux rassembler tous les Malgaches ; je veux que chacun comprenne qu’il a sa place dans un pays libre, juste et bien gouverné. Il nous faut changer, non pas par amour du changement, mais parce que les Malgaches attendent autre chose que des discours du passé, des solutions et des mots vides de sens. Travaillons ensemble sans arrière-pensée, ensemble, la réussite est à notre portée. Pour ce faire, nous sommes décidés à privilégier le dialogue et la concertation avec les acteurs politique et de la société civile, les opérateurs économiques et toutes les composantes de la Nation. Nous avons la volonté politique de jeter les bases d’une véritable réconciliation nationale, nous respecterons l’indépendance de la Justice mais nous demandons à chaque magistrat de respecter les règles de droit. Nous allons poursuivre la politique de lutte contre la corruption qui continue à gangréner notre société. Nous n’hésiterons pas à sanctionner tout acte de corruption, quel qu’en soit l’auteur et à n’importe quel niveau qu’il se trouve. Je ferai personnellement une déclaration de mon patrimoine car j’ai accepté cette charge, non pas pour m’enrichir mais pour servir. Nous voulons respecter la laïcité de l’Etat car nous sommes contre l’instrumentalisation de l’Eglise à des fins politiques. Le pouvoir de transition déploiera tous les efforts nécessaires pour lutter contre le coût de la vie, améliorer la qualité de vie des Malgaches et réduire la pauvreté. A vous les opérateurs économiques, nous vous promettons la libre concurrence. Plus de monopole économique, plus de favoritisme économique. A vous les investisseurs, nous nous engageons à assurer la protection de vos investissements, à assurer la protection de vos investissements, à créer un climat de confiance en instaurant un dialogue permanent. Pour atteindre tous les objectifs que nous nous sommes fixés, notre stratégie est simple : la diffusion progressive d’une culture des résultats. Nous avons la volonté d’améliorer la qualité du service public à moindre coût. Lorsque nous regardons le chemin à parcourir, nous nous rappelons avec toute notre gratitude nos parents, nos fils et nos filles qui ont payé de leur vie pour que vienne enfin la liberté, notre liberté. Nous les honorons, non seulement parce qu’ils sont les gardiens de cette liberté, mais parce qu’ils incarnent l’esprit de sacrifice, leur disponibilité à mourir pour une cause qu’ils ont défendu, l’amour de leur patrie. Et à ce moment, c’est précisément leur esprit qui doit tous nous habiter.
Chers Ray aman-dreny, Chers frères et sœurs de Madagascar,
Chacun peut imaginer l’émotion profonde qui est la mienne au moment où je vais assumer la plus haute fonction de la République. Je mesure le poids de mes responsabilités à l’endroit de chacun d’entre vous. Quoi qu’un gouvernement puisse et doive faire, c’est en définitive de la foi et la détermination des Malgaches que ce pays dépend. C’est le courage d’un paysan prêt à obtenir une bonne récolte, la volonté d’un agent de l’Etat d’offrir un meilleur service à tous les contribuables, mais aussi la disponibilité d’un parent à nourrir son enfant, qui décide en définitive de notre destin. Je sais que la confiance que vous me témoignez me crée plus de devoirs que de droits. Je connais les difficultés des défis qui m’attendent. Notre force a été et sera d’être ensemble et de le rester. Les défis face à nous sont peut-être nouveaux. Les outils avec lesquels nous les affrontons sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont notre succès dépend, le travail, l’honnêteté, le courage, le respect des règles, la tolérance, la loyauté et le patriotisme, sont connues de tous. Nous devons, de nouveau, faire nôtres ces valeurs. Elles seront la force tranquille de notre progrès. Nous devons entamer une nouvelle ère de responsabilité, une reconnaissance, de la part de chaque Malgache, que nous avons des devoirs envers notre pays, des devoirs que nous n’acceptons pas à contre-cœur mais saisissons avec joie, avec la certitude qu’il n’y a rien de plus satisfaisant pour l’esprit et qui définisse notre caractère, que de nous donner tout entier à une tâche difficile. C’est le prix, la promesse et le défi de la citoyenneté. Grâce à vous, je suis prêt à relever tous ces défis, à incarner vos espoirs, je suis prêt parce qu’au plus profond de moi-même, je sais que le peuple malgache ne redoute plus le changement mais qu’il l’attend. Je ferai tout pour mériter votre confiance et votre soutien ; et la source de notre confiance, c’est de savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain. De tout ce qui précède, et pour entamer le grand changement et la réconciliation nationale, j’ai décidé, ce jour, d’octroyer la grâce à tous les prisonniers politiques, incarcérés dans le pays comme ceux en exil à l’extérieur, pour marquer notre volonté de mettre fin à toutes les pratiques abusives contre les citoyens n’épousant pas la même vision politique que les tenants du pouvoir. De même, une réduction de peines va également être accordée à tous les condamnés. Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, est chargé de l’exécution de ces décisions, selon les dispositions des textes en vigueur.
Chers concitoyens,

Nous avons rendu possible ce que de nombreux ont pensé inaccessible ; nous avons eu une première victoire : cette victoire est la vôtre ! Nous, peuple malgache uni, déterminé pour le changement,

Oui, nous allons changer,
Oui, nous avons changé,
Oui, nous allons changer !


Tourner la page pour une nouvelle histoire de notre pays. Nous avons besoin des uns et des autres, le concours de tout un chacun, hommes et femmes, et surtout les jeunes, est indispensable. Ensemble nous allons reconstruire, bâtir et nous unir. Nous allons trouver une nouvelle approche, fondée sur l’intérêt et le respect mutuel.
Vive Madagascar !
Je vous remercie ».